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Les Corses de l’extérieur se mobilisent pour a lingua nustrale


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 21 Septembre 2013 à 22:40 | Modifié le Dimanche 22 Septembre 2013 - 15:01


La 8ème Consulte des Corses de l’extérieur s’est tenue, samedi, au Cunsigliu di a lingua corsa à Corte, sur le thème « Quel avenir pour la langue corse ? ». Organisée par le Comité de coordination des Corses de l’extérieur, qui se mobilise tant sur le continent qu’à l’étranger pour sauver a lingua nustrale, elle a réuni près de 80 personnes, issue de la diaspora, pour une journée de conférences sur les origines, l’évolution, l’écriture et l’enseignement de la langue. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean Grazi, du président du Comité et président de la Fédération des groupements corses de Marseille et des Bouches du Rhône.


Jacques Fusina, Sixte Ugolini, Pascal Ottavi et Jean Grazi.
Jacques Fusina, Sixte Ugolini, Pascal Ottavi et Jean Grazi.
- Qu’est-ce que ce Comité de coordination des Corses de l’extérieur ?
- Nous avons créé ce Comité pour agrandir la Fédération à d’autres groupements corses. Il est formé des Corses de Lyon, de Toulouse, de Montpellier, de Salons, de Paris… d’un peu partout et même de l’étranger, de Porto-Rico, de New-York… Comme j’étais proviseur, j’ai tourné un peu partout en France. A chaque fois, dans chaque ville, je suis allé à l’Amicale des Corses pour travailler, faire avancer les choses et donner des cours de corse. Quand j’ai été nommé à Marseille, j’ai voulu créer un comité pour rassembler tous ces gens dont certains ont fait le déplacement pour la Consulte de Corte.
 
- Pourquoi organiser une Consulte sur le thème particulier de la langue corse?
- J’ai essayé de rassembler autour de Jacques Fusina, professeur des universités, et de Sixte Ugolini, l’ancien bâtonnier de Marseille, des gens qui pouvaient nous aider à parler de la langue corse. Toutes les Amicales de l’extérieur enseignent le Corse. A Marseille, on a créé Scola Corsa. Nous avons réussi en très peu de temps, en quelques années, a incité plus de 170 jeunes et moins jeunes à suivre des cours de Corse. Parmi les jeunes, 70 ont passé l’épreuve facultative de la langue corse au BAC. Nous avons fait des manifestations sur le sujet à Marseille. Nous voulions aller plus loin avec des spécialistes.
 
- Comment s’est déroulée cette consulte ?
- Le débat a été formidable. Paul-Marie Romani, le président de l’université, a ouvert la Consulte. Pierre Ghionga, le conseiller exécutif en charge de la langue corse, nous a présenté le statut de coofficialité. Jean-Marie Arrighi a raconté les origines et les évolutions de la langue et Jacques Fusina, qui en fin de journée à fait la synthèse de la Consulte, a apporté pendant une heure, sa contribution sur la "littérature d'expression corse". L’après-midi, les universitaires, et Pascal Ottavi, notamment, ont abordé la question de l’enseignement du corse et de la politique linguistique de l’Etat.
 
- Quelle est la position de la diaspora sur la langue corse ?
- Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous disons qu’il faut sauvegarder la langue corse parce que, si nous continuons comme cela, dans 20 ans, plus personne ne la parlera. Nous avons signé la charte de la langue corse, celle qui est signée dans tous les établissements insulaires et même ailleurs. Nous avons, sur le continent, des professeurs qui enseignent le corse. Il faut la sauvegarder la langue en la parlant.
 
- Comment jugez-vous le statut de coofficialité ?
- Le statut est, en grande partie, valable. Mais, il ne suffit pas. La langue se meurt, il faut aller plus loin. Mais la langue corse ne doit pas être le domaine strict des Indépendantistes, car elle est la langue de tous les Corses. Il faut que nous nous mettions, tous, d’accord pour ajouter à ce statut autre chose afin qu’il devienne un statut universel pour les Corses d’ici, mais aussi pour les Corses d’altro, qui sont des Corses à part entière. Le problème vient des nouvelles générations qui, même dans l’île, ne veulent plus apprendre et parler notre langue. Il faut mettre en place un dispositif pour y remédier. Mais la langue vient du cœur, ou on l’a en soi, ou elle meurt !
 
- Que pensez-vous des débats sur la réforme institutionnelle en cours à l’Assemblée de Corse ?
- Je crois que l’Assemblée de Corse est en train de réaliser des avancées peut-être exceptionnelles par rapport à ce qui s’est passé jusque-là. Elle doit continuer. Elle doit, aussi, maintenant, s’intéresser sérieusement à la possibilité du retour de la diaspora et voir, de quelle façon, en travaillant avec nous, Corses de l’extérieur, elle peut faire rentrer le plus de Corses au pays en trouvant des solutions au problème de l’emploi.
 
- Comment les Corses de l’extérieur vivent-ils l’image sulfureuse qui entoure notre île et le déferlement médiatique contre ses habitants ?
- Quand j’étais à Lyon, les Corses étaient très attaqués. Maintenant, je suis à Marseille, c’est plutôt le contraire. Vu ce qui passe chez eux, pour les Marseillais, nous sommes des braves ! Les problèmes de l’île viennent d’une mafia qui s’y est installée. La plupart des Corses ne posent pas de problèmes et sont aimés partout.
 
- Votre Comité est très actif. Avez-vous des projets en perspective ?
- Dans le cadre de « Marseille 2013 », nous avons pris rang et nous avons vendu la Corse. Nous avons organisé le Salon du livre corse qui a accueilli plus de 2 000 personnes, Corses et non-Corses. Nous avons, ensuite, proposé des spectacles de chants polyphoniques pendant deux soirs avec una cunfraterna le 1er soir et le groupe Barbara Furtuna, le lendemain. Toutes ces manifestations ont été un vrai succès et nous ont permis de montrer qui nous sommes et ce que nous faisons. Les gens reviennent, ensuite, parler de tout cela à la Maison de la Corse, qui est notre siège et qui accueille plus de 50 associations. En novembre, nous présentons, à Marseille, un opéra corse dirigé par un chef d’orchestre corse qui vient de Siboué. Nous travaillons, pour l’an prochain, sur un projet de manifestation avec l’association Inseme, un concert de chants polyphoniques avec a cunfraterna de San Ghjisè, dont les bénéfices iront à l’association.
Propos recueillis par Nicole MARI
 
Le Comité de coordination des Corses de l’extérieur a son siège : Maison de la Corse, 69, rue Sylvabelle 13006 Marseille. email : corsesdelexterieur@gmail.com



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