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Découvrez "Maladettu" de Jean-Louis Alessandri


Rédigé par le Samedi 31 Mai 2014 à 18:21 | Modifié le Mercredi 21 Décembre 2016 - 08:04


Originaire du Nebbiu, Jean-Louis Alessandri est titulaire d’un DEA en Histoire Britannique. Ancien professeur d'histoire en Angleterre, il est aujourd’hui professeur d'Anglais dans ce que l’on appelle une zone sensible en région Parisienne. Depuis toujours passionné pour l'Histoire de sa région. Son expérience de chercheur en Histoire lui a permis de fouiller dans les profondeurs de la période traitée .Il n'a pas voulu qu’il en résulte un Livre d’Histoire. "D’autres s’y sont attelés bien mieux que moi" précise t-il. "Je voulais juste raconter une histoire dans l’Histoire. Au départ une vague idée s'est changée en projet concret. Puis de stylo en clavier, il est devenu un livre". "Maladettu" (Maudit) que nous vous proposons de découvrir à partir d'aujourd'hui…


Mai 1768, la France vient de signer le Traité de Versailles avec la République de Gènes. Pour la Corse, petite île de Méditerranée libre et souveraine, en lutte depuis trente neuf ans contre Gènes, c’est l’annonce d’une guerre sans merci contre l’armée la plus puissante d’Europe.
Dans un village de Castagniccia, le Général des armées nationales, Ghjuvan Carlu Saliceti se rend à Corte afin de répondre à l'appel du Généralissime Pascal Paoli, guide de la Nation indépendante. Il laisse à Petru, le curé du village le soin d'organiser la défense du hameau. Celui-ci désigne Paulu et quelques autres jeunes hommes comme gardes de nuit. C'est à ce moment qu'arrive dans le village Anghjulu, un métayer de La Porta. Il est orphelin de père depuis peu, et a pour charge, de se rendre à Cort et d'y rencontrer son oncle Francescu Petriniani…

U Vicinatu- Salgettu, le 18 Mai 1768, le matin.

Le soleil se levait sur un petit village de montagne où la vie reprenait doucement son cours. La nuit avait été fraîche pour la saison. L’altitude avait pour avantage de rendre la chaleur moins insoutenable en apportant toujours un léger vent. Cependant, elle pouvait aussi rendre la nuit difficilement supportable pour ceux qui ne pouvaient se prévaloir d’un bon feu ou d’épaisses couvertures de laine.  La vallée s’ouvrant au couchant faisait que le soleil ne s’y montrait que tard dans la matinée, voire, jamais en hiver. Néanmoins, comme les habitants aimaient le dire, lorsqu’il y paraissait, il s’y plaisait tellement qu’il n’en repartait jamais. Cet adage, annoncé par les anciens, venait de ce que, jusque tard le soir, le soleil pouvait se voir haut dans le ciel en regardant vers la mer. La particularité du hameau résidait en son église. Elle était construite à cheval sur une rivière appelée « U Saligitincu ». L’édifice religieux était donc enceint entre une rivière que surplombait un rocher fortifiable d’où l’on voyait très clairement A Torra, la demeure des seigneurs locaux les  Saliceti, et des maisons bourgeoises en pierre. Le village avait dans sa mémoire des razzias commises par des pirates qui remontaient U Fiumaltu jusqu’au col de Pratu.  Le petit bourg se targuait d’une bonne réputation dans la région car il avait vu naître Paulufrancescu Giovannoni qui n’était rien moins que l’oncle de Ghjacintu Paoli le père du Babbu di a Patria. La petite distance qui séparait Vicinatu Salgettu de Merusaglia faisait de celui-ci un passage obligé pour les voyageurs se rendant de Corte, la capitale, à Castellu di Rustinu. 

