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Bastia : le paysage méditerranéen exposé à Una Volta


Philippe Jammes le Mardi 27 Octobre 2020 à 10:22

Inauguration, arrosée, lundi soir, de la toute nouvelle exposition du Centre méditerranéen de la photographie, au Centre Culturel Una Volta à Bastia.



Nouvelle belle expo du CMP à Una Volta
Nouvelle belle expo du CMP à Una Volta

Jusqu’au 21 novembre 2020*, le CMP expose les œuvres de trois photographes avec pour thème le paysage méditerranéen : Maddalena Rodriguez-Antoniotti (Corse), Lola Reboud (Corse) et Filippo Brancoli Pantera (Toscane). Ces trois artistes interrogent avec leur sensibilité propre un paysage méditerranéen tel qu’il apparaît aujourd’hui, façonné et malmené peu ou prou par la main de l’homme…

Destination Chypre avec Maddalena Rodriguez-Antoniotti
Après « Corse, éloge de la ruralité » (2010) et « Terre de Crête » (2014), « Chypre au plus près de la terre » (2019) constitue le troisième et dernier volet que Maddalena Rodriguez-Antoniotti  consacre au paysage insulaire méditerranéen.  Son appareil photographique, un  Voigtländer datant de 1938, en bandoulière elle a sillonné l’île de Chypre  de la République du nord à celle du sud, jusqu’à pénétrer dans la zone tampon contrôlée par l’ONU. «Je pose toujours le même regard sur un territoire » explique l’artiste, «Je m’éloigne aussi vite que je peux du littoral, de la civilisation. Je m’évade, m’égare dans l’intérieur, apprivoise l’âme du pays. Après la Corse, mon port d’attache, j’ai sillonné la Crète puis tout dernièrement Chypre. Ces trois îles sont comparables en bien des points : superficie et morphologie avec une présence prégnante de la montagne dans les 3 îles. La position extrême orientale de Chypre était intéressante avec un territoire occupé au tiers par la Turquie et l’occupation est bien visible avec des soldats qui patrouillent. Mais je n’ai pas voulu prendre partie, même si une majorité des habitants de l’île souhaite retrouver l’identité chypriote, identité ni grecque, ni turque. Les photographies ont été réalisées sans autre objectif qu’un 75 mm, le plus proche de la perception oculaire, soit l’équivalent d’un 50 mm en 24 x 36. Donc sans filtres, sans grand angle, sans téléobjectif et tout le bazar. Avec vignetage à la clé. Aucune volonté d’impressionner. Aucune manipulation ultérieure en laboratoire. Un arte povera, en somme, de la photographie ».
Ainsi Maddalena a parcouru près de 3 000 km. «Comme à l’accoutumée, j’ai pris peu de photos : 25 films de 12 poses chacun, sans jamais doubler un cliché.  Le pari était de ne pas déroger à mes partis pris : des prises de vue « à l’ancienne », frontales, minutieusement composées, fuyant les premiers plans. Mais en érigeant le ciel comme acteur même du paysage, j’ai assumé le risque d’évincer les cadrages aux horizons bouchés ».
 
En 2017, PHOTOLUX Festival de Lucca en Toscane et le Centre Méditerranéen de la Photographie en Corse ont initié un programme de résidences d’artistes dans le cadre d’une collaboration durable qui propose d’encourager la recherche et l’échange culturel pour la jeune photographie émergente sur le plan international. «Filippo Brancoli Pantera de Toscane, lauréat des lectures de portfolio à l’édition de Photolux 2017, a ainsi pu sillonner la Haute-Corse au printemps 2018 et nous présente son Paesaggio rurbano dell’Alta Corsica»  indique Marcel Fortini, directeur du CMP.  «Filippo Brancoli Pantera a photographié l’architecture urbaine qui s’est déplacée depuis plusieurs années dans les villages et à la campagne.  De son coté, Lola Reboud, corse, choisie par le jury de Photolux parmi dix dossiers proposés par le Centre Méditerranéen de la Photographie, a travaillé sur le territoire de la Versilia en Toscane. Elle nous invite à découvrir «Dans le marbre blanc de tes yeux ».  Elle a parcouru la ville de Viareggio et ses environs réalisant des portraits de jeunes et photographiant des paysages, imprimés pour certains sur des morceaux de marbre provenant de Pietrasanta »


