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Levée du statut de DPS d'Alain Ferrandi et Pierre Alessandri : l’échec d’une motion commune au conseil municipal d’Ajaccio


Julia Sereni le Mardi 26 Janvier 2021 à 11:44

Une motion déposée par l’opposition nationaliste en faveur de la levée du statut de Détenu Particulièrement Surveillé (DPS) d’Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri a donné lieu à de fortes tensions lors du conseil municipal, ce lundi 25 janvier. La tentative de vote d’un texte commun n’a pas résisté aux antagonismes politiques.



Jean-François Casalta, élu du groupe "Pà Aiacciu" qui a présenté une motion déposée par Julia Tiberi, à laquelle s'est associé Jean-André Miniconi "Aiacciu Pà Tutti", concernant la levée du statut de DPS de Messieurs Alessandri et Ferrandi  (Photo archives CNI - Michel Luccioni)
Jean-François Casalta, élu du groupe "Pà Aiacciu" qui a présenté une motion déposée par Julia Tiberi, à laquelle s'est associé Jean-André Miniconi "Aiacciu Pà Tutti", concernant la levée du statut de DPS de Messieurs Alessandri et Ferrandi (Photo archives CNI - Michel Luccioni)
« C’est un sujet difficile à évoquer dans un conseil municipal, qui a l’habitude de traiter d’affaires quotidiennes. C’est éminemment politique » reconnait d’emblée Laurent Marcangeli. Ce sujet, c’est la situation d’Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri, qui a provoqué d’âpres discussions lors de cette session, tant les points de vue des uns et des autres sur ce dossier si sensible semblent irréconciliables. Pourtant, le dialogue entre le maire et les représentants de chaque groupe d'opposition Julia Tiberi, Jean-André Miniconi et Étienne Bastelica paraissait en bonne voie, le dépôt d’une motion commune en faveur de la levée du statut de DPS des deux hommes étant envisagé. Mais à l’issue d'un long conciliabule dans le bureau du maire, pas de fumée blanche, mais finalement deux motions bien différentes.
 
Car si Laurent Marcangeli reconnait qu’ « il était temps de lever ce statut », considérant même que le gouvernement a commis « une faute politique et un manquement à l’État de droit » , il ajoute néanmoins : «  Je ne pouvais pas ne pas mentionner le fait générateur de l’affaire : la mort d’un homme ». Et c’est la mention de ce « fait générateur », décrit dans les premières lignes du texte présenté par le maire qui fait débat : « Considérant que Claude Erignac, préfet de Corse, a été assassiné le 6 janvier 1998 à Ajaccio. Considérant que cet acte d’une extrême gravité a provoqué une légitime indignation de la population corse. Considérant que le conseil municipal d’Ajaccio souhaite par la présente motion réaffirmer son empathie vis à vis de la victime et des siens ainsi que son rejet de toute forme de violence ».
 
Trois lignes qui ne passent pas pour Julia Tiberi, du groupe Pà Aiacciu : « Nous ne pourrons pas voter cette motion parce qu’elle s’inscrit justement dans ce que nous dénonçons », c’est-à-dire l’irruption du politique dans un texte « juridique ». « Nous pensons que vous donnez des garanties au président Macron » renchérit Jean-François Casalta. « Vous saviez très bien qu’en mettant ces alinéas vous nous obligiez à voter contre » poursuit-il. « Mais si on parle du fait générateur, jusqu’où faut-il remonter ? » interroge l’élu. « Votre motion parle d’empathie pour la famille Érignac mais je ne vois pas d’empathie pour les familles Alessandri et Ferrandi » conclut-il.
 
La tension monte d’un cran encore lors de l’intervention d’Étienne Bastelica. « On ne peut pas parler du préfet dans une motion, c’est comme si l’on mentionnait Jean Moulin » avance l’élu de A Manca Aiaccina. Une comparaison qui n’est pas du goût de Jean-Paul Carrolaggi : « Tu les compares à (Klaus) Barbie ? » l’interpelle t-il. « Ce qui s’est passé n’est pas un acte isolé et neutre » poursuit Étienne Bastelica. «  Je pense à ceux qui sont descendus dans la rue manifester leur désapprobation. Je dis que la loi doit être appliquée. Les détenus ne méritent pas leur statut de DPS, qui doit être levé, mais on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé ».
 
« La Corse, ce n’est pas que vous, ce n’est pas que moi, c’est un ensemble qui aura besoin de réconciliation » tente Laurent Marcangeli. Si les deux motions ont été adoptées, le chemin de l’apaisement semble encore long.


















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