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Covid : Face à la 9ème vague qui s’amorce en Corse, les professionnels de santé appellent à effectuer son rappel avant les fêtes de fin d’année


le Mardi 6 Décembre 2022 à 20:30

À l’occasion d’une conférence de presse ce mardi, la directrice de l’ARS et les représentants des pharmaciens, des médecins généralistes et urgentistes et de l’hôpital d’Ajaccio ont insisté sur la nécessité de repasser rapidement par la case vaccination, notamment pour les plus de 60 ans. Avec une nouvelle augmentation des cas de Covid, l’arrivée précoce de la grippe et la bronchiolite toujours présente, la situation est en effet « très inquiétante » sur l’île de l’aveu des professionnels de santé



« La situation est très inquiétante en Corse ». Ce mardi après-midi, Marie-Hélène Lecenne, la directrice de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Corse, a tiré la sonnette d’alarme : comme sur le continent, le Covid repart à la hausse sur l’île, avec un taux d’incidence de 600 cas pour 100 000 habitants et un taux de positivité de 25,2% la semaine passée. Des chiffres qui seraient en outre minimisés, à cause de la grève des laboratoires, mais aussi du fait que l’on se teste désormais moins qu’avant. Alors que les fêtes de fin d’année s’approchent et occasionneront comme chaque année des brassages importants de population, la Corse semble donc prête à subir la 9ème vague de l’épidémie. 
 
Aux côtés des représentants des pharmaciens, du Centre Hospitalier d’Ajaccio ou encore des médecins généralistes et urgentistes, l’ARS appelle ainsi la population, et en particulier les plus de 60 ans, à effectuer sans tarder la dose de rappel afin d’être protégée à Noël et d’éviter les formes graves. 

« Le Covid n’a pas disparu »

Un plaidoyer d’autant plus renforcé par la conjoncture considérablement sensible de la situation. « Nous prévoyons une fin d’année difficile », indique Marie-Hélène Lecenne. « Nous allons avoir un pic de bronchiolite qui va être atteint dans les trois à quatre semaines qui viennent. Les ressources d’urgence et de pédiatrie vont être mobilisées sur ce plan. En parallèle de cela, on prévoit une recrudescence de la grippe qui a été très peu virulente depuis deux ans, car nous portions des masques. À cela va donc s’ajouter une nouvelle vague de Covid avec ce nouveau variant BQ1.1, qui est plus virulent et qui va donc toucher un nombre de personnes important. On va se retrouver dans une concordance pendant la période des fêtes, avec un afflux de patients qui pourra être très important et dans une situation comparable à la 2ème ou 3ème vague », développe pour sa part le Dr Laurent Serpin, chef du service de réanimation au CH d’Ajaccio. « Le Covid n’a pas disparu. La semaine dernière, j’avais encore 30% du total de mes patients qui en étaient atteints et une personne en est décédée. Nous vivons entre deux vagues de façon continue. Et là, nous arrivons dans une période de concordance de plusieurs facteurs qui peuvent être particulièrement péjoratifs pour notre santé dans les mois qui viennent. Cela peut vite devenir catastrophique. Si nous voulons éviter tout cela, il faut bien sûr vacciner, car nous remarquons que les patients qui viennent en réanimation sont à distance de leur troisième injection. Et puis il faut se protéger et protéger les autres grâce au port du masque et au lavage des mains », appuie-t-il.

Un rappel à effectuer tous les 3 mois pour les plus de 80 ans, tous les 6 mois pour les plus de 60 ans

Un mot d’ordre qui prend en outre une teinte particulière face à des chiffres de la vaccination en Corse loin d’être bons, notamment chez les personnes les plus fragiles. « Nous avons à peine 7,9% des plus de 80 ans qui sont vaccinés, alors que le national est à plus de 21% et que cela n’est déjà pas suffisant pour éviter une tension sur l’hôpital et les formes graves ! Et du côté des 60-79 ans, nous sommes à seulement 16%, contre 37% au niveau national », regrette la directrice de l’ARS en soulignant « l’incompréhension des professionnels de santé qui se mobilisent de manière très importante pour offrir cette capacité de protection, sans que cela ne suscite d’adhésion de la population ». « L’argument que l’on entend assez souvent contre la vaccination, c’est que ce n’est pas parce qu’on est vacciné que l’on n’attrape pas le Covid », souligne Antoine de Prémont, pharmacien et représentant du président du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens Paca-Corse, en instillant : « Lorsque l’on monte sur un bateau et qu’on nous donne un gilet de sauvetage, ce n’est pas pour éviter le naufrage mais pour sauver notre vie. En refusant le vaccin, c’est comme si on renonçait à ce gilet de sauvetage et qu’on prenait en plus celui de quelqu’un qui nous est proche. Car en se vaccinant, on protège également les personnes fragiles autour de nous ». 
 
Derrière lui, la directrice de l’ARS balaie aussi d’un revers de main les arguments de ceux qui, déjà vaccinés, en ont assez de voir les doses se multiplier : « Pour les plus de 80 ans, le rappel est valable trois mois, et six mois pour les plus de 60 ans. Au-delà, les défenses immunitaires s’affaiblissent et il faut faire un rappel ». « C’est comme pour la grippe : on a toujours fait des rappels annuels. C’est le même principe scientifique pour le Covid : il faut faire des rappels car la protection diminue avec le temps », ajoutera le Dr Laurent Carlini, représentant l'URPS médecins libéraux de Corse, tandis que Sandrine Leandri, pharmacienne et représentante du président de l’URPS pharmaciens de Corse, pointe la facilité d’accès à la vaccination : « Les pharmaciens peuvent vacciner. Les infirmiers peuvent également vacciner à domicile. Tout est possible. Il suffit de demander. On trouve toujours une solution. L’important est de faire en sorte que cette année, on puisse bénéficier d’un Noël de sérénité. Les professionnels de santé, notamment, en ont besoincar nous sommes tous épuisés ». 

La Corse en situation de pré-épidémie de grippe avec 3 semaines d’avance

Alors que la Corse se trouve depuis mardi en situation de pré-épidémie de grippe, avec trois semaines d’avance par rapport aux phénomènes grippaux précédents, l’ensemble des professionnels de santé se disent d’autant plus inquiets et encouragent de facto vivement à la double vaccination des plus de 60 ans. Marie-Hélène Lecenne pointe en outre que « ces deux épidémies conjuguées pourraient provoquer un absentéisme important dans le système de santé ». « Je ne me vois pas en cette fin d’année déclencher à nouveau un plan blanc, ce qui voudrait dire déprogrammer encore l’activité, alors que nous avons eu du mal à remonter la pente. Nous voudrions que le système de santé fonctionne de façon normale et que l’on ne soit pas amené à prendre des mesures de réadaptation », livre-t-elle en insistant encore sur la « responsabilité collective de chacun ». « Se faire vacciner, c’est une réaction de bon sens par rapport à sa santé, mais aussi une réaction citoyenne d’utiliser cet outil de protection pour faire en sorte de passer les fêtes de fin d’année dans les meilleures conditions », conclut-elle.