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PAC 2020 : en route vers un nouveau modèle agricole corse


Rédigé par Marie MAURIZI le Mercredi 24 Avril 2019 à 18:43

Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, et Lionel Mortini, conseiller exécutif de Corse chargé de l’Agriculture, président de l’ODARC, ont ouvert mercredi une journée de réflexion sur l’agriculture et dont le thème était la préparation de la politique agricole commune (PAC) de la Corse de 2020.




Josiane Chevalier préfète de Corse,Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse lors du séminaire (Photo Michel Luccioni)
Josiane Chevalier préfète de Corse,Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse lors du séminaire (Photo Michel Luccioni)
Un projet agricole qui devra être coconstruit avec ses acteurs, qui valorisera le territoire insulaire dans ce cadre européen et adaptera la feuille de route de la Collectivité de Corse en matière de politique agricole. Face à un budget global qui devrait baisser d’au moins 5% pour la mandature 2021-2027, conséquence de la sortie des britannique de l‘Union Européenne, les priorités sont mises sur les migrations et la sécurité. Cette baisse représente 9 milliards d’euros par an pour la France. Face à la baisse des budgets et à cette réorganisation de l’attribution des aides, la Corse doit s’adapter.

Lionel Mortini président de l'ODARC (Photo Michel Luccioni)
Lionel Mortini président de l'ODARC (Photo Michel Luccioni)
Lionel Mortini, président de l’ODARC, croit à la réorganisation de l’agriculture Corse. Une île qui n’a pas la place qu’elle mérite dans l’Europe agricole.

- Quels sont les enjeux de ce séminaire ?
Les enjeux, nous avons pu déjà les entrevoir ce matin lors des interventions de Michel Dantin, député européen, membre de la Commission de l’agriculture et du développement et de Jean-Marie Seronie, agroéconomiste, membre de l’Académie de l’Agriculture de France. Ils nous ont rappelé aujourd'hui comment allait se construire la future PAC.
Nous allons donc réfléchir tous ensemble cet après-midi à une méthode, un concept inédit, voulu par le président de l'Exécutif. La méthode, c'est de voir comment nous allons pouvoir travailler entre la collectivité, donc l'ODARC, mais pas que bien sûr, puisque sur le fonds européen il y a aussi Nanette Maupertuis qui est notre représentante à Bruxelles.
Concernant la PAC, l'idée est de créer une méthode où la collectivité, les Chambres d'Agriculture, les syndicats, et les maires ruraux qui seront intéressés, travailleront ensemble pour construire un modèle nouveau qui servira les intérêts de la Corse.
On ne part plus sur des choses qui sont faites d'une manière assez unilatérale, comme le dernier PDRC qui s'est trop discuté peut-être entre l'ODARC et l'État. Aujourd'hui il faut que tout le monde soit autour de la table pour pouvoir avancer et sortir un projet viable. 
 

- Qu’attendez-vous de l'État ?
Nous attendons de l'Etat de pouvoir co-construire avec lui la prochaine politique agricole commune pour la Corse, d'autant plus qu'on ne peut avoir une réflexion en Corse comme on pourrait l'avoir en Bretagne ou ailleurs. Aujourd’hui nous n’avons pas le droit de l’indivision, nous demandons à l'Etat la co-construction de la nouvelle PAC, puisque c'est lui qui a la main en tant qu'Etat membre, pour arriver à la création d’un document qui soit celui de l'ensemble de la Corse.
 


- Quel modèle souhaitez-vous adopter pour la Corse ?
Le modèle que l'on connaît : la production au niveau des filières ce que nous n'avons pas toujours; un modèle pastoral qui doit se développer autrement et surtout qui doit produire; des filières de qualité; travailler toujours sur la qualité; le travail sur la biodiversité, et comment on peut intégrer toujours plus l'écologie dans notre système tout en ne l’alourdissant pas , car les gens doivent se concentrer sur la production. Une priorité, car beaucoup d’argent est investi, et on ne produit plus rien.
Et ensuite travailler sur l'aménagement de l'espace rural. Rendre et ouvrir cet espace rural qui est en train de se refermer, pour qu’il soit maintenu en état par les animaux. Il pose  même des problèmes de biodiversité. Ce sera aussi une façon logique de lutter contre les incendies.
Ensuite il y a les productions végétales et viticoles d'une manière générale, qui sont un peu en perdition depuis plusieurs décennies. Nous essayons de les réorganiser depuis autant de temps pour les rendre plus fortes. Nous avons quelques mois pour le faire et nous allons y arriver, d’autant plus que ce sont des gens sérieux qui y travaillent


- Que pensez-vous du dispositif de contrôle ?
Je pense qu'aujourd'hui, quand on a de l'argent public qui est donné, il est tout à fait normal d'avoir un contrôle. Cela ne me gêne absolument pas ! Ce que j'ai plus de mal à comprendre, c'est pourquoi nous avons, en pourcentage, beaucoup plus de contrôles que sur le continent.
L'état considère qu'il y a peut-être plus de fraudes chez nous, ce qui n'est pas une réalité. Il faut mettre en place un système qui ne permettra plus de frauder, ni de jouer avec les effets d'aubaine. Beaucoup de gens que l'on considère comme des voleurs ont simplement profité d'un effet d'aubaine. 
Ce sont par exemple des gens qui peuvent déclarer des centaines d'hectares sans les exploiter, ce qui n’est pas normal. Ça devient une course à l'hectare qui est en train de tuer le pays d'une manière générale, mais aussi la profession, qui de concert avec les syndicats veut arrêter ce système. Nous les accompagnerons et l’état doit être à nos cotés pour mettre fin à ce système tout en gardant les aides et les enveloppes actuelles, voire plus importantes, mais chaque euro d'argent public doit donner lieu à une production. 
 

- Le montant des aides agricoles est plutôt à la baisse ?
Nous allons nous battre pour que chez nous elles ne baissent pas, au pire pour qu’elle baissent peu. Mais aussi pour garder ce qu'on a acquis. L’agriculture corse a un rôle capital à jouer, elle doit retrouver sa place dans le pays, ce n'est pas le cas aujourd’hui puisqu'elle a un PIB à 2 %. Elle n’a pas du tout la place qu’elle mérite, c'est à nous de reprendre ce travail et dans le cadre, entre autres de la PAC, de nous donner la possibilité de nous redévelopper et de démontrer que la corse peut produire, peut faire vivre des familles dans le rural, grâce à l'agriculture et l'élevage. Nous allons en faire la preuve. 
 

- C'est un projet sur combien de temps ?
Il ne faut pas se leurrer, ce sera sur plusieurs années. Nous n’allons faire revenir les gens dans les villages et les faire produire dans les deux prochaines années !  Aujourd'hui il faut rendre les choses irréversibles, que l'on soit sur le modèle vertueux que nous voulons, et pour lequel les gens ont voté



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