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"Minoru" une rencontre étonnante avec le Japon


Rédigé par Florence VDD Molinet le Samedi 4 Juillet 2015 à 19:08 | Modifié le Lundi 19 Décembre 2016 - 09:17


Jean-Michel Neri sort son second roman chez Colonna Edition. Grand coup de cœur pour l'éditeur qui qualifie ce roman comme étant épique, sentimental, historique, poétique, haletant et incontournable. Le livre est sorti le 10 juin 2015 et la première signature à la librairie La Marge à Ajaccio le 16 juin dernier a montré que ce roman, plus qu’inattendu a suscité curiosité et enthousiasme. Il est certes évident que nous n'avons pas fini d'en entendre parler.


"Je me nomme Kimura Minoru et je vais mourir aujourd’hui." 
Comment être insensible à ces premiers mots ? L'histoire commence au Japon, durant l'été 1767, au château de Saga, dans le Nord-ouest de Kyushu, la troisième par sa taille et la plus méridionale des quatre îles principales du Japon. Elle est considérée comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise.  Minoru, un samouraï est contraint de s'expatrier, son voyage va le porter jusqu'à Gênes puis la Corse où se prépare "la dernière intervention de l'armée française dans l'île", la bataille historique de Ponte Novu "qui sonne le glas du jeune état démocratique voulu et instauré de Pasquale Paoli". 
Ce roman est une véritable aventure géographique, historique mais aussi et surtout une rencontre avec des personnages touchants auxquels on s'attache. Minoru nous emporte avec lui dans son voyage intérieur vers ces rencontres inattendues, celle de la Corse sera une des plus marquantes.

Extrait de l'entretien, avec l'auteur, le 16 juin lors de sa première signature

"Je suis le premier lecteur et il faut que ça m’intéresse, que le rythme me porte, que la langue me charme, m’émeuve. J’ose croire, après, que d’autres y seront sensibles. L’exercice que j’ai découvert en écrivant et qui me passionne, c’est l’immersion dans la tête d’un personnage. J’imagine que c’est le même travail qu’un comédien mais là, en plus, on crée le fond, pas seulement la manière. Quand j’écris, que j’avance dans mon histoire, je déroule un fil, parfois sans trop savoir où il va me mener exactement, parfois avec une idée plus précise de la destination mais sans connaître forcément toutes les étapes et je me laisse un peu balloter. Souvent, en travaillant la forme d’un propos, le fond s’enrichit, se dévoile dans des directions que je n’avais pas envisagées de prime abord. J’adore cette possibilité que m’offre l’écrit."

Un attachement particulier pour le Japon, ça se ressent... pourquoi le vôtre?

Pour vous expliquer : Je suis Judoka depuis enfant dans une famille de judokas, père et oncles enseignants de cette discipline, j’étais prédisposé.
J’ai toujours fantasmé le Japon des arts martiaux, les dojos mythiques, l’état d’esprit originel de mon sport, l’école de vie qu’il peut être.
Par la suite j’ai découvert les films de Kurosawa, puis les lectures. Ma sœur m’a offert un jour "La pierre et le sabre" et "la parfaite lumière" d’Heïji Yoshikawa (l’équivalent des trois mousquetaires chez nous). Ces livres m’ont remué et fait comprendre que c’était au travers de mon métier de tailleur plus que par mon sport, que je m’étais engagé sur une voie, bien qu’évidemment et à la Japonaise tout soit intimement lié.


Le Japon : La structure mentale que j’entrevois chez ce peuple m’étonne et me fascine bien que je ne me prenne pas pour un des leurs. 
Déjà, dans leur rapport à la mort : l’envisager aussi sereinement sans pour autant la souhaiter, l’attendre sans la chercher, s’y préparer toute sa vie de samouraï (y compris dans l’apprentissage d’un suicide rituel tel que le seppuku).
Sans être morbide, ce fatalisme et cette abnégation m’impressionnent et m’interrogent. C’est en cela que nous les occidentaux, nous avons du mal à comprendre les ressorts mentaux qui œuvrent là et donc, les actes qui en résultent. On ne peut envisager, par exemple, que les kamikazes de la seconde guerre mondiale n’aient agi ainsi sans être drogués ou abêtis au saké....

 

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