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Festival du cinéma italien de Bastia : les courts-métrages aussi


Philippe Jammes le Vendredi 10 Février 2023 à 16:10

À l’occasion de cette 35e édition, qui s'achève ce samedi, les organisateurs du Festival italien de Bastia ont décidé de créer une nouvelle section dédiée aux courts-métrages. Quatre étaient programmés durant cette semaine.



Le réalisateur italien Adriano Giotti
Le réalisateur italien Adriano Giotti

Pour cette nouvelle section, carte blanche a été donnée à deux spécialistes du genre, en l’occurrence Alix Ferraris, créateur et directeur artistique des « Nuits MED » et Manuela Rima de la Rai Cinéma Channel. « 
"Cette section non compétitive a pour objet de mettre en valeur et de faire découvrir au public corse de jeunes cinéastes italiens au talent prometteur " souligne Jean-Baptiste Croce, président du Festival.
Quatre courts-métrages récents et inédits à Bastia ont été sélectionnés : Il barbiere complottista de Valerio Ferrara, Klod de Giuseppe Marco Albano, U Scantu de Daniele Saruci et Tik tok star d’Adriano Giotti.



Adriano Giotti, le réalisateur de Tik Tok star était présent à Bastia. Une ville qu’il connaît puisqu’en 2015, il y présentait son court-métrage « Piume » dans le cadre des Nuits Med.
Adriano Giotti a réalisé des courts métrages qui ont reçu plusieurs prix en Italie et à l'étranger, en particulier Mostri qui a été nominé pour le David di Donatello et son dernier court métrage Esseri di Stelle produit par Rai Cinema. Son premier long métrage Sex Cowboys a remporté le prix du meilleur film italien au RIFF - Festival du film indépendant de Rome, et a d'abord été distribué au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie, en Corée-du-Sud puis en Italie.
 
 

- Adriano Giotti, le thème de ce court-métrage projeté à Bastia ?
- Ma compagne avait travaillé en prison dans le cadre de théâtrothérapie et m’avait fait part de son expérience à cette occasion. Elle m’a parlé des détenus. Je me suis alors posé la question de savoir comment vivaient les familles de ces détenus. Dans les films on évoque très souvent les conditions des détenus, leur vie, mais on ne parle jamais de leurs familles. J’ai donc voulu faire un film sur ce thème.


- Personnage central, sa fille ?
- Oui. Je mets en avant le contraste qu’il y a entre le père qui communique de façon très ancienne, par la force des choses, par courrier et la gamine qui use de son téléphone à longueur de journée notamment sur les réseaux sociaux. Elle vit dans un autre monde, moderne, lui dans la réalité. Dans le film on la voit répéter une danse et on pense que c’est pour poster sur les réseaux. Or cette chorégraphie c’est pour son père en fait.


- Beaucoup de courts-métrages, mais peu de longs métrages réalisés. C'est un choix ?
- J’ai très envie de réaliser des longs métrages, mais c’est difficile. J’ai 4 histoires, 4 projets qui n’ont pu aboutir. En Italie, si vous proposez une comédie, ça marche, si vous voulez produire autre chose, il vous faut de l’argent. J’ai quand même un projet de long métrage sur un fait divers en Italie.