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L’Île-Rousse dévoile de nouveaux trésors du néolithique

Archéologie


Laurent Hérin le Mardi 28 Septembre 2021 à 17:19

Une équipe de bénévoles, dirigée par l'archéologue Jean Sicurani, a réalisé de nouvelles fouilles archéologiques à la pointe de L’Île Rousse. Un travail qui a permis de mettre en lumière un important site du néolithique.



Les fouilles à la pointe de la Pietra
Les fouilles à la pointe de la Pietra
Sous l’œil du phare de la Pietra, à la pointe de L’Île Rousse, à l’abri d’une bâche, des bénévoles et stagiaires, tous passionnés d’archéologie, s’activent autour d’un chantier à ciel ouvert. Ces fouilles ont été organisées par Jean Sicurani, directeur d’opération archéologique : « Nous avons fait les premiers sondages ici en 1983. Un de mes premiers chantiers confiés par Michel Claude-Weiss*. J’ai commencé les fouilles à l’âge de 13 ans, avec lui et nous avons ensuite énormément collaboré. »

Ce site a été découvert par un élève de CM2, sensibilisé par son instituteur sur l’archéologie, la préhistoire en particulier. Alors qu’il se promenait du côté de la Pietra, il a découvert des objets caractéristiques du néolithique ancien. Cette période, qui se situe entre 5500 ans et 5000 ans avant Jésus-Christ, se déroule au moment où l’homme devient sédentaire. L’être humain passe alors du statut de chasseur-cueilleur à celui d’éleveur-agriculteur. C’est à cette époque qu’il fabrique les premières céramiques. « Le jeune homme a trouvé une armature tranchante, l’ancêtre de la pointe de flèche, explique Jean Sicurani. Ces objets nous ont renseigné sur la période – avant 5000 ans – et nous ont conduit à faire les premiers sondages. » Par la suite, entre 1984 et 1988, l’équipe réalise une première campagne de fouilles puis une deuxième entre 2003 et 2006. A chaque fois, sous la direction de Michel Claude-Weiss, Jean y participe : « On a fouillé ailleurs mais on est finalement revenu à cet endroit. On s’est rendu compte de l’importance du site. »
 

Culture « cardiale »
Jean Sicurani a ensuite repris les fouilles en 2019 pour une troisième campagne. « Pour préciser tout ce qui avait été fait et pour essayer de compléter les informations » confirme l’archéologue. Le but également avoué de ces recherches est de trouver un niveau plus ancien, du temps de la culture « impressa » qui précède la culture « cardiale ». L’équipe de chercheurs et d’archéologues bénéficie également, à chaque nouvelle fouille, des progrès de cette science
« On progresse sur le terrain avec des nouveaux spécialistes, les sciences se sont développées. Par exemple, pour la datation, les tests de Carbone 14 se font maintenant en fonction des essences et des différents bois » précise Jean Sicurani alors qu’une bénévole s’approche de lui et l’interroge : « Jean, est ce que je fais les coupes Ouest et Est ? » Précis, il indique, montre et lui réponds : « Oui, regardes, tu prolonges un peu. Presque droit. Tu vois? Peut-être un peu plus bas avant les deux points. » Il ajoute même un petit mot d’humour. L’ambiance sur le chantier est agréable, enjouée mais studieuse. « Ce sont tous des bénévoles. Logés et nourris mais avec très peu de jours de repos. On approche de la fin du chantier mais ils sont toujours aussi motivés. » Ils n’hésitent pas à gratter, creuser, avec minutie et surtout à tout noter, référencer. Rien n’est laissé au hasard.

 
Découverte
Jean Sicurani qui connaît bien ce chantier ne cache pas son plaisir : « On est sur une zone d’habitat, on devrait trouver les vestiges d’une hutte ou d’un tipi mais on a l’impression d’être sur quelque chose d’inédit. Là, on devine une structure en pierre. » Ça sera le but de la prochaine campagne, pour le moment prévue en 2022 : élargir la fouille pour mettre à jour cette structure en pierre. « Ça va être intéressant ! On se rend compte qu’on a une occupation pérenne sur ce site, au moins pendant 500 ans. Que du néolithique ancien. »
 

Aides
Ces fouilles sont aidées par le service régional de l’archéologie, qui dépend du Ministère de la Culture, par la Collectivité de Corse et par la municipalité de L’Île-Rousse. L’équipe a beau être formée de bénévoles, il faut prendre en charge toute la logistique (repas, logement, etc.) « On est aidé mais on manque encore de matériel et de moyens. On aimerait avoir des mécènes ! » Jean Sicurani espère également voir les choses évoluer : « On pourrait faire visiter ces sites. Et on espère la création d’un Musée d’archéologie, ici, en Balagne. C’est une région très vivante au niveau culturel – il suffit de voir le nombre de concerts et de festivals qui s’y déroule – et passionnante au niveau de l’archéologie. Mais là aussi, le manque de structures et de moyens nous ralentit. En attendant, on fait de notre mieux… »
 
* Michel Claude Weiss, éminent archéologue, s’est éteint en juin dernier à Galéria à l’âge de 82 ans. Il avait participé à des découvertes majeures pour la Corse et formé de nombreux étudiants.















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