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On a changé d'heure cette nuit : quel impact sur notre santé ?


La rédaction avec AFP le Dimanche 30 Octobre 2022 à 15:01

Alors que l’été joue les prolongations, ce dimanche 30 octobre, nous sommes passés à l'heure d'hiver et nous avons donc gagné une heure de sommeil. Pourtant le manque de lumière et la fatigue peuvent entraîner de nombreuses dérèglements biologique, quel est donc l'impact sur notre santé ?



Photo illustration
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Le passage à l’heure d’hiver a eu lieu dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 octobre. Ce changement d'heure qui nous permis de profiter d’une heure de sommeil supplémentaire n'est pas sans conséquence pour la santé, comme l'expliquent des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) qui affirment que le changement d'heure peut notamment entraîner des troubles du sommeil, un manque de concentration et des sentiments de déprime. 
D'après Santé Magazine, la réadaptation de l'horloge biologique dépendrait de l'individu. Certaines personnes pourraient s'habituer à l'heure d'hiver en seulement quelques jours, alors que d'autres prendront des semaines. Les personnes âgées prendraient plus de temps à se synchroniser que les plus jeunes.
Afin de favoriser la réadaptation des rythmes circadiens, le scientifique recommande d'exposer le corps à la lumière et de manger à des heures fixes. 


Pourquoi ce changement ?
Ce changement, instauré pour la première fois en 1916 avant d’être abandonné en 1944, a été réintroduit par un décret en septembre 1975. Il se voulait provisoire et avait pour but de limiter la consommation d’énergie en plein choc pétrolier.
Avec le retour de la question des ressources énergétiques de manière brûlante en raison de la guerre en Ukraine et la multiplication des appels à la sobriété énergétique, le passage à l’heure d’hiver pourrait apparaître salutaire. Mais l’est-il vraiment ?

Effet minime
Dans les faits, le changement d’heure ne produit qu’un effet minime sur la consommation d’énergie. Ainsi, en 2009, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été avait induit des gains en matière d’éclairage de l’ordre de 440 GWh, soit 0,07% de la consommation d’électricité totale. L’éclairage faisant appel à des moyens de production électrique en partie carbonés, ces économies représentaient un gain de l’ordre de 50.000 tonnes de CO2.
Mais depuis, cet effet a eu tendance à s’amoindrir du fait de la performance accrue des systèmes d’éclairage (ampoules basse consommation et LED). En 2018, cette baisse n’était plus que de 351 GWh. A l’horizon 2030, les économies d’énergie en matière d’éclairage sont estimées à 258 GWh par l’Ademe.
Sachant qu’en plus la majorité de la consommation d’énergie des ménages provient du chauffage et non de l’éclairage, les preuves d’économies d’énergie restent donc encore à démontrer.

Pire, une récente étude britannique affirme que supprimer le changement d’heure en octobre permettrait d’économiser 400 livres sterling (460 euros) par foyer et par an, car il ferait jour plus longtemps le soir, ce qui réduirait la demande aux heures de pointe.
Le passage à l’heure d’hiver est également critiqué pour ses effets sur les rythmes biologiques, notamment par des médecins ou des parents d’enfants en âge scolaire qui font état de conséquences sur le sommeil, l’humeur ou les troubles de l’attention.

Patchwork horaire
Au niveau européen, où le régime du changement d’heure a été progressivement généralisé dans les années 1980 avant d’être harmonisé en 2002, la Commission européenne avait proposé en 2018 de le supprimer… en 2019. Mais le Parlement européen a voté en mars 2019 un report à 2021 et devait s’accorder avec le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement sur les modalités.
Depuis, entre Brexit et pandémie mondiale de Covid, la question est restée en suspens. L’une des difficultés est d’inciter les pays à harmoniser leur heure légale (été ou hiver) afin d’éviter d’aboutir à un patchwork de fuseaux horaires.

En France, une consultation en ligne organisée début 2019 par l’Assemblée nationale avait reçu plus de deux millions de réponses, massivement (83,74%) en faveur de la fin du changement d’heure. Plus de 60 % des participants assuraient avoir eu “une expérience négative ou très négative” du changement. Quant à l’heure à laquelle rester toute l’année, c’est celle d’été (en France GMT+2) qui a eu la préférence de 59 % d’entre eux.

Particularité de l’actuel système : il ne concerne pas les territoires d’Outre-mer qui ne changent jamais d’heure (à l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon qui se cale sur le Canada voisin). En effet, la plupart d’entre eux se trouvent sous des latitudes où les écarts d’ensoleillement sont faibles au long de l’année, contrairement à l’Europe.

A l’échelle mondiale, plusieurs pays, comme l’Argentine, la Tunisie, l’Égypte, la Turquie, la Russie ou l’Arménie ont déjà décidé d’abandonner les changements d’heure saisonniers.














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