Lola Reboud : de magnifiques photos gravées dans le marbre toscan.
Lola Reboud a parcouru la ville de Viareggio et ses environs réalisant des portraits de jeunes et photographiant des paysages, imprimés pour certains sur des morceaux de marbre provenant de Pietrasanta…  «Je ne connaissais pas la ville de Viareggio ni ses habitants » explique la jeune femme. «Il y a eu un temps de recherche puis un temps très important de prises de vues. Durant quinze jours, au mois de mai j’ai arpenté et photographié la ville et ses alentours : parcs, jardins, plages surpeuplées le week-end mais désertes en semaine, musées, livres et poèmes faisant écho à mon errance, les carrières de marbre qui dominent le paysage et qui font l’objet d’un débat quant à la protection écologique de cette région. Puis ceux qui y vivent : le jeune inconnu peint par Pontormo au 16è siècle, une jeune fille en vacances à Forte dei Marmi, Good Luck arrivé tout juste du Nigeria. Ces portraits et ces paysages imprimés pour une partie sur des chutes de plaques de marbre, elles-mêmes récupérées dans les carrières de Santa Pietra, dessinent un paysage  dans lequel, ensemble, nous habitons. C’est une mise en abîme paysage. Il y a des paysages mais aussi beaucoup de portraits, contemporains ou plus anciens. L’ensemble raconte une histoire avec plusieurs entrées de lecture possibles »


Filippo Brancoli Pantera : Du centre vers la périphérie ...
Filippo Brancoli Pantera a photographié l’architecture urbaine qui s’est déplacée depuis plusieurs années dans les villages et à la campagne. Cette recherche sur le territoire corse est le fruit d’une série d’observations menées lors d’une résidence d’artiste faite au printemps 2018. « Vu la superficie généreuse de la Corse et les deux semaines qui m’étaient imparties, j’ai choisi de concentrer mon analyse en Haute-Corse, tout en conservant certaines de ses caractéristiques spécifiques, en particulier la symbiose étroite entre l’individu et le territoire » souligne le jeune photographe. «Même dans les zones les plus reculées, le paysage corse traverse aujourd’hui une phase de changement. Dans mon observation, j’ai senti de plus en plus fortement que la ville me suivait, opérant le mouvement inverse de l’exode rural d’il y a quelques décennies. Dans les temps on allait de la campagne à la ville et aujourd’hui on observe l’inverse, comme le flux et le reflux d’une vague. Le phénomène est visible avec les nouvelles constructions de campagne qui, fuyant les villes et transposant le style, sont de véritables pièces d’architecture citadine échappées de la saturation des centres urbains. À la place des anciennes constructions en pierre ou en bois, on préfère souvent construire avec des briques et du béton et enduire au plâtre. Les raisons sont compréhensibles et se retrouvent aussi dans de nombreuses autres parties de l’Europe : avoir plus d’espace, pouvoir garer la voiture près de chez soi, dépenser moins pour l’achat du logement ; ces exigences ont un poids important dans nos vies. Le paysage corse montre ensuite d’autres évolutions par rapport à son passé récent. Par rapport à la crise du secteur vinicole à la fin des années 80/90 ou 90/2000, le cap est maintenant inversé : des parcelles destinées à la production de vin de table, on est passé à de véritables exploitations vinicoles de qualité dont le marché dépasse les frontières de l’île. Il est inévitable que, dans certaines régions, cette activité se présente comme une limite structurelle au pastoralisme traditionnel, dans un processus qui conduit l’une à exclure l’autre. ».
 
*Ouvert lundi, mardi, jeudi, vendredi matin sur rendez-vous pour les groupes et de 14 h 30 à 19 h, mercredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h et samedi de 14 h à 19 h. Entrée libre.
 



















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