 

Alors que le faible soleil du matin reprenait  ses droits et que ses rayons réchauffaient à peine les murs de l’église, une porte en bois d’une petite maison attenante  au transept nord de l’édifice religieux s’ouvrit dans un léger grincement. Une silhouette portant une aube en sortit. Elle était chaussée de souliers de cuir simples, mais suffisamment bien confectionnés pour lui permettre de parcourir les distances nécessaires à la confession des âmes égarées et à l’administration des sacrements relatifs à sa charge. Ecclésiastique animé d’une grande foi, le père Petru abhorrait l’hypocrisie et considérait qu’un bon  Chrétien se devait de toujours suivre la voie tracée par le Christ et ne jamais s’en départir. Il avait choisi le clergé pour sa grande volonté d’aider son prochain. Il avait refusé de quitter ce village qu’il avait appris à aimer après être venu de Bastia il y avait maintenant presque trente ans. Petru avait 52 ans…À cette pensée, il eut un frisson car il comprit alors qu’il ne lui restait peut-être pas beaucoup de temps sur cette terre avant de pouvoir accomplir son « œuvre » : la rédemption et s’assurer que ses paroissiens suivent le droit chemin. Cependant il avait su tirer aussi des bénéfices de sa position. Son embonpoint trahissait une aisance à laquelle, seuls le clergé et les bourgeois, pouvaient prétendre. Vicinatu-Salgettu avait revêtu une importance économique dans la micro région. En effet, les paysans produisaient depuis toujours de l’huile d’olive et un ou deux élevages de brebis permettaient de vendre de la laine aux négociants génois. Puis, Petru et la famille des Saliceti, d’un commun accord, avaient décidé de faire foisonner cette activité en organisant tout d’abord un petit marché aux olives. Au vu du succès de celui-ci, ils décidèrent d’en faire une grande foire annuelle rapportant quelque deux mil lires génoises  à chaque fois. À cela se rajoutait un marché prospère hebdomadaire qui faisait tomber dans l’escarcelle du village, via les taxes, cent cinquante lires génoises. 

 

Petru se dirigeait vers la porte de l’Eglise pour l’ouvrir lorsqu’une main se posa sur son épaule. Le prêtre se retourna et il vit tout d’abord que l’annulaire portait une bague en or ornée d’un bras tenant une épée. Petru reconnu immédiatement celle-ci. Cette bague aux armoiries des Paoli avait été donnée par Pasquale Paoli lui-même à Ghjuvan Carlu Saliceti, commandant des armées de la Nation Corse. Le prêtre leva les yeux et vit le visage qu’il connaissait bien. Celui-ci portait les stigmates d’une vie passée à la guerre, les yeux avaient perdu de leur superbe et étaient moins perçants qu’auparavant.  La stature de l’homme était cependant toujours aussi imposante et l’on pouvait voir qu’il était encore solide et impressionnant. Ses cheveux avaient certes blanchi, mais il n’en restait pas moins alerte.  Ghjuvan Carlu Saliceti avait été nommé capitaine du Real Corso en 1739. Il avait déjà à son actif de nombreux faits d’armes dont l’un des plus remarquables fut la prise de la tour de  A Mortella en 1760. Cependant, il ne s’était vraiment jamais remis de sa blessure reçue à la bataille de Furiani en 1763. Elle l’avait laissé taciturne. Il avait même envisagé de déposer les armes et de rejoindre son village natal afin d’y finir ses jours paisiblement. Au fait des enjeux politiques que sa terre provoquait, il était conscient de la gravité de la situation. Certes il avait signé une lettre avec dix-sept chefs corses influents du moment qu’il avait remise en mains propres au Marquis de Cursay, l’émissaire de Louis XV. Cette lettre stipulait que la Nation Corse ne se soumettrait plus à Gènes mais qu’elle se soumettait à la France sans réserve. C’était   en 1739.  Depuis Pasquale Paoli avait repris la lutte et la Nation Corse, maintenant indépendante, se devait de se défendre. Elle jouissait d’une monnaie, d’une marine, d’une agriculture rénovée et surtout d’une presse libre, fait rarissime dans une Europe absolutiste. C’est pour cela que lorsque Pasquale Paoli l’avait nommé chef des « Naziunali » il n’avait pu refuser. 

