Ce 11 septembre, une cinquantaine de personnes se sont réunies devant la sépulture des victimes de la Caravelle Ajaccio-Nice
Les fleurs sont là. Les noms aussi. Et, derrière eux, le silence de ceux qui ne sont jamais revenus. Comme chaque 11 septembre, les familles des victimes de la Caravelle Ajaccio-Nice se sont retrouvées au cimetière d’Ajaccio. Devant la sépulture où reposent notamment les restes non identifiés de plusieurs victimes, la messe du souvenir, célébrée par le vicaire général Frédéric Constant, est venue rappeler l’ampleur d’un drame qui, 58 ans plus tard, n’a rien perdu de son poids.
Autour d’elles, les représentants des institutions étaient présents pour ce temps de recueillement : le maire d’Ajaccio Stéphane Sbraggia, Muriel Fagni pour la Collectivité de Corse, le préfet de Corse Éric Jalon, ainsi qu’un représentant d’Air France. Marie-France Cesari représentait également la ville de Nice. Tous étaient réunis aux côtés des familles, venues une nouvelle fois faire vivre la mémoire des 95 disparus, au rythme des chants du groupe I Muvrini.
En 1968, la Caravelle AF 1611 devait rejoindre Nice depuis Ajaccio. À quelques minutes de son arrivée, l’appareil disparaît en mer. À son bord, 95 personnes, dont 13 enfants. L’épave sera finalement localisée à plus de 2 000 mètres de profondeur, au large d’Antibes. Depuis, une question accompagne chaque commémoration : que s’est-il réellement passé ? Cette année, elle prend une autre dimension.
Autour d’elles, les représentants des institutions étaient présents pour ce temps de recueillement : le maire d’Ajaccio Stéphane Sbraggia, Muriel Fagni pour la Collectivité de Corse, le préfet de Corse Éric Jalon, ainsi qu’un représentant d’Air France. Marie-France Cesari représentait également la ville de Nice. Tous étaient réunis aux côtés des familles, venues une nouvelle fois faire vivre la mémoire des 95 disparus, au rythme des chants du groupe I Muvrini.
En 1968, la Caravelle AF 1611 devait rejoindre Nice depuis Ajaccio. À quelques minutes de son arrivée, l’appareil disparaît en mer. À son bord, 95 personnes, dont 13 enfants. L’épave sera finalement localisée à plus de 2 000 mètres de profondeur, au large d’Antibes. Depuis, une question accompagne chaque commémoration : que s’est-il réellement passé ? Cette année, elle prend une autre dimension.
Au fond de la mer, peut-être des réponses
Le 7 septembre, quatre jours avant la cérémonie, le parquet de Nice annonçait qu’une opération de relevage des éléments de la Caravelle allait pouvoir être menée. Une opération de six jours est envisagée, avec notamment la remontée des deux réacteurs repérés lors des investigations sous-marines menées fin 2025. La juge d’instruction doit être présente à bord du navire civil chargé de l’opération. Aucune date n’est encore arrêtée.
Pour les familles, cette annonce est importante. Mais après 58 ans, les mots sont choisis avec précaution. « C’est une très bonne avancée. Ce n’est pas une victoire », résume Mathieu Paoli, président de l’association des familles des victimes.
Le combat, il le mène depuis des années. En 2024, les familles avaient notamment été reçues à l’Élysée pour demander que de nouvelles recherches soient engagées. Une première campagne sous-marine a ensuite été menée à la fin de l’année 2025. Elle a permis de photographier plusieurs éléments de l’épave, dont les deux réacteurs et une partie de la queue de l’appareil.
Cette fois, il ne s’agira plus seulement de les observer. Les faire remonter pourrait permettre aux enquêteurs de les examiner directement, 58 ans après leur immersion. Et c’est là que se concentre l’attente des familles. « On veut simplement voir s’il y a eu l’impact d’un missile sur le réacteur », explique Mathieu Paoli.
L’hypothèse d’un missile, évoquée depuis des années par certaines familles à partir de différents témoignages, reste aujourd’hui à établir. C’est précisément ce que les investigations doivent permettre d’éclairer.
Le 7 septembre, quatre jours avant la cérémonie, le parquet de Nice annonçait qu’une opération de relevage des éléments de la Caravelle allait pouvoir être menée. Une opération de six jours est envisagée, avec notamment la remontée des deux réacteurs repérés lors des investigations sous-marines menées fin 2025. La juge d’instruction doit être présente à bord du navire civil chargé de l’opération. Aucune date n’est encore arrêtée.
Pour les familles, cette annonce est importante. Mais après 58 ans, les mots sont choisis avec précaution. « C’est une très bonne avancée. Ce n’est pas une victoire », résume Mathieu Paoli, président de l’association des familles des victimes.
Le combat, il le mène depuis des années. En 2024, les familles avaient notamment été reçues à l’Élysée pour demander que de nouvelles recherches soient engagées. Une première campagne sous-marine a ensuite été menée à la fin de l’année 2025. Elle a permis de photographier plusieurs éléments de l’épave, dont les deux réacteurs et une partie de la queue de l’appareil.
Cette fois, il ne s’agira plus seulement de les observer. Les faire remonter pourrait permettre aux enquêteurs de les examiner directement, 58 ans après leur immersion. Et c’est là que se concentre l’attente des familles. « On veut simplement voir s’il y a eu l’impact d’un missile sur le réacteur », explique Mathieu Paoli.
L’hypothèse d’un missile, évoquée depuis des années par certaines familles à partir de différents témoignages, reste aujourd’hui à établir. C’est précisément ce que les investigations doivent permettre d’éclairer.
