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Laurent Marcangeli : "Je n’ai qu’un seul adversaire, c’est l’échec de la Corse"


MV le Lundi 24 Mai 2021 à 19:17

Le pragmatisme et le pouvoir aux territoires : ce sont deux axes forts du programme de Laurent Marcangeli, seul candidat de droite aux élections territoriales des 20 et 27 juin. Le maire d'Ajaccio, président de la CAPA, entend surfer sur ce qu'il appelle les échecs de la mandature nationaliste pour incarner une alternative au président de l'Exécutif sortant et proposer une gouvernance en rupture avec la gestion actuelle. Il affirme vouloir rassembler au-delà de sa famille politique et n'avoir entamé aucune discussion pour le second tour.



Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, président de la CAPA et candidat de l'union de la droite aux élections territoriales des 20 et 27 juin.
Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, président de la CAPA et candidat de l'union de la droite aux élections territoriales des 20 et 27 juin.
- Comment comptez-vous mener campagne ? Sur quels thèmes ?
- Depuis plusieurs semaines déjà, je mène une campagne de terrain, dans chaque territoire, tout en respectant rigoureusement les règles sanitaires. Le monde et la Corse avec lui traversent une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent. À l’heure où nous envisageons enfin un avenir meilleur, notre candidature puise toute sa force dans notre espoir de léguer une Corse prospère à nos enfants. Une Corse capable de relever le défi écologique qui s’impose à notre génération, une Corse solidaire, ouverte sur la Méditerranée et le monde.

- Quel sera l’axe majeur de votre projet, l’idée forte ?
- Mon premier objectif est de rendre la parole aux élus locaux, de les écouter et de leur faire confiance : en résumé, rendre le pouvoir aux territoires. En tant que maire d’Ajaccio et président de la CAPA, j’ai pris conscience de la pertinence de l’échelon intercommunal, véritable levier pour agir et promouvoir une cohérence territoriale indispensable. Je suis convaincu que la réussite de la Corse passe par le succès de nos territoires. Il faut leur rendre le pouvoir en leur accordant plus d’autonomie et de confiance. Notre projet de mandature, c’est le pragmatisme, c’est la volonté de résoudre les problèmes quotidiens des Corses, en les concertant et en ne pratiquant pas la politique de la “chaise vide”. Notre état d’esprit, c’est le consensus, la réconciliation, car nous voulons une Corse apaisée. En ce qui me concerne, je veux être le président de l’Exécutif de tous les Corses. En cela, ce sera déjà un changement. La méthode, c’est celle du rassemblement, car rien ne se construit seul. La Corse doit offrir à ses enfants les conditions de la réussite, de l’émancipation personnelle par le travail, l’effort et la valorisation des énergies positives. C’est cette Corse-là que nous voulons incarner. Quant à notre équipe, elle porte une méthode de gestion qui respectera nos valeurs, notre identité.

- Quelle sont vos priorités pour l’île ?
- Notre priorité, c’est de régler les problèmes quotidiens des Corses : les déchets, échec patent de la majorité sortante et de son président. La question énergétique : la PPE est à l’arrêt alors que 3 milliards € sont programmés par l’État. Et nous avons une centrale qui fonctionne toujours au fioul lourd : il en va de la santé des Corses ! Les transports, avec des condamnations régulières de la Commission européenne et une amende de 86 millions € à payer. Le développement économique et l’emploi : un plan de relance que la Corse a été incapable de conclure avec l’État alors que les 12 autres régions l’ont fait. Il faut que la CdC élabore au plus vite un plan de relance économique.

Laurent Marcangeli inaugure sa permanence ajaccienne ce 20 mai 2021
Laurent Marcangeli inaugure sa permanence ajaccienne ce 20 mai 2021
- Quelle est votre idée de gouvernance de la CdC ?
- Nous demeurons convaincus que les Corses sont profondément attachés à l’élu de proximité. Pour pallier la disparition des Conseils départementaux et face au gadget que constitue la Chambre des territoires, il est impératif de retrouver une garantie de représentativité de tous les bassins de vie dans la gouvernance de l’institution, en modifiant, notamment, le mode de scrutin de l’Assemblée de Corse. Nous proposons que les 63 sièges à pourvoir soient répartis en circonscriptions correspondant à des territoires identifiés, en tenant compte de leur démographie. Ce mode de scrutin permettra à tous les conseillers de l’Assemblée de Corse d’être les élus de la CdC, tout en incarnant un territoire dont ils seront les meilleurs ambassadeurs. Nous organiserons une véritable décentralisation au profit des intercommunalités : les décisions relatives aux investissements de chaque communauté de communes feront l’objet de la signature d’un pacte de confiance. Nous souhaitons leur déléguer les choix de certaines décisions d’investissement, comme par exemple, celles qui concernent l’entretien du réseau routier de proximité. Dans le même esprit, nous modifierons le Règlement d’aides aux communes, en concertation avec les maires, afin que l’action publique soit plus efficace, particulièrement dans nos villages.

