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Don d’organes en Corse : « mon fils a sauvé 4 vies »


Livia Santana le Mercredi 22 Juin 2022 à 20:23

Ce mercredi 22 juin 2022, à l’occasion de la journée nationale du don d’organes, l’hôpital de Bastia a installé un lieu de mémoire pour les donneurs. Chaque année sur l’île, où 68 Corses sont dans l’attente d’une greffe, une vingtaine de personnes, décédées, sont prélevées…



Le mémorial des donneurs d'organes installé devant l'hôpital de Bastia ce jeudi 22 juin
Le mémorial des donneurs d'organes installé devant l'hôpital de Bastia ce jeudi 22 juin
Marie-France Luciani un ruban bleu à la main, s’approche avec beaucoup d’émotion de la nouvelle sculpture érigée près de l’entrée de l’hôpital de Bastia. En accrochant le bout de tissu en la mémoire de son fils sur la structure métallique, elle ne peut s’empêcher de verser une larme. Dix ans, après le décès d’André dans un terrible accident de la route, la plaie est toujours ouverte et l’émotion encore vive. « Cette sculpture symbolise la vie », souligne Marie-France Luciani qui, à la suite du décès de son fils, a créé l’Associu André Luciani pour sensibiliser les Corses au don d’organes. S’il était important pour elle de se rendre à cette cérémonie d’hommage ce jeudi 22 juin, journée nationale du don d’organes, c’est parce qu’en 2012, son fils était donneur. « André a pu sauver 4 vies, je sais qu’elles sont vivantes grâce à lui », confie-t-elle très émue.

Sensibiliser les gens au don d’organe et apprendre à ouvrir la discussion en famille, c’est le message qu’ont tenu à faire passer les infirmières coordinatrices du prélèvement d’organes et de tissus de l’hôpital de Bastia et d’Ajaccio. « Généralement, quand la question du don d’organes se pose, c’est que la mort est brutale. La famille endeuillée n’est jamais vraiment préparée à accueillir cette question. C’est pour ça qu’il est important d’en parler en amont pour éviter des situations compliquées et soulager tout le monde », explique Sandrine Beneteau, infirmière coordinatrice du prélèvement d’organes et de tissus de l’hôpital de Bastia. Il faut savoir que lorsqu’il est possible de le faire, le consentement au don d’organes est présumé depuis une loi de 1976. Toutefois, en cas de refus, il est possible de le déclarer sur le registre national.
Sur le territoire national, 37% de personnes ont exprimé ce refus. Il en est de même en Corse. « Parfois des proches ne sont pas au courant de la décision du défunt, mais refusent alors on essaie de les faire réfléchir en expliquant la finalité du don, celle de guérir. Souvent la crainte est celle du morcellement du corps, mais on explique que cela ne se verra pas, qu’on peut très bien veiller une personne qui a été prélevée. Si après cela la famille ne veut toujours pas, même s’il n’y avait pas de refus du défunt on ne l’effectue pas, nous restons des soignants, on ne va pas aller à l’encontre de cette décision », explique Cécile Capelli, infirmière coordinatrice à la Miséricorde.

Qui peut donner ses organes ?

Au niveau national, 5 276 greffes d’organes ont été réalisées.
Chaque année en Corse, une vingtaine de donneurs sont prélevés après leur décès. Si ce nombre est aussi faible c’est parce que les conditions pour le faire sont extrêmement restreintes.
Il existe deux types de donneurs : ceux d’organes où sont relevables les reins, le cœur, les poumons, le foie ou le pancréas. Pour cela, la personne doit être en état de mort encéphalique (Ndlr ; plus communément appelée mort cérébrale), ou en arrêt cardio-respiratoire avec des dégâts importants sur le cerveau. Ces morts surviennent habituellement après un traumatisme crânien grave, une chute, une plaie par balle dans la tête, une noyade, une pendaison…
« Nous avons à l’hôpital de Bastia environ 20 à 25 morts encéphaliques par an, cela représente un pour cent des décès. Sur ces morts, nous avons seulement 8 à 10 donneurs », détaille Sandrine Beneteau. En effet, parfois les organes des donneurs potentiels ne sont pas en état d’être greffés à cause mauvaises analyses mais, les soignants se heurtent également au refus.

Il existe un autre type de donneurs, ceux de tissus soit les cornées, des parties de l’intestin, les os, les artères et les tendons. Là, une mort classique où le cœur s’arrête, permet de donner également.

Pour rappel, en Corse, 68 patients sont en attente d’une greffe soit 2 pour un cœur, un pour un poumon, 9 pour un foie, 1 pour un pancréas et 55 pour un rein. 

Don d’organes en Corse : « mon fils a sauvé 4 vies »

















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