 

Petru rompit le silence:

 

- Par tous les Saints, Monseigneur, Vous m’avez joué un vilain tour !

 

 -Vous m’en voyez désolé mon Père, mais l’heure est grave. J’aimerais m’entretenir avec vous, discrètement. Je pense que l’abri de votre lieu Saint serait idéal. 

 

Petru ouvrit la porte de l’Eglise, fit place à son Seigneur et rentra derrière lui avant de refermer la lourde porte en châtaigner. La fraîcheur de l’église les saisit un instant et tous deux frissonnèrent. L’odeur de la pierre pénétrait les sens. Les deux hommes se trouvaient maintenant à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Le Podestat Saliceti, savait, que par sa position, il était épié par des espions Génois au service du Roi de France. Il devait être sur ses gardes constamment et ce qu’il avait à annoncer au prêtre devait être fait le plus discrètement possible. Celui-ci fronçait les sourcils et le regardait d’un air interrogateur. Il semblait être dans l’expectative d’une grande nouvelle sans savoir cependant ce que le Podestat lui annoncerait. Il interrogea Ghjuvan Carlu.

 

- Que puis-je pour vous ?  

 

-Tout et rien en même temps. 

 

- Je ne comprends pas… 

 

Le notable semblait inquiet et Petru remarquait, maintenant qu’il lui faisait face, qu’il portait son uniforme et qu’une épée pendait à son côté. 

 

- Certaines nouvelles sont parvenues à Corté qui ne laissent rien présager de bon. 

 

Il s’arrêta un temps puis Ghjuvan Carlu continua ses propos :

 

« Il semblerait qu’une invasion Française se profile pour bientôt. D’après ce que nous avons appris le roi Louis XV a signé un traité à Versailles avec Gênes. La République en a appelé à la France pour reconquérir l’île. 

 

Il marqua une nouvelle pause. Puis il reprit :

 

«  La France jouira pleinement de La Corse si Gênes ne peut rembourser les frais de l’occupation. Au cas où la République le pourrait, elle redeviendrait souveraine dans l’île après que la France en a repris le contrôle en son nom. 

 

- Comment l’avez-vous su ?

 

- Un Colonel du Royal Corse dénommé Matteu Buttafoco en a lui-même informé le Généralissime. Il était, jusqu’à très récemment, l’intermédiaire de la Nation entre les Français et Monsieur de Paoli.

 

Petru ne pouvait concevoir le jeu politique. Sa vie au service de Dieu l’avait écarté de tout ceci, malheureusement, la réalité du monde et des enjeux diplomatiques le rattrapaient. Dans un moment de doute il demanda :

 

- Mais Gênes ne détient plus que six villes en Corse. Même Bastia est repassée sous contrôle Français, Paoli a bâti Ile Rousse pour contrer Calvi restée fidèle aux Génois, Saint Florent dans le Nebbiu est aux mains des Français…Le reste de l’île nous appartient, nous avons vécu souverainement depuis quinze ans. De quel droit sommes-nous vendus de la sorte par une République à qui nous n’appartenons plus ?  

 

- Tout d’abord, le gouvernement de Paoli est considéré comme rebelle par les Génois. De plus, la France a perdu le Canada…La Méditerranée semble être un bon palliatif…  Les 200 000 livres prêtées par la France à la République devront être remboursées d’une manière ou d’une autre. 

 

Il interrompit son discours et regardait le prêtre. Celui-ci semblait enfin comprendre les enjeux politiques qui étaient en train de se jouer sur sa terre. Puis Saliceti reprit:

 

« Un messager est arrivé de Corté hier soir, je dois m’y rendre avec vingt miliciens de la  Piève  afin d’apporter mon soutien à Monsieur de Paoli au cas où une entente diplomatique avec la France ne pourrait avoir lieu.  Je pars sur le champ. Je vous laisse le soin d’organiser, en mon nom, la défense du village avec quelques hommes que je laisse ici, on ne sait jamais. Vous me rendrez compte par voix de messager ce qu’il en retourne, je vous en saurais gré…Puis d’un air coupable il ajouta « mon père ».

