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La Corse, une terre propice à la transition écologique


Jeanne Leboulleux-Leonardi le Samedi 25 Septembre 2021 à 17:17

Mercredi 22 septembre se déroulait à Solenzara, comme quelques jours plus tôt à Aiacciu, une formation ouverte à tous ceux – particuliers, collectivités ou associations – qui, conscients de la nécessité de faire évoluer nos pratiques en matière d’énergie, souhaitent s’investir dans des projets d’énergie renouvelable. Baptisée Les projets participatifs et citoyens d’EnR de A à Z, elle couvrait le champ du photovoltaïque et de l’éolien en passant par l’hydraulique ou la méthanisation : peu importe la technique retenue, cette fois, on allait parler “conduite de projet”.



(Photos GIEE Vaccaghja Energia)
(Photos GIEE Vaccaghja Energia)
Autour de la table, attentifs, des élus – maires ou adjoints – et trois membres d’un GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental) porteur d’un projet complexe dont l’un des volets est la méthanisation : Vaccaghja Energia.
 
Se réapproprier le domaine de l’énergie
Cette journée était organisée par l’association Énergie Partagée, représentée en Corse par l’Agence d’Aménagement durable, d’Urbanisme et d’Énergie de la Corse (AUE), avec Mélissa Leoni – sa Chargée de mission Énergies Renouvelables et animatrice du Réseau corse de l’énergie citoyenne – et l’ADEME.
Bretonne à la base, l’association Énergie Partagée a fini par essaimer dans toutes les régions françaises pour aider les citoyens qui le souhaitent à se réapproprier le domaine de l’énergie. Elle les informe, les soutient dans l’instruction des dossiers locaux, les guide, avant de les laisser voler de leurs propres ailes. La Corse restait le seul territoire où ce réseau “de l’énergie citoyenne” n’était pas représenté. Il était d’autant plus nécessaire de pallier cette carence que notre île semble particulièrement propice à des projets de ce type, comme le souligne Joseph Colombani qui assistait à la formation à double titre : à la fois comme Président de la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse et comme Président du GIEE Vaccaghja Energia.
 
Une opportunité et un besoin
« Nous avons tout ce qu’il faut, analyse-t-il. La volonté politique à travers l’AUE et donc la Collectivité de Corse. Le climat et le territoire qui sont particulièrement prometteurs pour les énergies renouvelables. Enfin, le fait que la Corse, en tant qu’île, n’est pas interconnectée : de ce fait, aujourd’hui, nous produisons essentiellement de l’énergie coûteuse et polluante, à partir des énergies fossiles – fuel et bientôt gaz. Il y a donc pour nous une opportunité et un besoin ».
Ajouter à cela le fait que les Corses ont un taux d’épargne très élevé comparé aux autres régions françaises : « L’épargne corse monte à 12 milliards d’euros : 10,8 sur les comptes courants auxquels s’ajoute plus d’un milliard sous différentes formes d’épargne. Comme il y a 4 milliards d’encours de crédit, cela signifie que 8 milliards vont actuellement créer de la richesse et des emplois ailleurs qu’en Corse. C’est un potentiel d’investissement énorme. On pourrait relocaliser cette épargne sous forme de fonds citoyens, la mobiliser ici sur des projets encadrés, vertueux qui auraient des retombées en Corse à la fois en termes d’image et en termes de qualité de vie. Bref, l’utiliser pour préserver la planète. Pour nos enfants. »
 
Conserver la maîtrise des projets
Pour cela, il faut former les citoyens corses afin qu’ils deviennent de vrais acteurs de la transition énergétique. Car il ne s’agit pas simplement ici de financement participatif. « Le formateur a bien insisté sur la différence entre projet participatif et projet citoyen, précise Joseph Colombani. Dans un projet participatif, vous participez à la dette : non seulement vos seuls revenus se limitent à l’intérêt de cette dette, mais vous ne contrôlez rien ! Dans un projet citoyen, vous participez aux dividendes, mais vous participez également à la gouvernance. »
En d’autres termes, les projets citoyens tels qu’ils sont prônés par l’association restent sous la maîtrise de ceux qui s’y engagent. Et ils peuvent rapporter : ce sont aussi des opportunités de business. Ils doivent néanmoins respecter la Charte de l’Énergie partagée qui s’appuie sur quatre piliers : ancrage local, exigence écologique, gouvernance ouverte et démarche non spéculative. Exemples à l’appui, le formateur a démontré aux participants que c’était réalisable : quelques dizaines d’euros suffisent à se lancer – sur le continent, des enfants, des familles, ont pris des actions dans certains projets.
 
Une démarche qui intéresse spécifiquement le monde agricole
Si des fonds citoyens peuvent s’investir utilement dans des projets, encore faut-il qu’il y ait des projets à financer ! Aujourd’hui, c’est plutôt eux qui font défaut : « Nous avons plein d’idées, en Corse, parce qu’il y a un potentiel. Mais les projets sont rares. Pour passer du stade de l’idée au projet, il faut une méthode, de l’organisation, des moyens, ajoute Joseph Colombani. Dans les trois Chambres d’Agriculture insulaire, et en partenariat avec l’Université de Corse, nous réfléchissons dans cet esprit à une méthode, appuyée sur le concept d’économie circulaire, pour passer de l’idée au projet et financer ces projets selon ce type de modalités ».

Le projet du GIEE Vaccaghja Energia, présenté mercredi aux participants dans le cadre de la formation, s’inscrit dans cette démarche : ne pourrait-il avoir valeur d’exemple et susciter des émules ?
Il est vrai que le monde agricole corse s’est déjà engagé dans les énergies renouvelables avec des conséquences en chaîne que l’on n’imagine pas forcément : « Depuis la SOMIVAC, explique Joseph Colombani, nous n’avions plus de plan “bâtiments”. Grâce au photovoltaïque qui permettait de financer des hangars agricoles, nous avons pu développer des cultures fourragères. La qualité du stockage a permis d’améliorer la qualité du fourrage. Donc l’alimentation animale. Et au final le rendement de l’élevage. Cela nous a permis de structurer la filière fourragère et nous a rendus moins dépendants des importations de foin en provenance de Crau. » Sans compter qu’en termes d’image, avoir une île préservée, innovante, précurseur sur le chemin de la transition énergétique et écologique, peut devenir un argument marketing pour mieux vendre les produits corses.
 
La Corse a ainsi tout à gagner au développement des énergies renouvelables et la démarche d’Énergie partagée va renforcer le mouvement initié par le monde agricole. Les Chambres d’Agriculture entendent bien lui donner le plus de visibilité possible. Car si, bien sûr, l’enjeu ne se limite pas au monde agricole – et les acteurs potentiels non plus – avoir sur notre île une agriculture exemplaire, à la fois en termes de citoyenneté et d’écologie, n’est-ce pas un beau défi à relever au XXIème siècle ?

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