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Imagerie médicale : Un PET Scan en Corse et de nouveaux scanners et IRM dans le Sartenais ?


Nicole Mari le Mercredi 28 Décembre 2022 à 21:07

La Corse manque cruellement d’imagerie médicale. L’implantation d’un PET Scan, mais aussi de scanner et d’IRM, notamment dans le Sartenais-Valinco, est-elle prévue dans le prochain projet régional de santé qui devrait débuter en 2024 ? C’est la question posée par Santa Duval au nom du groupe Un Soffiu Novu, lors de la dernière session de l’Assemblée de Corse. La Conseillère exécutive en charge du social et de la santé, Bianca Fazi, a expliqué qu’un travail est en cours avec l’ARS sur ces sujets au niveau du financement des équipements. Avec un problème de taille : pallier l’absence préoccupante de radiologues.



Imagerie médicale : Un PET Scan en Corse et de nouveaux scanners et IRM dans le Sartenais ?
La Corse ne compte aucun PET Scan, alors que le cancer est la première cause de mortalité dans l’île. Cet équipement médical, qui est une unité de Tomoscintigraphie par émission de Positon, permet de mesurer avec précision l’évolution des tumeurs cancéreuses. En France, la moyenne nationale est d’une unité pour moins de 400 000 habitants. Les déplacements médicaux des patients corses vers les unités du continent, principalement en Région Sud, ex-région PACA, sont estimés à 8000 par an. C’est dire si le besoin est prégnant et si l’implantation d’un PET Scan est devenue une nécessité, relayée par tous, y compris par l’Agence régionale de Santé (ARS).
 
Le PET Scan, une priorité
Lors de la session des 20 et 21 décembre de l’Assemblée de Corse, Santa Duval, élue du groupe d’opposition Un Soffiu Novu, a interpellé l’Exécutif de la Collectivité de Corse pour savoir si l'imagerie médicale serait une priorité dans le prochain Projet régional de santé (PRS) qui portera sur la période 2024-2029. L’actuel devant prendre fin en 2023, l’Assemblée de Corse doit se prononcer pour avis sur son actualisation quinquennale. « J’imagine que l’ARS va rentrer dans une phase d’élaboration et d’actualisation, et qu’un avis devra être rendu par la représentation territoriale dans l’année en cours. En amont, je souhaiterais recueillir votre position sur les besoins et les priorités de l’imagerie médicale ». Et l’élue d’indiquer que « l’implantation d’un PET Scan, assorti d’un cyclotron, fait l’unanimité et permettrait d’éviter bon nombre d’aller-retours sur le continent, surtout qu’il s’agit de malades suivis en oncologie et donc fragilisés, et que son financement pourrait être compensé par ces non-déplacements sur le continent. L’ARS, en l’ayant introduit dans le PRS, reconnaît que c’est effectivement la priorité. Maintenons le cap ! ».

Santa Duval. Photo Michel Luccioni.
Santa Duval. Photo Michel Luccioni.
Une IRM à Sartè ?
La conseillère territoriale, également conseillère municipale de Pruprià et communautaire, interroge également l’Exécutif sur le maillage en imagerie, notamment l’absence de scanner et d’IRM dans sa région du Sartenais-Valinco et, par extension, de l’Alta Rocca et du Taravu. « Le PRS s’est avéré fructueux en termes de résultats par rapport à ses objectifs puisqu’il était question de réduire les délais d’attente, mais aussi de trajets en deça de 45 minutes par l’implantation de centres d’imagerie dans les principaux bassins de population. Outre Bastia, Ajaccio et Porto-Vecchio qui en disposaient déjà, en cinq ans, Calvi, la Plaine Orientale et, depuis peu, l’hôpital de Corte ont été dotés de scanner et/ou d’IRM. A ce jour, seul le Sartenais-Valinco reste en retrait de ce maillage alors que le bassin de vie dépasse 20 000 habitants qui doivent forcément aller à Ajaccio ou à Porto-Vecchio pour bénéficier d’un dispositif d’imagerie ». Elle demande, donc, à l’Exécutif corse s’il est disposé à « soutenir une implantation dans la microrégion et à l’ériger comme une priorité, à l’occasion de l’avis à rendre sur le PRS, qui permettrait de finaliser le maillage géographique en imagerie médicale de la Corse ».