- C'est-à-dire ?
- Nous souhaitons que l'Assemblée de Corse adopte la majoration de 100 000 € consacrés à l’investissement pour les communes de moins de 350 habitants sur la durée de la dotation quinquennale. Près de 250 communes seront concernées, pour une programmation financière de 25 millions € sur cinq ans. Nous proposons également de créer une cellule d’appui et d’ingénierie destinée aux élus locaux, afin de les accompagner techniquement et financièrement dans l’élaboration de leurs projets. J’ajoute que les effets de la fusion des trois collectivités en 2018 auraient dû permettre de maîtriser la masse salariale, en rationalisant l’organisation du travail et en mutualisant certaines missions. Ce sera l’une de nos priorités à notre arrivée aux responsabilités : la bonne santé d’une telle collectivité passe par une gestion responsable de ses finances. Cette restructuration permettra de dégager 100 millions € d’investissements supplémentaires par an. La CdC doit retrouver un rythme d’investissement digne du maître d’ouvrage qu’elle était au début des années 2000. Enfin, la restauration d’un véritable dialogue avec l’État est fondamentale pour la Corse. Un dialogue franc, apaisé et sans concession, mais sans dogmatisme ou préalables politiques.

- Quel bilan tirez-vous de la majorité territoriale sortante ?
- Ces six dernières années ont malheureusement révélé de nombreuses failles dans le fonctionnement de la Collectivité de Corse, notamment sur les territoires les plus fragiles. Je pense d’abord au PADDUC : les élus de la Corse dans leur ensemble nous ont fait part de leurs difficultés quant à son application sur leur commune. “Injustice”, “dépossession”, “impossibilité de rédiger leur plan local d’urbanisme” : c’est en ces termes que les maires qualifient ce document qu’ils ne parviennent pas à justifier auprès de leurs administrés. Autre échec de la mandature : la gestion de nos déchets. Le président de l’Exécutif et son équipe ont été incapables de proposer un plan d’actions permettant de résoudre la crise récurrente du traitement de nos déchets. Nous proposons pourtant une solution concrète depuis cinq ans, avec la création de deux centres de tri et de valorisation énergétique des déchets, implantés sur les deux principaux bassins de vie, à savoir : Ajaccio pour le pays ajaccien, et Monte pour la région bastiaise.

- Dans ce contexte, quel score ciblez-vous au 1er tour ?
Notre démarche vise à rassembler dès le 1er tour le plus grand nombre de Corses qui souhaitent se prononcer pour une alternative crédible.

- Pourquoi la présence d'élus Giacobbistes sur votre liste ?
Il y a beaucoup d’anciens Giacobbistes et pas seulement sur notre liste. J’ai composé une équipe crédible, avec le souci que tous les territoires soient représentés. J’ai également souhaité incarner une démarche ouverte et respectueuse des sensibilités politiques qui vont au-delà de la droite et du centre, à l’instar de la liste que j’ai conduite aux municipales de 2020. Enfin, je préside la CAPA depuis plusieurs années et travaille au quotidien avec des maires de toutes obédiences, dont plusieurs de gauche.

- Après les municipales de 2020, la droite a été fragilisée par la perte de communes importantes de l’Extrême-Sud, telles que Porto-Vecchio et Figari ? Comment comptez-vous les compenser ?
- La question ne se pose pas en ces termes : il n’y a pas de compensation à rechercher. Les élections municipales sont très particulières, les citoyens se prononcent sur des questions locales, pour des projets communaux. L’élection territoriale se conçoit à une autre échelle : il s’agit d’un scrutin beaucoup plus politique, qui propose un véritable débat de société pour notre île. Il est périlleux de comparer les scrutins, encore plus de les mélanger.

- Le maillon faible de la droite est la Haute-Corse, berceau nationaliste, comment comptez-vous convaincre ?
- Je sillonne la Corse depuis plusieurs mois et l’accueil que je rencontre est chaleureux, particulièrement en Haute-Corse où la déception est grande.

- Il y a des rumeurs d’alliances pour le second. tour. Avez-vous déjà entamé des discussions ? Si oui, avec qui ? Orsucci ? Angelini ?
Non, il n’y a eu aucune discussion ! Dès ma déclaration de candidature, il y a maintenant plusieurs semaines, j’ai été clair : nous portons un projet ambitieux pour notre île et nous devons incarner un changement, une rupture dans la manière de gérer la Corse. Mais nous avons également le devoir de rassembler autour de nos idées.

- Gilles Simeoni vous a désigné comme son seul adversaire. Est-ce aussi votre cas ?
- Je n’ai qu’un seul adversaire : c’est l’échec de la Corse.














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