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Julien Morganti : « 60 % des gens n'ont pas voté, cela remet les compteurs à zéro »


Pierre-Manuel Pescetti le Vendredi 17 Juin 2022 à 12:24

Julien Morganti vise la place de député de la première circonscription de Haute-Corse. Le candidat bastiais sans étiquette compte drainer les voix des abstentionnistes et rassembler au-delà des logiques de partis comme il l'a fait dès le premier tour. Objectif : réduire l'écart de 5 000 voix qui le sépare du député sortant Michel Castellani et le devancer. Dans un entretien à CNI, il dévoile sa stratégie pour le second tour et les premiers chantiers qu'il mènera s'il atteint le Palais Bourbon.



Pour Julien Morganti, la victoire "est jouable". Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
Pour Julien Morganti, la victoire "est jouable". Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
- Vous êtes qualifié pour le second tour de ces élections législatives sur un score de 13,61 %. Comment analysez-vous votre score ?

 - C’est le résultat d’une stratégie de travail sur le terrain que nous appliquons depuis longtemps. C’est une satisfaction car nous progressons en cinq ans. Le score réalisé à Bastia est également une satisfaction car c’est la première fois que nous sommes en tête dans un quartier. Mais il faut également prendre ce résultat avec beaucoup d’humilité car il y a tout de même 60 % d’abstention.
 
- Vous accusez un retard de 20 % sur le député sortant Michel Castellani qui totalise 33,77 % des suffrages exprimés. Pensez-vous que la victoire est jouable ?
 
 - Effectivement car quand 60 % des gens n'ont pas voté et cela remet les compteurs à zéro. C’est 5 000 voix de différence sur 61 000 inscrits. Depuis lundi, nous avons enclenché une dynamique avec un gros travail sur les abstentionnistes. De plus, les candidats éliminés au premier tour n’ont pas donné de consignes de vote. Cela nous donne une liberté totale pour aller les solliciter, les mobiliser et rassembler encore plus largement.
 
 - Vous parlez de rassemblement mais aucun des candidats de gauche présents au premier tour ne vous soutient. De même pour la coalition bastiaise faite autour de Jean-François Paoli. Sans ce report des voix de gauche, cela ne devient pas plus compliqué ?

 
 - Première chose, Jean-François Paoli n’était pas un candidat de gauche puisqu’il était celui d’Emmanuel Macron. Précisons-le. Mais justement, le fait que les électeurs soient libres de leur choix est très important pour nous. C’est très bénéfique pour notre travail de mobilisation pour le second tour. L’enjeu aujourd’hui c’est qu’il y a deux choix de société qui s’offrent aux électeurs : un candidat qui représente un homme et une institution en bout de course et nous, qui pouvons rassembler différentes sensibilités politiques et c’est ça l’important, avoir un député qui rassemble tous les corses. Notre démarche c’est un vote et un choix d’avenir.
 
- La grande surprise vient du score du Rassemblement National qui totalise 12,17 % des suffrages exprimés sur votre circonscription. Comment l’analysez-vous ? 
 
C’est le prolongement naturel du résultat des élections présidentielles. Tout simplement.

- Espérez-vous récupérer une partie de cet électorat ?
 
 - Nous nous adressons à tous les électeurs. Nous ne sommes pas dans une logique de segmentation de l’électorat. C’est pour ça que nous sommes qualifiés au second tour. La population a compris le message que nous voulions faire passer à travers notre projet.
 
 - Qu’est-ce qui, dans votre projet, pourrait séduire des électeurs de droite, voire d’extrême droite ?
 
 - Notre accord au premier tour a fait qu’il y avait des sensibilités de droite avec nous, c’est pour ça qu’il n’y avait pas de candidats à droite. Il faut le rappeler. Maintenant il faut rassembler beaucoup plus largement notamment avec des mesures fortes comme celle d’intégrer la prime d’insularité aux pensions de retraite. Si on devait résumer le projet en une phrase ce serait de créer de la richesse pour mieux la redistribuer. À travers cet équilibre économique et social, tout le monde peut se projeter dans cette démarche.
 
