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Jean-Félix Acquaviva : « Notre démarche d’ouverture est un élément fondamental des réussites à-venir »


Nicole Mari le Mardi 17 Décembre 2019 à 21:32

Lors de sa première assemblée générale ordinaire, dimanche après-midi à l'université de Corti, Femu a Corsica a réaffirmé, dans une motion de politique générale votée à l’unanimité, ses principes fondateurs et sa stratégie, notamment pour les élections municipales. Le parti de Gilles Simeoni reste plus que jamais ancré sur sa volonté d’ouverture et de rassemblement dès le premier tour. Son secrétaire national, Jean-Félix Acquaviva, explique, à Corse Net Infos, que ce serait une faute politique de dévier de cette trajectoire. Pour lui, elle est la condition sine qua-non de la réussite tant électorale que politique.




Jean-Félix Acquaviva, député de la seconde circonscription de la Haute Corse et secrétaire national du parti Femu a Corsica.
Jean-Félix Acquaviva, député de la seconde circonscription de la Haute Corse et secrétaire national du parti Femu a Corsica.
- L’assemblée générale de Femu a été l’occasion de faire le bilan de la mandature. Est-ce une façon de préparer les prochaines élections municipales ?
- Les Municipales en 2020 et les Territoriales en 2021, les deux élections sont liées. Nous avons accédé aux responsabilités en 2015. Nous sommes aux deux tiers du mandat. Quatre ans, c’est peu, mais en même temps, il s’est passé beaucoup de choses, notamment la fusion des trois collectivités, le poids des héritages, pas reluisant au niveau financier, peu valorisé en ressources humaines, et catastrophique dans certains secteurs comme les transports ou les déchets. Malgré cela, nous avons réussi la remise en ordre des transports maritimes avec l’amorce de la création d’une compagnie régionale, la mise en place d’une politique de la montagne et d’une politique européenne, la relance des investissements… Il faut tenir le navire avant de pouvoir accélérer les transformations et d’arriver sur des plages plus sereines. La période 2015-2021 s’est caractérisée par une élection par an, ce qui ne sera pas le cas pour 2021-2026. Sur cette prochaine mandature, l’élection la plus importante localement sera les municipales de 2026.
 
- Pensez-vous que ce sera plus facile ?
- On passera d’une période de sauts d’obstacle électoral à une période charnière où nous aurons la capacité de transformer ce pays. Mais tout dépendra des élections. L’enjeu est d’accéder aux responsabilités au niveau des communes et des intercommunalités ou de s’allier à des démarches locales pour pouvoir aligner les politiques communales et intercommunales avec les politiques de la Collectivité de Corse et accélérer, ainsi, le processus de transformation. Dans cette logique, les Municipales, les Intercommunales qui en découlent, les Territoriales et même les Sénatoriales sont une même séquence où il est impératif de mobiliser les forces. Pour cela, nous avons réaffirmé, dans une motion, les principes qui sont l’ADN, la marque de fabrique de Femu a Corsica.
 
- Quels sont-ils ?
- C’est, d’abord, l’autonomie législative et règlementaire. C’est, ensuite, la démocratie comme moyen et comme objectif. De même, l’ouverture à la société corse, comme la démonstration a été faite avec la combinaison gagnante à Bastia en 2014. Il ne faut pas avoir peur, dans les démarches communales et intercommunales, d’ouvrir à d’autres forces humaines, à des personnes qui sont en capacité de venir avec nous sur des contrats clairs. C’est aussi l’éthique et la transparence dans la gestion des affaires publiques en rupture avec ce que l’on a pu connaître par le passé. C’est enfin le renouvellement des hommes. Nous mettons l’accent sur la formation des cadres qui prendront la relève après nous. Ces valeurs-là doivent se traduire dans la façon de conduire les Municipales. C’est pour cela que nous avons dit qu’elles n’étaient pas le plagiat des élections territoriales ou législatives.

- Concrètement, où en êtes-vous ?
- Des démarches sont, aujourd’hui, en cours de rassemblement ou se constituent. C’est le cas à Aiacciu autour de Jean-André Miniconi et de Danielle Antonini. A Bastia, la convergence est reconduite autour du maire sortant Pierre Savelli. A Portivechju, la démarche de rassemblement se fait autour de Don Mathieu Santini. C’est aussi le cas dans de nombreuses villes intermédiaires ou villages où nous avons beaucoup de militants en capacité, soit de participer directement aux responsabilités dans les communes et intercommunalités, soit de devenir maire. Nous continuons à mettre en œuvre notre volonté d’ouverture. C’est ce que nous avons appelé « passer du nationalisme au national », et que nous traduisons dans l’élection municipale, comme nous le traduirons évidemment dans les Territoriales de 2021.
 
- Par contre, vous n’avez, pour l’instant, pas réussi le moindre accord avec vos alliés de Pè a Corsica. N’y-a-t-il rien à l’horizon ?
- Ce n’est pas aussi clair que ça ! Il y a des endroits où le plagiat de l’étiquette Pè a Corsica avec des logiques de quota pour chaque parti - un tiers/un tiers/un tiers – ne convenait pas à l’esprit qui nous semblait être le bon pour cette élection, même si nous respectons le point de vue de nos partenaires. Il y aura, donc, un premier tour. Il y a d’autres endroits où la traduction de cette logique de rassemblement inclut l’ensemble des partenaires de Pè a Corsica, tout en allant au-delà. C’est le cas de Corti où, normalement, l’ensemble des forces de la majorité territoriale devrait se rassembler à d’autres. Certainement aussi en Balagne. Et là où cette logique de bon sens correspond à l’histoire du territoire et de l’élection municipale. Ce qui prouve bien que, dans la pratique, certains cadres militants des endroits en question donnent raison à notre façon de voir les choses. C’est pour cela qu’il faut être très précis et prudent. Il y a une cohésion d’ensemble à trouver et, en même temps, une histoire locale à respecter.
 