L’hypothèse d’un missile, évoquée depuis des années par certaines familles à partir de différents témoignages, reste aujourd’hui à établir
« On veut enfin faire notre deuil »
Pour Sauveur Filippeddu, qui a perdu son frère Jean-Dominique et sa belle-sœur Martine dans la catastrophe, le temps n’a pas effacé la question. Il a même fini par lui donner un autre poids. « Ça fait 58 ans qu’on se bat », rappelle-t-il.
Au fil des années, les familles ont recueilli des témoignages, consulté des documents et cherché à comprendre les circonstances des dernières minutes du vol. Sauveur Filippeddu raconte notamment avoir été en contact avec un homme affirmant qu’un missile avait frappé la Caravelle. Un témoignage parmi d’autres, mais qui, pour les proches, vient nourrir une conviction ancienne. Le relevage doit désormais permettre de confronter cette hypothèse aux traces laissées sur l’appareil. « Quand on remontera tout ça, c’est oui ou non : un missile ou autre chose », dit-il. Alors, après toutes ces années, il ne parle plus seulement de vérité. Il parle de deuil : « On veut enfin faire notre deuil », souffle-t-il.
L’annonce du relevage n’a pourtant pas suscité uniquement du soulagement. Chez Pier-Emmanuelle Marcangeli, qui a perdu son frère dans la Caravelle, l’espoir se mêle à une forme d’appréhension. Elle poursuit aujourd’hui le souhait de ses parents : savoir. « En même temps, ça fait peur », reconnaît-elle. Ce qu’elle redoute, c’est qu’après 58 ans d’attente, les pièces remontées des profondeurs ne permettent toujours pas de répondre à la question : « Si on ne trouve rien, qu’est-ce qu’il va y avoir après ? », s’interroge-t-elle.
La perspective de cette opération reste malgré tout une avancée qu’elle accueille avec émotion. Lorsqu’elle a appris la nouvelle, sa première pensée est allée à la famille Paoli, qui porte ce combat depuis des décennies : « J’ai dit : bravo aux frères Paoli, qui sont une famille exemplaire, qui se sont battus jusqu’au bout », raconte-t-elle.
Pour Sauveur Filippeddu, qui a perdu son frère Jean-Dominique et sa belle-sœur Martine dans la catastrophe, le temps n’a pas effacé la question. Il a même fini par lui donner un autre poids. « Ça fait 58 ans qu’on se bat », rappelle-t-il.
Au fil des années, les familles ont recueilli des témoignages, consulté des documents et cherché à comprendre les circonstances des dernières minutes du vol. Sauveur Filippeddu raconte notamment avoir été en contact avec un homme affirmant qu’un missile avait frappé la Caravelle. Un témoignage parmi d’autres, mais qui, pour les proches, vient nourrir une conviction ancienne. Le relevage doit désormais permettre de confronter cette hypothèse aux traces laissées sur l’appareil. « Quand on remontera tout ça, c’est oui ou non : un missile ou autre chose », dit-il. Alors, après toutes ces années, il ne parle plus seulement de vérité. Il parle de deuil : « On veut enfin faire notre deuil », souffle-t-il.
L’annonce du relevage n’a pourtant pas suscité uniquement du soulagement. Chez Pier-Emmanuelle Marcangeli, qui a perdu son frère dans la Caravelle, l’espoir se mêle à une forme d’appréhension. Elle poursuit aujourd’hui le souhait de ses parents : savoir. « En même temps, ça fait peur », reconnaît-elle. Ce qu’elle redoute, c’est qu’après 58 ans d’attente, les pièces remontées des profondeurs ne permettent toujours pas de répondre à la question : « Si on ne trouve rien, qu’est-ce qu’il va y avoir après ? », s’interroge-t-elle.
La perspective de cette opération reste malgré tout une avancée qu’elle accueille avec émotion. Lorsqu’elle a appris la nouvelle, sa première pensée est allée à la famille Paoli, qui porte ce combat depuis des décennies : « J’ai dit : bravo aux frères Paoli, qui sont une famille exemplaire, qui se sont battus jusqu’au bout », raconte-t-elle.
Le temps presse
Dans l’association des familles des victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, ils ne sont plus que 49 adhérents. Ils étaient bien plus nombreux à sa création. Beaucoup de ceux qui étaient là au début sont morts depuis : « Le temps passe et les personnes disparaissent aussi », rappelait Mathieu Paoli devant la sépulture, lors de la commémoration.
Mais dans les prochains mois, un navire pourrait retourner sur les lieux du crash. Pendant six jours, les équipes tenteront de faire remonter les réacteurs et d’autres éléments de la Caravelle depuis les profondeurs. La date n’est pas encore connue. Ce que ces pièces raconteront ne l’est pas davantage. Mais pour la première fois depuis longtemps, l’attente pourrait avoir une échéance : celle du jour où, peut-être, les profondeurs rendront enfin une partie de leurs réponses.
Dans l’association des familles des victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, ils ne sont plus que 49 adhérents. Ils étaient bien plus nombreux à sa création. Beaucoup de ceux qui étaient là au début sont morts depuis : « Le temps passe et les personnes disparaissent aussi », rappelait Mathieu Paoli devant la sépulture, lors de la commémoration.
Mais dans les prochains mois, un navire pourrait retourner sur les lieux du crash. Pendant six jours, les équipes tenteront de faire remonter les réacteurs et d’autres éléments de la Caravelle depuis les profondeurs. La date n’est pas encore connue. Ce que ces pièces raconteront ne l’est pas davantage. Mais pour la première fois depuis longtemps, l’attente pourrait avoir une échéance : celle du jour où, peut-être, les profondeurs rendront enfin une partie de leurs réponses.
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