- L’autre constat est le fort taux d’abstention, notamment dans les quartiers Sud de Bastia où vous avez beaucoup fait campagne et installé une de vos permanences. À quoi attribuez-vous un tel taux d’abstention ? 
 
 - C’est aussi le résultat d’une politique municipale désastreuse notamment celle de la gestion de l’office HLM dont la présidente [ndlr : Juliette Ponzevera] est la suppléante de Michel Castellani. Il y a des pratiques qui perdurent, près de 200 logements vides ce qui est un scandale en termes de logements sociaux, une absence de rénovations … Je peux comprendre que la population se détourne des urnes en disant « on n’y croit plus ». Notre rôle d’opposition régionale et municipale est de redonner cet espoir, d’être présents tous les jours. Il n’est pas normal que ces quartiers ne soient au centre de l’intérêt qu’au moment des élections. Nous avons fait le pari inverse et nous en récoltons les fruits aujourd’hui.
 
- Qu’avez-vous à dire aux abstentionnistes pour les convaincre ?
 
 - Cette élection est très importante. Il y a trois urgences : une internationale en lien avec la guerre et l’inflation qui nous touche au quotidien, une nationale avec notre modèle économique et social à revisiter et une locale avec les discussions qui vont s’ouvrir entre Paris et la Corse. C’est un vrai choix de société qui s’offre aujourd’hui aux électeurs. Je veux leur dire : soyez acteurs de ce changement ! Ne vous laissez pas voler cette élection pour que d’autres décident à votre place. Dimanche, impliquez vous pour un vote d’avenir qui permettra à tous de vivre dans une société épanouie, libre, prospère représentée par un député qui rassemble tout le monde.  

- Pour Michel Castellani, l’un des enjeux les plus importants du second tour est l’autonomie et les discussions qui vont s’ouvrir avec le gouvernement sur ce point. Pour vous quel est-il ? 
 
 - L’enjeu est d’abord économique et social. Nous avons une situation qui aboutit sur un déclassement d’une grande partie de la population. La classe moyenne est impactée par cette inflation galopante. Dans le cadre de l’intégration de la loi de finances rectificative votée cet été, il faut avoir un paquet social et fiscal avec des mesures d’urgence pour protéger les populations. La détresse économique et sociale peut avoir de graves conséquences sur la paupérisation de la société. C’est vraiment un marqueur politique très important.
 
- Si vous étiez élu, quelle serait votre priorité, le premier dossier à ouvrir une fois au Palais Bourbon ?
 
 - Dès le mois de juillet, dans le cadre des discussions avec Paris, d’intégrer cette prime d’insularité aux pensions de retraite. Elle a été votée en 1989, obtenue après une grande lutte sociale mais ne concerne pas les retraités. Il y a une injustice sociale. Nous arracherons cette mesure à l’Etat et la ferons voter dès le mois de juillet.
 
- Une fois élu dans quel groupe siégerez-vous ?

 - Les résultats nationaux valident notre stratégie évoquée depuis l’annonce de notre candidature. Le président de la République n’aura plus de majorité absolue. Nous serons dans un système de coalition donc les groupes politiques auront un vrai rôle à jouer pour créer des majorités. Nous siégerons dans un groupe où il y aura une liberté d’action, de parole et de vote pour défendre les intérêts de la Corse. Le fait qu’il n’y aura pas de majorité absolue fera que nous serons au centre du jeu.

 - À quel groupe pensez-vous ?
 
 - Les discussions sont en cours et nous attendons que l’Assemblée Nationale soit définitivement élue.
 
 - Excluez-vous toute possibilité de siéger avec la majorité présidentielle ?
 
 - Aujourd’hui, s’enfermer dans une logique de majorité ou d’opposition est inutile vu qu’il n’y aura pas de majorité absolue.  Nous voulons aller beaucoup plus loin et ça correspond au positionnement qu’on a eu en ne demandant pas d’investiture, en faisant ce rassemblement dès le premier tour et en siégeant dans un groupe avec cette cohérence.














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