 

Ils sortirent de l’église et Ghjuvan Carlu libéra les rênes de  son cheval de l’arbre auquel il l’avait auparavant attaché. Il monta la bête et  fit claquer sa langue. La monture réagit et se mit au pas jusqu’à la limite du parvis, puis le militaire donna un coup de talon dans le flanc de l’animal et il se mit à trotter de plus en plus vite jusqu’à disparaître au galop par le chemin de muletier qui descendait du village vers la plaine. Le prêtre resta seul à le regarder s’éloigner sans avoir complètement réalisé les dangers qui s’annonçaient.  

 

Le soleil était maintenant plus haut dans le ciel. Les rayons illuminaient la place et le visage du prêtre était paré d’une couleur dorée. Il n’avait pas encore pris conscience de la tâche qui lui incombait. Il était devenu en l’espace de cinq minutes responsable d’un bourg et des cinquante âmes qui y vivaient. Il ne pouvait concevoir que tout ce qu’il avait eu tant de mal à créer était maintenant menacé par la cupidité d’un roi étranger qui n’avait jamais mis un pied sur cette terre qu’il aimait tant. 

 

Derrière lui la fontaine semblait aujourd’hui déverser  des milliers de larmes, comme si la nature demandait à l’homme de recouvrer la raison. 

 

Un seau en bois fit un bruit sourd lorsqu’il rentra en contact avec le sol. Petru se retourna et vit une jeune fille de dix ans le reprendre après avoir ajusté sur le sommet de sa tête un foulard rouge.  

Elle s’apprêtait maintenant à le poser dessus. 

Petru l’interpella :

 

- Saveria, demande à ton père de réunir tout le monde dans l’église dans une heure…Je dois leur parler.

 

- Oui, mon père. 

 

Elle ajusta son seau et se dirigea vers sa maison. 

 

Petru rejoignit le presbytère. Lorsqu’il referma la porte derrière lui, il se retrouvait dans une petite salle. Des chaises en paille étaient disposées autour d’une table sur laquelle se trouvait un pot en terre contenant un peu de lait de chèvre. Sa servante le lui avait amené plus tôt le matin. La chambre, qu’il aimait appeler sa cellule, se trouvait  dans une alcôve dans le mur sud. Elle était meublée de manière spartiate. Son lit était équipé d’un matelas en paille. Au nord une porte donnait accès à l’église via le transept. Au mur, se trouvait une représentation du Christ en croix largement inspiré de l’école génoise. L’on pouvait y reconnaître le style de Domenico Fiasella. Petru se versa un verre de lait. Il s’assit à la table et le but tout en essayant de bien comprendre ce que lui avait demandé Ghjuvan Carlu Saliceti. Il pensait à ce qu’il allait dire à ses ouailles dans une heure. Comment leur faire comprendre l’enjeu de la situation ? Il ne trouvait pas les mots. Il se leva alors et s’avança vers le tableau, s’agenouilla et joignit ses mains. Il commença à parler.

 

- Seigneur ; des jours sombres vont s’abattre sur nous…Aide moi à trouver les bonnes paroles.

 

 Il ferma les yeux et resta ainsi pendant une heure. Dans son esprit s’enchaînaient les mots qu’il dirait à ses paroissiens. Ses pauvres paysans, jusqu’alors loin de tout danger, allaient découvrir que leur vie était sur le point de basculer. Il serait alors responsable, non seulement de leurs âmes, mais aussi, de leur bien-être physique. 

 

Il fut sorti de sa méditation par les bruits des pas des hommes qui entraient dans l’église laissée ouverte. Il se releva, enfila sa chasuble par-dessus son aube et se retourna une dernière fois vers la peinture à qui il murmura « Ti ringrazziu  O’ Diu. » Il pénétra dans l’église par la porte du mur nord.

