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Alex Vinciguerra : « Nous devons inscrire la Corse dans une compétition mondiale, si nous voulons réussir »


Nicole Mari le Mardi 8 Juin 2021 à 17:45

En troisième position sur la liste Fa Populu Inseme du président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, une personnalité d’ouverture issue du monde économique : Alex Vinciguerra. Le président de la CADEC, Caisse de développement économique de la Corse, et de l’incubateur Inizià, forme avec la conseillère exécutive sortante et présidente de l’Agence du tourisme de la Corse, Nanette Maupertuis (2ème place) et le directeur de BGE Corse (Conseil à la création d’entreprises) Gilles Giovannangeli (5ème place), une task force avec l’objectif affiché de relancer l’activité et créer du développement. Alex Vinciguerra dévoile à Corse Net Infos quelques pistes, notamment sortir de la politique de subventions et d’assistanat pour un modèle plus vertueux, créateur de valeur ajoutée et, donc, d’emploi.



Alex Vinciguerra, président de la CADEC, Caisse de développement économique de la Corse, et de l’incubateur Inizià, avec Gilles Simeoni, à la présentation de la liste Fà Populu Inseme à Corti.
Alex Vinciguerra, président de la CADEC, Caisse de développement économique de la Corse, et de l’incubateur Inizià, avec Gilles Simeoni, à la présentation de la liste Fà Populu Inseme à Corti.
- Pourquoi avez-vous accepté de figurer en 3ème place sur la liste de Gilles Simeoni ?
- Cela fait quelques années que je suis un développeur, un technicien, et que ce que j’aperçois de ma fenêtre, m’inquiète. Je vois les dangers qui menacent la Corse, les dangers de dépossession et de spéculation et, le pire de tous, l’uniformisation qui nous guette, ce qui fait la force de notre peuple est en train de disparaître doucement. Je crois que la dimension technique ne suffit pas et qu’il faut passer à une dimension un peu plus politique, tout en restant et en confortant ce que j’ai eu la chance d’apprendre et d’appliquer pendant ses 30 ans au service du développement de la Corse.
 
- Vous êtes présenté comme une personnalité d’ouverture. Cela vous convient-il ?
- Cela me convient totalement. Je suis une personnalité d’ouverture, même si mes convictions sont vraiment pile-poil les convictions qui sont celles portées par Gilles Simeoni et son équipe. Je sais que Gilles Simeoni met l’homme au centre de ses préoccupations, son seul souci est l’émancipation du peuple corse, son émancipation sociale, culturelle, mais aussi économique. Je suis vraiment là pour construire un peuple et le construire autour d’un projet fort, commun et de bien-être.
 
- Pour cela, vous donnez au mot « territoire » un sens plus mondial. Est-ce, pour vous, un des enjeux de la prochaine mandature ?
- Oui ! Je crois qu’il faut regarder l’espace. Il y a, bien sûr, le territoire, le lien entre la Collectivité de Corse et tous ses territoires, mais il y a aussi la projection de la Corse dans l’espace national et européen, c’est très important ! Devant nous, s’annoncent des années plutôt difficiles. Le monde entier tente de relancer son économie et de trouver le bien-être. Il faut absolument inscrire la Corse dans ce mouvement fait d’innovation et de compétitivité, et faire en sorte qu’elle se distingue dans cette compétition économique. Nous en avons les moyens ! Le premier, c’est notre identité. Nous avons la chance d’avoir une identité forte. Et dans un monde globalisé, c’est une force ! Le deuxième, c’est notre capital environnemental. Aujourd’hui, le monde entier cherche la nature. Faisons en sorte que ce capital environnemental soit une valeur ajoutée, construisons autour de ça ! C’est notre responsabilité ! Je crois que la compétition stimule et la domination détruit ! Nous devons inscrire la Corse dans une compétition mondiale, si nous voulons réussir. Nous devons être aux côtés des chefs d’entreprises, des agriculteurs, des artisans, des commerçants, de ceux qui construisent, qui innovent, qui transmettent. Et, pour cela, il faut changer de méthode, de modèle.
 