Un objectif partagé
Comme elle l’a fait à plusieurs reprises devant l’Assemblée de Corse, la conseillère exécutive en charge du social et de la santé, Bianca Fazi, réaffirme que l’implantation d’un TEP Scan assorti d’un cyclotron est une priorité pour l’Exécutif territorial dans le prochain Projet régional de santé. Tout en précisant que « Les travaux d’élaboration du PRS 2024-2029 n’ont pas encore débuté avec l’ARS, mais la Collectivité de Corse y sera associée afin de contribuer à la mise en place d’une politique de santé plus adaptée aux besoins de la Corse et des Corses », elle revient sur la motion déposée par la Présidente de la Commission Santé, Danièle Antonini, en septembre 2019, adoptée à l’unanimité et relayée à Paris par les parlementaires insulaires : « La ministre de la Santé de l’époque avait convenu que l’implantation d’un TEP Scan en Corse était un objectif partagé, mais la crise sanitaire a suspendu les échanges avec le ministère. Ils ont repris récemment. La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) travaille actuellement sur ce dossier afin que ce budget important – 10 millions € - ne vienne pas compromettre d’autres projets tout aussi nécessaires pour notre île et qui seront portés dans le cadre du PRS ». Avant de prévenir : « Le Ségur Investissement a notamment été consacré en priorité à la cancérologie d’Aiacciu et le transfert du service de cancérologie sur le nouvel hôpital ainsi que sur le projet du centre hospitalier de Bastia. Un équilibre financier doit donc être trouvé, notamment en faveur de l’imagerie médicale ».

Bianca Fazi. Photo Michel Luccioni.
Bianca Fazi. Photo Michel Luccioni.
Un bon taux de couverture
Concernant le maillage en imagerie et l’absence de scanner/IRM sur le territoire de l’Alta Rocca -Taravu, Bianca Fazi renvoie également à une motion déposée en mars 2021, à la suite de laquelle l’ARS a communiqué des éléments de perspectives et de contexte. « Le PRS 2018-2023 prévoyait l’implantation de deux nouveaux scanners dans le cadre d’activités de soins spécifiques « urgences » et « cancérologie » au sein d’établissements de santé autorisés. Deux ont été autorisés : l’un à la polyclinique de Furiani, l’autre au Centre hospitalier de Corti-Tattò. A ce jour, la Corse dispose donc de neuf scanners : trois dans le Pumonte, six dans le Cismonte, ce qui représente, selon l’ARS, un bon taux de couverture ». Toutefois, reconnaît-elle, dans une île montagneuse, « les distances se comptent en temps et non en kilomètres. Ce qui porte le Sartenais Valincu à 1h30 de route du premier équipement ». Et de déclarer à l’élue du Valinco : « Je suis d’accord avec vous, le PRS prévoyait de réduire la durée de trajet à 45 minutes ».
 
Un manque de radiologues !
Le problème, explique-t-elle, est le manque « préoccupant » de radiologues dans l’île : « La Corse compte 37 radiologues dont la moyenne d’âge est de 57,8 ans ! Cela est confirmé par l’inégalité des modes d’exercice. Depuis le 18 avril dernier, le Centre hospitalier d’Aiacciu ne compte plus de praticien hospitalier de radiologie en titre. Le Centre hospitalier de Bastia compte un seul praticien hospitalier à temps partiel polyvalent, les deux autres praticiens à temps partiel n’intervenant que sur la radiologie conventionnelle et échographie. Le Centre hospitalier de Calvi-Balagne n’a pas pu recruter de médecin radiologue ». Face à ces constats, elle informe « qu’en appui à notre demande », l’ARS a lancé un appel à projets, actuellement en cours de publication et qui s’achève le 31 décembre pour la mise en place d’un Plateau mutualisé d’Imagerie. « Ce plateau permet des interventions croisées public/privé et la possibilité pour les médecins publics de bénéficier d'une tarification privée ». Ce qui laisse espérer, estime-t-elle, « qu’un porteur de projet déposera rapidement un dossier sur ce territoire, et, comme l’écrit l’ARS « l’implantation d’un Scanner au centre hospitalier de Sartè pourra alors être envisagée dans le cadre de cette collaboration médicale ». Au besoin, si la Collectivité de Corse est sollicitée, nous pourrons soutenir ce projet, comme nous l’avons fait pour le scanner de Corti, via par exemple, le Comité de massif ».

Un projet de santé
Toutefois, au-delà de ces équipements nécessaires qui permettent un traitement de proximité, Bianca Fazi réaffirme que l’Exécutif nationaliste veut surtout construire un projet de santé pour la Corse. « Notre action dans ce domaine se décline en trois axes : lutter contre les déserts médicaux, passer d’une logique de prévention à une logique de promotion de la santé, en agissant dès le plus jeune âge, travailler à la trajectoire d’un Centre hospitalier régional et universitaire (CHR-U) de Corse ». A ce sujet, elle évoque les travaux menés par la Collectivité de Corse avec les acteurs concernés, les médecins, les établissements de santé et l’Université pour poser les bases du futur CHR-U de Corse. « L’Université, aura un rôle déterminant dans ce projet. Nous voulons permettre le renouvellement des générations des professionnels de santé, en investissant, dès maintenant, dans notre jeunesse, et ainsi, permettre la formation de nouveaux médecins, mais également, de paramédicaux, car le modèle de santé actuel, aujourd’hui à bout de souffle, en a fortement besoin. C’est aussi dans ce sens que nous travaillons ».
 
N.M.














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