 

Lorsqu’il y entra tous les hommes du village étaient présents. Ce n’était pas dimanche et chacun se regardait d’un air interrogateur cherchant des réponses à ses propres questions dans le regard des autres. Lorsque le prêtre se dirigea vers le chœur, tous le scrutèrent…Un silence de plomb s’installa et l’on pouvait déceler une atmosphère de crainte mêlée à de l’interrogation. Petru s’avança vers l’autel et déclara du haut de sa voix claire :

  

De David. L'Éternel est ma lumière et mon salut: De qui aurais-je crainte? L'Éternel est le soutien de ma vie: De qui aurais-je peur? Quand des méchants s'avancent contre moi, Pour dévorer ma chair, Ce sont mes persécuteurs et mes ennemis Qui chancellent et tombent. Si une armée se campait contre moi, mon coeur n'aurait aucune crainte; Si une guerre s'élevait contre moi, Je serais malgré cela plein de confiance.

 

 Puis, après avoir cité les Saintes Ecritures, il regarda les paroissiens et leur dit :

- Louons la parole du Seigneur, pusate !.  

Petru se tenait face à l’autel en stuc de style baroque typiquement Italien. À ses côtés, sur sa droite, se trouvait le meuble de sacristie dont le bois sculpté était l’un des plus beaux de Castagniccia. La petite église renvoyait une impression de majesté tant les ors et vermeils se reflétaient sur les murs blanchis à la chaux.

L’assemblée s’exécuta et s’assit sur les sièges de bois disposés en ligne dans la petite nef de l’église.

Petru continua : 

- Le Seigneur Saliceti est en route vers Corté avec vingt miliciens. La France et Gênes se sont alliées. La guerre est imminente. 

 Il marqua une pause afin de s’assurer que son assemblée avait eu le temps de comprendre ce qu’il disait. Un brouhaha s’ensuivit, les villageois commencèrent à réaliser que leur vie n’allait plus jamais être la même… Il poursuivit :

- Sgiò Saliceti m’a chargé de mettre en place la défense du village. J’ai besoin de vous tous.  

Un jeune homme brun prit la parole :

- Comment espérez vous mettre en échec les armées génoises et françaises mon père ? 

- Il ne s’agit pas de cela Paulu, je veux juste assurer une garde et rendre compte au Seigneur de tout ce qui se passera ici en son absence, je ne vous demande pas de vous battre…

- Mais nous n’avons que peu d’armes, seulement des fusils pour chasser les grives et le sanglier, aucun de nous n’est militaire…Rétorqua Simon un vieil homme de soixante ans…

- Je le sais Simon, je vous le répète, il s’agit seulement d’assurer une garde… 

- Très bien, reprit Paulu, Alors montons la garde !

- Je désire que la nuit soit assurée par les jeunes, les plus vieux d’entre vous se chargeront de la journée.  Chacun d’entre nous doit participer à cet effort. Je laisserai l’église ouverte afin que vous puissiez vous y abriter en cas d’intempéries… Je charge Paulu d’organiser les tours de garde pour cette nuit. Si vous n’avez rien à ajouter… 

L’assemblée demeura silencieuse, Petru comprit que ses paroissiens étaient abattus par la nouvelle. Peut-être avait-il été trop brusque ? Malgré son expérience de prêtre il n’avait jamais été doué pour les discours. Son approche était souvent trop abrupte et manquait de finesse. Il en était conscient mais il en était ainsi. Puis il s’aperçut qu’il n’avait pas totalement fini :

- Allez dans la paix du Christ !

La communauté se leva alors et se dirigea vers la porte. Paulu appela à lui trois jeunes hommes du village. Il s’entretint avec eux et tous se dirigèrent vers la maison communale où se trouvaient les torches et quelques bourses de poudre. 

Petru demeurait seul à contempler la lumière du soleil maintenant haut dans le ciel qui traversait les petites fenêtres cachées par des morceaux de lin transparent. Un rayon vint tout à coup illuminer la statue de la Vierge qui se trouvait à gauche de l’autel. Petru prit cela comme le signe que tout irait bien après tout. Il sortit à son tour de l’église et se dirigea vers le Presbytère, cette fois par l’extérieur afin de profiter un peu de ce dernier moment de tranquillité.

(A suivre)

 




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