- Pourtant certains de vos partenaires ne décolèrent pas contre vous. Comment réagissez-vous ?
- Je ne sais pas s’ils ne décolèrent pas. Le président Simeoni a donné, lors du meeting du 29 juin à Bastia, une vision très claire du contrat Pè a Corsica qui est un contrat de majorité territoriale. Ce contrat n’incluait pas toutes les élections, sinon pourquoi nos partenaires se seraient-ils abstenus, comme ils l’ont fait aux Européennes alors qu’il y avait un militant candidat, en capacité d’être élu et qui l’a été ! Pourtant vu les dossiers européens, l’enjeu était important. Ils n’ont pas dit non plus qu’il fallait faire partout pour les Municipales des listes Pé a Corsica de manière uniforme avec des quotas unifiés. Aujourd’hui, les Corses ont compris quelle était notre position. Nos partenaires en ont une autre.
 
- Croyez-vous que les électeurs s’y retrouveront ?
- Oui ! Notre discours est clair. Il nous semble avoir été compris par les Corses et a servi de pilier à la réussite de Pè a Corsica en décembre 2017. Nous pensons très fortement que si de nombreux Corses ont rejoint la liste conduite par Gilles Simeoni, c’est parce qu’ils ont compris que nous étions sur un cheminement clair en termes d’autonomie, de démocratie, de transparence et d’éthique. La démarche d’ouverture et le fait de se tourner de plus en plus vers les Corses en termes de participation aux responsabilités sont essentiels pour réussir la transformation collective de ce pays. Cette matrice-là, nous la gardons comme un élément fondamental des réussites à-venir. Ce serait une faute politique de dévier de cette trajectoire.

- Reste la question du second tour. Comment l’appréhendez-vous ? Ne craigniez-vous pas les effets d’un non-accord ?
- Je crois qu’il y a, quand même, suffisamment de cohésion d’ensemble pour éviter cela. Aujourd’hui, il y a une logique de premier tour. Dans l’optique du rassemblement que nous prônons, il y aura des recherches de convergence au second tour. Ce serait complètement paradoxal de notre part de vouloir rassembler au premier tour et de ne pas aller plus loin au second. Cette démarche, toujours sur la base de contrat, de principes et d’objectifs, est claire pour nous. Ce sera le cas pour les Municipales comme cela a été le cas pour les Territoriales.
 
- Les tensions sur les Municipales ne risquent-elles pas de laisser des séquelles pour les Territoriales ?
- Aujourd’hui, nous sommes toujours, en ce qui nous concerne, dans une cohésion d’ensemble tout en poursuivant notre stratégie d’ouverture. Nous avons gagné en 2015 avec une convergence au second tour, en 2017 avec une convergence dès le premier tour. Ce sera au parti et au président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, - qui est le garant de la conduite de l’ensemble des opérations - de voir dans quelle configuration, nous nous placerons au premier tour en 2021, à l’aune de ce qu’il se passera aux Municipales. A l’aune aussi de notre façon de rassembler le plus de Corses possible autour de notre logique de recherche d’un statut d’autonomie pour notre île. Evidemment, nos partenaires seront notre premier niveau de discussion. Evidemment aussi, nous verrons si les choses évoluent avec d’autres forces politiques sur cette même logique d’autonomie, comme cela a pu être le cas dans le passé. C’est encore trop tôt pour le dire.
 
- Les relations avec le gouvernement ne s’arrangeant guère, la démarche d’autonomie n’est pas prête d’aboutir ?
- Il y a, en effet, peu de chance d’obtenir des résultats tangibles d’un point de vue législatif ou règlementaire de la part de l’Etat. Mais c’est aussi une période charnière pour le gouvernement qui est à mi-parcours de son mandat. Notre rôle sera de peser de tout notre poids à travers le parti Femu a Corsica, à travers le groupe parlementaire Libertés & Territoires, à travers même l’ensemble des députés dans le cadre de l’examen de la loi 3D – décentralisation, différenciation et déconcentration. Nous devons faire en sorte que l’examen de cette loi (prévue à la fin du printemps 2020) permette une mise en exergue des contradictions concernant la Corse et pourquoi pas d’arracher des pans de compétence. Ce n’est pas, pour l’instant, l’état d’esprit à Paris, surtout quand on voit le raidissement de l’Etat depuis la venue du président de la République le 4 avril à Cuzzà, les interpellations de ces quelques jours et l’appréhension de certains sujets, notamment le dernier en date.
 
- C’est-à-dire ?
- J’avais réussi à faire voter à l’unanimité, à l’Assemblée nationale, mon amendement sur le débroussaillage. En commission mixte paritaire, il s’est heurté au blocage de certains sénateurs sur le soi-disant et faux argument de non-respect du droit à la propriété. Le gouvernement voulant un compromis consensuel sur le projet de loi « Engagement et proximité », il l’a passé à la trappe. Cela prouve bien son raidissement sur les petits comme sur les grands sujets. Nous devons, donc, être forts sur le terrain et dans la société corse. Ce gouvernement est en proie à de nombreuses contradictions globales, que ce soit sur l’approche des retraites ou sur des hôpitaux. Sur ces questions sensibles, nous sommes en action, à côté des agents et des salariés. Nous avons la capacité de créer des solidarités à l’extérieur qui nous permettraient des évolutions à moyen terme.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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