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Erosion du littoral : L’Assemblée de Corse se penche sur les moyens d’arrêter l’hémorragie


Nicole Mari le Jeudi 19 Décembre 2019 à 23:59

Comment gérer la problématique de l’érosion du littoral corse et répondre à l’appel au secours récurrent des communes de la Plaine Orientale et des professionnels du tourisme qui ne savent plus à quel saint se vouer ? C’est l’objet du rapport voté à l’unanimité, jeudi soir, par l’Assemblée de Corse qui propose d’élaborer une stratégie territoriale de gestion intégrée du trait de côte et de la décliner de manière locale. L’opposition a rappelé qu’il y a urgence à agir et a exhorté l’Exécutif à ne pas décevoir les attentes par de simples effets d’annonce.




Erosion du littoral : L’Assemblée de Corse se penche sur les moyens d’arrêter l’hémorragie
« L’Etat nous a abandonné dans ce domaine ! ». Le constat désabusé, lâché par Antoine Poli, conseiller territorial du groupe Andà per Dumane et président de la Communauté de communes de Castagniccia-Casinca, résume le désarroi des maires face à la problématique de l’érosion des côtes orientales corses que les dernières tempêtes ont rendues plus préoccupante que jamais. Pourtant l’inquiétude est ancienne et les appels au secours récurrents tant en direction des services de l’Etat que de la Collectivité territoriales, comme en témoignent les nombreuses questions orales posées depuis 2009 à l’Assemblée de Corse, et, toutes, restées lettre morte. Tout comme les grandes messes étatiques sur le sujet, les visites ministérielles ou parlementaires sur le terrain pour constater les dégâts, les études qui se succèdent et leurs préconisations plus ou moins controversées, ou encore la tentative de création d’un syndicat mixte en Plaine Orientale en 2014… Toutes ont sombré, lestées de bonnes intentions, sous l’assaut des vagues et reculé, comme le trait de côte, sous la complexité du problème et la difficulté, tant technique que financière, à faire émerger des solutions. L’Etat, bon prince, s’en est lavé les mains, estimant qu’on ne peut rien contre l’inéluctable, laissant les communes littorales, les professionnels du tourisme balnéaire et les populations impactées, livrer, seuls, un combat désespéré pour tenter d’endiguer la fureur des éléments, catalysés par le changement climatique.
 

François Sargentini. Photo Michel Luccioni.
François Sargentini. Photo Michel Luccioni.
Une stratégie intégrée
Face à l’urgence et à l’instar d’autres régions françaises, l’Exécutif corse a décidé de prendre à bras le corps cette question très complexe et de se donner les moyens d’agir. « Le linéaire côtier corse est une priorité en termes de développement durable et présente un intérêt économique majeur car il participe de manière importante à la forte attractivité de notre territoire. Sur le plan environnemental, il abrite une grande richesse faunistique et floristique principalement dans les zones humides, les étangs côtiers et les espaces dunaires » pose, en préambule, François Sargentini. S’appuyant sur les analyses des phénomènes d'érosion côtière déjà effectuées, le conseiller exécutif et président de l’Office de l’environnement (OEC) estime qu’il est désormais « urgent et primordial d’envisager une gouvernance dans ce domaine afin de prendre des décisions qui engageront les porteurs de projets sur le moyen et le long terme ». L’idée est de coordonner une démarche en y associant tous les acteurs du territoire. « En définissant les grandes orientations et en proposant une méthodologie pour l’élaboration d’une Stratégie territoriale de gestion intégrée du trait de côte, nous structurons une démarche pour répondre à une attente forte du territoire afin de remédier aux initiatives qui ont avorté. Nous préparons aussi l’avenir pour être opérationnel et prétendre aux dispositifs d’aides dans le cadre des orientations du prochain PO FEDER, mais également du CPER ou de l’Agence de l’Eau dans le cadre du Plan de bassin ».
 
Une gouvernance territoriale
La stratégie part d’un constat simple : éviter que chaque commune ne prenne des décisions concernant sa propre plage, décisions qui pourraient avoir un impact négatif et des dommages collatéraux très importants sur l’ensemble du linéaire côtier. « Nous proposons des grandes orientations et une méthode afin de mettre en place une stratégie territoriale, de la décliner ensuite à l’échelle locale avec un accompagnement en termes d’ingénierie technique et financière », précise François Sargentini. S’inspirant de la stratégie édictée au niveau national, elle définit un programme d’action décliné sur 8 axes majeurs : « Des grands principes et des recommandations de gestion liés à la spécificité de notre territoire sont préconisés en fonction de la hiérarchisation des différents enjeux. Des recommandations sont faites en fonction des typologies d’espaces littoraux et des modes de gestion qui pourront être recommandés ou compatibles pour ces espaces ». L’OEC, qui servira de chef d’orchestre,  s’occupera de rédiger les cahiers des charges, d’organiser le phasage territorial des opérations et de coordonner le travail des différents acteurs. « L’ensemble de la démarche requiert la constitution d’un comité de pilotage et d’un groupe de travail pour confronter les analyses techniques et structurer les cahiers des charges des actions et le montage financier. Ceci permettra de garantir la transition vers la phase locale en y intégrant également un conseil aux collectivités qui porteront les projets ».
 
Des actions dès 2020
Un certain nombre d’actions sont déjà programmées pour l’année 2020. Il s’agira, en priorité, de cartographier des zones côtières en fonction des typologies définies et d’actualiser le diagnostic concernant les évolutions du trait de côte. Egalement, d’améliorer les connaissances sur les falaises rocheuses côtières pour déceler d’éventuelles menaces sur les voies de circulation, les infrastructures ou les bâtiments. Enfin, de définir le trait de côte de référence. Dans un second temps, la cartographie sera précisée en fonction de la détermination de l’aléa pour cibler les secteurs prioritaires et décliner les différents axes de la Stratégie territoriale auprès des communes et intercommunalités. « Les diverses propositions opérationnelles, qui émergeront, devront permettre à chacun de contribuer à la mise en œuvre de solutions pérennes, afin de traiter de manière efficace et coordonnée cette problématique tout en respectant le rôle et les obligations assignées à l’ensemble des acteurs », conclut François Sargentini.
 
Une forte attente
Si le rapport présenté et la prise en main par l’Exécutif territorial font l’unanimité sur tous les bancs de l’hémicycle, les maires concernés et échaudés, la plupart dans l’opposition, restent prudents. « C’est un rapport de bonne facture sur un succès complexe, la réussite du plan dépendra des mesures prises à l’échelle globale », commente Marie-Thérèse Mariotti, élue du groupe Per L’Avvene et maire de Taglio-Isolaccio. Mais, explique-t-elle, il manque un certain nombre de données telle que la problématique des fleuves, la continuité sédimentaire, et surtout la submersion marine qui risque de devenir une réalité et pourrait amener à des décisions drastiques...

Changement climatique, submersion, fleuves qui débordent, plages qui s’amenuisent… Les maires des communes littorales impactées expliquent, d’une seule voix, qu’il faut agir très vite, que rien ne serait plus décevant pour les professionnels du tourisme que des effets d’annonce sans lendemain. Les attentes des acteurs sont très fortes, il ne faudra pas les décevoir. Affaire à suivre…
 
N.M.
 




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