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L'huile essentielle de l'immortelle de Corse en quête d'un label européen


Thibaud KEREBEL le Mardi 6 Décembre 2022 à 15:43

Pour faire face à la concurrence étrangère, les producteurs corses d'huile essentielle d'immortelle se sont organisés en association. Leur prochaine réunion, prévue ce mercredi 7 décembre à Corte, est une nouvelle étape dans la quête d'obtention d'un label européen.



L’immortelle fait partie de ces nombreux produits emblématiques de la Corse
L’immortelle fait partie de ces nombreux produits emblématiques de la Corse
L’immortelle fait partie de ces nombreux produits emblématiques de la Corse. Principalement déclinée en huile essentielle, cette plante peut apporter de nombreux bienfaits au consommateur, comme l’ont prouvé plusieurs études réalisées en laboratoire. En ce qui concerne les propriétés anti-hématomes et anti-inflammatoires, les deux plus reconnues, « l’immortelle corse est particulièrement performante », certifie Michel Dubost, président de l’association des producteurs d’huiles essentielles de Corse. « Mais actuellement, quand quelqu’un achète de l’huile d’immortelle, il ne sait pas précisément d’où elle vient. Ce n’est pas forcément mis en avant et certains trichent là-dessus. Il y a de la production dans le sud de la France, dans les Balkans, en Espagne… Donc nous, on a besoin de crédibiliser le produit auprès du consommateur, pour lui faire comprendre que c’est récolté et produit en Corse. »

C’est en partant de ce problème que s’est donc créée, en mai 2022, l’association des producteurs d’huiles essentielles de Corse. L’objectif : coordonner les troupes pour effectuer des demandes de labellisations, et faire reconnaître la provenance ainsi que la qualité du produit. Le premier chantier se concentre donc sur l’immortelle, même si, à terme, les producteurs souhaiteraient décliner ces actions sur la myrte ou encore le romarin. Après une première concertation, l’association a donc décidé de viser le label IGP (Indication géographique protégée), reconnu au niveau européen. « On a choisi l’IGP car il n’était pas possible de demander une AOP (Appellation d’origine protégée), notre production étant trop récente. Les pionniers de l’huile d’immortelle ne remontent qu’aux années 70 », explique Michel Dubost.

« Ça va prendre plusieurs années »

Depuis plusieurs mois, l’association travaille donc sur la rédaction d’un cahier des charges, censé rassembler une liste d’engagements de qualité et de localisation de la production. L’assemblée organisée ce mercredi à Corte s’inscrit justement dans ce processus. « On doit définir toutes les étapes et les exigences auxquelles on s’engage. De la récole de la graine jusqu’à la vente de l’huile », décrit Michel Dubost. « Par exemple, la base, c’est que toutes les graines devront être issues de plantes sauvages d’immortelle de Corse. Pareil pour la récolte et la distillation, ça devra être fait sur l’île, avec des matériaux compatibles avec la préservation de la qualité du produit... » Ce texte, « la pièce maîtresse du dossier », sera ensuite soumis à un institut national, avant d’être transmis à l’Union Européenne, qui donnera son verdict.

Les producteurs mobilisés savent qu’un long chemin les attend, un véritable « défi ». « Ça va prendre plusieurs années, on est partis sur un voyage au long cours de trois à cinq ans », reprend le président de l’association. Mais à la clé, une certification importante, accordée au compte-gouttes par l’institution continentale. « Au niveau européen, il y a une seule huile essentielle qui bénéficie du label IGP, c’est celle qui provient de la rose de Bulgarie. Donc si notre demande aboutit, on sera les deuxièmes. C’est vraiment une démarche rare. »

« Quand ce n'est pas de Corse, ça n'a rien à voir »

L’acquisition de cette certification serait en tout cas une belle récompense pour ce collectif, qui met tous les moyens en œuvre afin de faire reconnaître le travail des producteurs locaux. Récemment, l’association a même embauché un étudiant de l’université de Corte pour travailler en alternance sur le projet. « On cherche à élaborer le profil type de nos huiles », décrypte Michel Dubost. « Dans le cahier des charges définitif, on veut voir figurer une analyse chimique des huiles produites en Corse en 2021 et 2022. Mais également de celles faites à l’étranger, pour montrer la différence. » Et les différences, justement, sont notables, comme l’explique Maeva Luigi, productrice de la région. « Quand je suis chez des gens que je connais, et qu’ils me disent qu’ils ont de l’immortelle, je regarde d’abord d’où elle vient. Et quand ce n’est pas de Corse, rien qu’à l’apparence et à l’odeur, ça n’a rien à voir. » Reste donc à faire reconnaître ce savoir faire et son terroir. Et malgré l'attente, l'optimisme est là. « Quel que soit le temps que ça prend, si on y arrive, ça me va ! »














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