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Carrière de l’Alta Rocca : L’Assemblée de Corse se prononce fermement contre le projet


Nicole Mari le Vendredi 27 Novembre 2020 à 20:19

Le projet d’exploitation de carrière d’extraction de roches massives et granit en cours sur la commune de Fozzano et de Loreto-di-Tallano au lieu dit Trapinellu et impactant les communes de Sainte-Lucie-de-Tallano, Altagène et Olmiccia, s’est doublement invité à la session de l’Assemblée de Corse. D’abord par une question orale posée par une élue de Tallano, Chantal Pedinielli, membre du groupe de droite «Per l’Avvene », qui est montée au créneau, suivie par une motion de Femu a Corsica allant dans le même sens et adoptée. Chantal Pedinielli explique, à Corse Net Infos, pourquoi ce projet pose des problèmes sanitaires, environnementaux, visuels, phoniques et routiers. La motion, qui s’oppose fermement au projet, a été adoptée à l’unanimité avec non-participation de la droite.



La région de Tallano.
La région de Tallano.
- Pourquoi intervenir sur ce projet ?
- En tant qu’élue et habitante de la microrégion, j’ai voulu alerter et sensibiliser l’ensemble des élus et l’Exécutif de la Collectivité de Corse sur l’impact qu’aurait la réalisation de ce projet d’exploitation de carrière d’extraction de roches massives et granit avec installation de concassage et criblage. Ce projet, qui est en cours sur la commune de Fozzano, va impacter le territoire du Tallanais, principalement les communes de Sainte-Lucie-de-Tallano, Loreto-di-Tallano, Altagène et Olmiccia. A l’heure où l’on parle de tourisme vert, de développement durable, de revitalisation du rural, ce projet va à l’encontre de tout cela. La DDTM a également émis un avis défavorable le 24 aout 2020.
 
- Quel est le problème exactement ?
- Ce projet consiste en une carrière à ciel ouvert de granit dont la production maximale annuelle est estimée à 150 000 tonnes durant les 20 premières années, puis 200 000 tonnes durant les 10 dernières années d’exploitation. L’enquête publique est toujours en cours pour mesurer l’impact du projet. Le maire de Sainte Lucie de Tallano et le collectif citoyen « Forza di Tallà » ont commandé une expertise indépendante qui évoque une triple pollution : sanitaire, visuelle et phonique. Pollution sanitaire et atmosphérique avec émission de poussière nocive pour la santé. Pollution visuelle avec 7 hectares de montagne défigurée !
Pollution phonique avec des tir de mines, du concassage et du criblage. Mais ma question portait davantage sur l’accès aux zones d’extraction.
 
- Pourquoi ? Que craignez-vous ?
- Une dégradation du réseau routier ! Si un tel projet devait voir le jour, le réseau de voierie en serait fortement impacté. Il est déjà en mauvais état et, donc, inadapté au ballet de rotation de camions bennes, destinés à évacuer la production de tonnages élevés. Le trafic sur les RD 69 et 268 et sur la RT 40 jusqu’à Propriano sera très important puisqu’il est prévu jusqu’à 41 camions par jour, soit 82 mouvements aller-retour. Un camion toutes les 6 minutes ! Viendra s’y ajouter la circulation de l’autre carrière existante située à moins d’un kilomètre. Ce qui aura pour conséquence de multiplier par là même les risques d’accidents. Nous craignons également une pollution du ruisseau l’Agnonu et du Rizzanese puisque le projet évoque un lavage des sols. Il y aurait, donc, des eaux de ruissellement et des eaux usées. Enfin, la destruction du paysage, de la biodiversité, une atteinte à l’économie agricole et au tourisme puisque la région a un paysage exceptionnel et un patrimoine reconnu : couvent Saint François, église Saint Jean...

Chantal Pedinielli.
Chantal Pedinielli.
- Qu’avez-vous demandé au Président de l’Exécutif ?
- J’ai voulu, par la voie de ma question orale, sensibiliser le Président de l’Exécutif en lui rappelant que la réalisation et le financement de ces travaux de renforcement de voierie incombaient à la CdC. Une association de défense de l’environnement estime que : « Si ce sont les seules collectivités territoriales qui doivent assumer les travaux de voirie, cela revient à faire financer par l’impôt payé par les contribuables corses une activité privée. En pratique, cela revient à subventionner de manière indirecte une société privée ».
 
- Que vous a-t-il répondu ?
- Il est resté très évasif. Il a rappelé que la Corse pourrait connaître une pénurie de matériaux nous contraignant à les importer, ce qui engendrerait des surcoûts. L’exercice, qui consiste à trouver un équilibre entre les besoins économiques et les exigences de protection environnementale et de qualité de vie, n’est pas simple, a-t-il dit. Pour lui, des questions lourdes aujourd’hui sont posées. Il faut examiner l’ensemble des arguments, les peser sereinement, y compris avec le porteur du projet – qui, rappelons-le, travaille avec la CDC sur d’autres ouvrages -, et faire des choix qui sont en cohérence avec notre vision stratégique. L’Exécutif dit qu’en l’état, il ne peut pas être favorable à ce projet.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Lieu d'implantation de la carrière sur la commune de Fozzano.
Lieu d'implantation de la carrière sur la commune de Fozzano.

Femu a Corsica : « Ce projet est un non-sens économique et environnemental »

La motion de Femu a Corsica fait suite à la prise de position des Comités territoriaux du Suttanaciu et Sartè-Valincu-Taravu du parti Femu a Corsica qui sont vent debout contre le projet.« Nous ne sommes pas contre les carrières en général, surtout si elles répondent à des besoins. Dans le cas présent, sur la région Sartenaise-Valinco, il y a déjà deux carrières qui existent sur le territoire, une troisième carrière ne se justifie pas ! », explique Jean-Jacques Luchini, l’élu territorial qui porte la motion. « Le comité de pilotage du schéma des carrières de Corse datant du 19 juin 2018 précise que la création de nouvelles carrières doit répondre au besoin en matériaux de la Corse, doit préserver la biodiversité, les espaces naturels ainsi que la qualité des paysages, doit limiter l’exposition aux risques et nuisances pour la population et enfin, doit préserver l’état qualitatif et quantitatif des ressources en eau de la vallée ». Pour les deux Comités locaux de Femu a Corsica, le projet va à l’inverse de tout cela. Dans un communiqué, ils indiquent que la carrière « n’est pas une réponse à un manque de disponibilité de matériaux qui gênerait l’activité ou le développement des entreprises, mais il s’agit plutôt de traiter un problème de concurrence et donc de rentabilité qui, à la clé, ne créera que des emplois sous-qualifiés et sous rémunérés. En ce sens, ce projet ne répond, ni à un intérêt général, ni à un intérêt public, mais, à l’inverse, met en danger l’économie locale agricole et touristique de la Pievi d’Attalà .
Enfin, il s’inscrit à contre courant des grandes problématiques du développement durable dont chacun doit être comptable ». La motion de Femu, qui liste les risques majeurs au niveau de l’environnement et des populations, parle de « non-sens économique et social ». Considérant enfin que l’immense majorité de la population et des élus locaux n’en veulent pas, la motion demande à l’Exécutif de « s’opposer fermement à ce projet » et d’intervenir auprès du Préfet de Corse afin qu’il ne délivre pas d’autorisation d’exploitation.
La motion est adoptée avec les voix de la majorité territoriale et du groupe Andà per Dumane. Les deux groupes de droite n’ont pas participé au vote, à l’exception de Chantal Pedinielli qui a voté pour.

 





















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