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Paul-André Colombani : « Les décrets de fichage policiers sont liberticides et dangereux »


Nicole Mari le Vendredi 8 Janvier 2021 à 12:11

Le 4 décembre dernier, le gouvernement a publiés trois décrets élargissant le champ des fichiers de renseignements de la police, de la gendarmerie et des services de renseignement. Malgré un tollé quasi-général, le Conseil d’Etat a acté, le 4 janvier, ces nouvelles dispositions. Dans un courrier daté du 6 janvier, le député de la deuxième circonscription de Corse-du-Sud et membre du groupe parlementaire Libertés & Territoires, Paul-André Colombani s’est ému de cette « dérive sécuritaire » et demande au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, « la suppression de ces décrets liberticides et dangereux ».



Paul-André Colombani, député de la 2nde circonscription de Haute-Corse et membre du groupe parlementaire Libertés & Territoires.
Paul-André Colombani, député de la 2nde circonscription de Haute-Corse et membre du groupe parlementaire Libertés & Territoires.
« En tant qu'élu de la Corse, je ne peux qu'être particulièrement sensible au sujet du fichage policier et exprimer la vive inquiétude que soulève votre décision ». La décision que, dénonce le député de Corse-du-Sud, Paul-André Colombani, dans son courrier au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est la publication de trois décrets, le 4 décembre visant à élargir le champ d’action de trois fichiers de renseignements : le PASP (Prévention des atteintes à la sécurité publique) de la police nationale, le GIPASP (Gestion de l'information et prévention des atteintes à la sécurité publique) de la gendarmerie nationale, et l’EASP (Enquêtes administratives liées à la sécurité publique), du service de renseignements du ministère de l'Intérieur. Ces décrets, publiés dans un contexte tendu, en marge des débats sur le projet de loi « Sécurité globale », sur les violences policières et les outils de surveillance mis à la disposition des forces de l'ordre, ont soulevé un tollé général tant en Corse que sur le continent. Et pour cause ! Jusqu'à présent, ne pouvaient être fichées juridiquement que les activités politiques ou religieuses d'individus dits « suspects ». Désormais, ce fichage, « validé par le Conseil d’État, malgré les réserves émises par la CNIL », précise le député corse, liste « les opinions politiques des personnes fichées, leurs convictions philosophiques et religieuses, leur appartenance syndicale, mais également des données de santé comme les troubles psychologiques ou psychiatriques, les comportements et habitudes de vie, les déplacements, les pratiques sportives ou encore les activités sur les réseaux sociaux ». En bref, tout ce qui touche à un individu ou un groupe d’individus, syndicat ou association.
 
Des dérives sécuritaires
Dans son courrier, Paul-André Colombani rappelle, sans mâcher ses mots, la situation déjà problématique à ce sujet qui prévaut depuis 40 ans dans l’île : « Depuis l'époque des « barbouzeries », telles que l'affaire Bastelica-Fesch de janvier 1980 (dont c'est aujourd'hui la date anniversaire), jusqu'aux abus récents du fichier FIJAIT dans le but d'orchestrer la répression policière, judiciaire et financière à l’égard des anciens prisonniers nationalistes corses, il règne en Corse depuis plus de 40 ans une loi d'exception que nous ne cessons de dénoncer. Le spectre des dérives sécuritaires et de l'utilisation abusive du fichage policier conduisant à une nouvelle vague répression injuste, abusive et généralisée des militants nationalistes doit nous alerter quand à la promulgation de ces décrets qui menacent de mettre en péril la paix sociale ». Il en critique la forme et le fond. « Sur la forme d'abord, il est insupportable de voir le gouvernement prendre des décisions aussi fondamentales en termes de libertés individuelles, par le biais de décrets promulgués en catimini, et se soustraire ainsi à débat parlementaire et public nécessaire dans un souci de démocratie ».
 
Des atteintes aux libertés
Sur le fond, le député corse dénonce « un bond en avant sans précédent dans le fichage policier et l'intrusion dans la vie privée de nos concitoyens, portant ainsi atteinte aux principes de liberté syndicale, d'opinion, de conscience et de religion, et allant bien plus loin encore dans la mise en danger des libertés publiques que le fichier Edvige dont la création avait provoquée au sein de l'opinion publique un tollé tel qu'il avait dû être supprimé ». Le fameux fichier Edvige, date de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui allait, déjà, dans ce sens et prétendait recenser tout individu de plus de 13 ans qui avait une activité politique, syndicale, économique, sociale ou religieuse… « L'extension du droit de fichage policier est symptomatique d'une gestion de la sécurité publique malade de ses dérives autoritaires et il est inconcevable pour le « pays des droits de l'homme » - qui a fait de la Liberté le premier mot de sa devise - de prendre un tel virage sécuritaire nous conduisant au péril de la création d'un délit d'opinion et de la surveillance de masse », ajoute l’élu de l’Extrême-Sud avant de conclure son courrier en demandant « la suppression de ces décrets liberticides et dangereux ».
 





















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