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Pourquoi les méduses envahissent-elles certaines plages corses ?


Livia Santana le Mercredi 22 Juin 2022 à 14:20

Elles sont là. Ça fait partie des joies de la plage et de ses désagréments : depuis quelques jours les méduses sont signalées sur de nombreuses plages de l'ile. Comment se retrouvent-elles à certains endroits et pas à d'autres ? Ces mollusques sont-ils dangereux ? Y'en a-t-il plus chaque année ?
CNI a interrogé un océanographe spécialiste de l'espèce pour répondre à vos questions.



Photo : Pierre-Jean Beaux
Photo : Pierre-Jean Beaux
Antoine, 10 ans, est aux aguets. Les pieds à peine plongés dans l’eau, le signal d’alerte ne se fait pas attendre : « Papa, il y en a une ! », hurle-t-il à son père Joseph qui se lève pour la quinzaine fois de sa serviette. Eux, sont des habitués de la plage de Pietranera, située au début du Cap Corse et donc … des méduses ! En ce dimanche 19 juin, impossible de se baigner sans être encerclé d’au moins une dizaine. « Avant on s’amusait à faire des ricochets avec les galets, maintenant on s’amuse à pêcher les méduses », lance Joseph avant de récupérer le masque de son fils. 
A deux, commence un véritable travail d’équipe. Le petit ramène le mollusque vers le bord grâce à un pied de parasol trouvé sur la plage, son père prend le relais en ramassant la méduse dans le masque avant de la jeter avec les autres sur un tas débuté dès leur arrivée. « Il doit au moins il y en avoir une quinzaine, elles sont petites, mais quand elles piquent, elles font mal », continue le père de famille. 

Cette scène n’est pas rare sur les plages corses. 
Depuis une vingtaine d’années, les méduses Pelagia noctiluca d’une taille d’environ 15 centimètres, reconnaissables par leur couleur violette et leurs points sur le chapeau empêchent les locaux et vacanciers de nager sans se faire piquer. « Elles disposent de longs filaments urticants qui peuvent aller jusqu’à 10 mètres de long », explique Fabien Lombard, océanographe à l’institut de la mer de Villefranche-sur-Mer et maître de conférences à la Sorbonne. Pas facile donc, de passer à côté de la piqûre, surtout que l’espèce est très présente en Méditerranée. 
Mais alors pourquoi seulement à certains endroits ? Contre toutes idées reçues, non les méduses ne raffolent pas des eaux chaudes et ne sont pas ramenées par les fortes chaleurs. D’après le spécialiste de cette espèce elles sont dans les eaux « toute l’année, ce sont les courants qui les rapprochent des côtes puisqu’elles ne contrôlent pas leurs mouvements, elles sont juste transportées », détaille Fabien Lombard qui rajoute d’ailleurs : « elles préfèrent les eaux de mars et d’avril, car elle trouve plus à manger qu’en été ». 

LPelagia noctiluca est transportée par le courant ligure provençal qui passe à 20 voire 30 kilomètres des côtes de Calvi et longe la Côte d’Azur. S’il n’existe pas de données précises sur leur nombre dans la Méditerranée par faute de moyens mis sur la recherche concernant ces espèces, l’augmentation de méduses est favorisée par la surpêche. En effet, des poissons pélagiques tels que l’anchois, le thon, le hareng, la sardine, le maquereau se nourrissent du mollusque. Leur diminution engendre donc un remplacement dans l’écosystème. Les scientifiques ne pouvant pas certifier l’augmentation sensible du nombre de méduses, ils constatent néanmoins une nette augmentation de la fréquence à laquelle elles sont présentes dans les eaux. « Avant 1997, on observait qu’elles étaient là durant 5 à 6 ans puis plus. Cela fait 25 ans qu’elles sont présentes chaque année », continue le spécialiste des méduses.

Sont-elles dangereuses ?

Photo : Pierre-Jean Beaux
Photo : Pierre-Jean Beaux
LPelagia noctiluca est très fortement urticante, mais très peu de personnes en sont allergiques. Une centaine de morts est recensée chaque année dans le monde à cause d’une piqûre de ce mollusque, principalement en Australie où l’espèce est différente. En comparaison, les piqûres d’abeilles causent 10 à 15 000 décès par an. 

Comment s’en protéger et se soigner ? 
Quand la mer en est infestée, très difficile d’éviter les piqûres. Si les communes n’ont pas placé des filets anti-méduses comme c’est le cas en Corse, pour Fabien Lombard, la meilleure protection reste le masque et le tuba pour le visage. Pour le corps, un t-shirt anti-soleil ou une combinaison intégrale. En cas de piqûre, il ne faut pas frotter, car cela ferait éclater les cellules déposées sur la peau qui n’ont pas fait feu. L’eau douce est également déconseillée. « Il faut prendre du sable mouillé et frotter la piqûre ou alors avec une carte bleue ou un bout de carton. Ensuite, utiliser une pommade anti-corticoïde »conclut-il.

















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