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Les quatre lauréats 2013 du Prix Don-Joseph Morellini


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 27 Novembre 2013 à 16:27 | Modifié le Vendredi 29 Novembre 2013 - 02:06


Destiné à récompenser des ouvrages en langue corse ou traitant de la Corse, le Prix Don Joseph Morellini, décerné par le Conseil Général de la Haute-Corse, s’est partagé, cette année, entre quatre lauréats : Stefanu Cesari & Badia pour un recueil de poésies illustrées « U minimu gestu, Le moindre geste », Ghjuvan Petru Ristori pour son recueil de Chjami e Rispondi « Posu è pensu », Sampiero Sanguinetti pour son essai sur « La violence en Corse XIXè-XXème siècles », Michel-Edouard Nigaglioni pour son beau livre d’art « Encyclopédie des peintres actifs en Corse, des origines à la fin du XIXème siècle ».


Les quatre lauréats, Sampiero Sanguinetti, Michel-Edouard Nigaglioni, Ghjuvan Petru Ristori et Stefanu Cesari entourent Joseph Castelli, Président du Conseil général de Haute Corse.
Les quatre lauréats, Sampiero Sanguinetti, Michel-Edouard Nigaglioni, Ghjuvan Petru Ristori et Stefanu Cesari entourent Joseph Castelli, Président du Conseil général de Haute Corse.
Le prix Don Joseph Morellini a été créé, en 2009, par le département de la Haute-Corse pour récompenser des ouvrages en langue corse ou en langue française traitant de la Corse. Du nom du Directeur général des services, homme de lettres et défenseur de la langue corse, ce prix entend témoigner, chaque année, de la richesse, du dynamisme et de la créativité de la littérature insulaire et participer à la préservation de l’identité culturelle par la maîtrise et la pratique de la langue.
Comme d’habitude, c’est, donc, in lingua nustrale que le Président du Conseil général de Haute Corse, Joseph Castelli, a débuté son discours d’ouverture en rendant hommage à ce fonctionnaire originaire de Casinca, prématurément disparu, et à sa passion pour la langue, l’histoire et la culture corses. « Simu inamurati di a nostra lingua è di a nostra cultura cume Don Ghiseppu. E li tenia à core di parlàne è di sparghjela ! », déclare-t-il en préambule.
 
Soixante candidats
Cette année, soixante ouvrages ont été sélectionnés. Ce nombre, en progression constante, « témoigne de la vitalité et de la richesse en corse et en français de notre littérature », souligne Germaine De Zerbi, membre du jury. Celui-ci était composé de conseillers généraux, d’universitaires comme Josette Dall’Ava Santucci, Marie-Hélène Ferrandi et Jacques Thiers et d’un libraire, Pierre Negrel, de la librairie Les deux mondes à Bastia.
« Les choix ont été faits à l’unanimité ou à la quasi-unanimité. Nous avons noté une évolution dans la production en langue corse. Au début, nous n’avions que des recueils de poésies. Mais au fur et à mesure que la langue se développait, des ouvrages historiques, des romans, des essais… sont apparus et se sont multipliés », remarque le conseiller général cap-corsin François Orlandi.
 
Des surprises
Au final, quatre lauréats se sont partagés le prix.
Ont été récompensés le poète Stefanu Cesari & le peintre Badia pour leur recueil de poésies illustrées « U minimu gestu, Le moindre geste », un double travail d’écriture et d’illustration pour une double langue : corse/français.
Ghjuvan Petru Ristori pour son recueil de Chjami e Rispodi « Posu è pensu », agrémenté d’une préface de Ghjiseppu Turchini « qui vaut à elle-seule tout le livre », précise-t-il.
Le journaliste Sampiero Sanguinetti pour son essai sur « La violence en Corse XIXè-XXème siècles », un ouvrage d’actualité qui donne une analyse très intéressante de la société et s’interroge, avec pertinence, sur le rapport entre la loi et la langue.
Le conservateur du musée de Bastia. Michel-Edouard Nigaglioni, pour son « Encyclopédie des peintres actifs en Corse, des origines à la fin du XIXème siècle », un superbe livre objet, érudit et d’une grande richesse iconographique, dont le sujet même est, en soi, une très belle surprise.
 
Le courage des éditeurs
Tous ont chaleureusement salué, non seulement l’action du Conseil général au service de la langue et de la culture corses, mais aussi le courage des éditeurs insulaires. « Sans la prise de risque continue des éditeurs corses, sans le pari fou de publier des livres étranges, y aurait-il, encore, des gens pour continuer à écrire ? », s’exclame le jeune poète Stefanu Cesari.
Michel-Edouard Nigaglioni renchérit à propos de son éditeur, Alain Piazzola : « Il a fait rentrer, dans les bibliothèques insulaires, des pans méconnus de notre mémoire, de notre patrimoine et de notre culture ».
N. M.




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