- C’est-à-dire ? Quelle méthode préconisez-vous pour cela ?
- Depuis 50 ans, nous travaillons en distribuant, de façon uniforme, une subvention dont on a bien vu qu’elle ne servait pas à grand-chose en matière de développement. Abandonnons cette subvention qui est la mère de l’assistanat, pour ne pas dire plus ! Passons du guichet au projet ! C’est une vieille idée, mais on ne l’a jamais tout à fait réalisé ! Il faut, en lien avec l’ensemble des partenaires - les Chambres de commerce, l’Université, les Agences et Offices - arriver à trouver une méthode de développement qui, à la fois, croise les problématiques des filières de production et les problématiques qui frappent le monde entier, c’est-à-dire l’innovation, l’internationalisation et le financement. L’idée est de faire en sorte que l’ensemble de ces enjeux puissent se marier autour de grands projets collectifs.
 
- Qu’entendez-vous par « grands projets collectifs » ?
- Je pense, par exemple, à structurer l’énergie pour que la valeur ajoutée de l’énergie produite en Corse reste en Corse. C’est un enjeu ! Pour cela, il faut créer un fonds d’intervention qui permet aux jeunes Corses de lancer leurs projets autour de l’énergie. Un autre exemple, celui du tourisme. Nous avons commencé à travailler avec Nanette Maupertuis, la présidente de l’Agence du tourisme, sur ce sujet. L’hôtellerie corse appartient essentiellement à des familles corses, cela veut dire que la valeur ajoutée produite par cette hôtellerie reste en Corse et est réinvestie en Corse. C’est un modèle très vertueux ! Il faudrait le répéter sur l’ensemble des filières de production pour que la valeur ajoutée produite ici soit réinvestie ici. C’est déjà vrai en agroalimentaire et en agriculture. Et bien sûr, il faut créer des nouvelles valeurs ajoutées qui génèreront de l’activité et, in fine, de l’emploi.
 
- Le monde vit une 4ème révolution industrielle avec le numérique, les start-up, l’industrie 4.0… La Corse a-t-elle une carte à jouer dans cette compétition-là ?
- J’ai la chance et l’honneur d’être le président d’Inizia, l’incubateur territorial de Corse. Il y a déjà - et on gagnerait à les connaître - énormément de start-up et d’énergie créatrice en Corse. Régulièrement ces entreprises, ces start-up corses gagnent et remportent les prix nationaux de l’innovation, mais elles sont confrontées à un problème : lorsqu’elles grossissent, leur marché est ailleurs, et, souvent, elles passent de l’autre côté de la mer. Mais cela prouve qu’il y a, en Corse, une énergie créatrice très forte.
 
- L’un des problèmes majeurs en matière d’innovation reste le financement de la Recherche & Développement (R&D). La Corse en a-t-elle les moyens ?
- La Corse a vraiment besoin d’une politique de l’innovation. Pour lancer cette politique, il faut effectuer un certain nombre d’actes. Le premier, c’est de faire travailler ensemble les secteurs qui innovent. Comme c’est le cas, aujourd’hui, par exemple au niveau de l’agriculture, entre Corsica Agropole et l’incubateur Inizia. Donc, déjà fédérer les acteurs innovants. Le second acte est de diffuser l’information sur l’innovation, notamment auprès des entreprises. Comme cela avait été fait avec le réseau de diffusion technologique qu’il faut remettre au goût du jour avec d’autres outils. Le but est de faire en sorte que l’innovation qui profite à une entreprise puisse aussi profiter à une autre entreprise en Corse. Le troisième acte est de trouver un financement qui permet de franchir un cap, c’est-à-dire de passer de l’idée au projet, et du projet à l’entreprise. Le financement de l’innovation est très difficile à trouver. C’est un risque énorme que prennent les financeurs. On commence à y travailler. Je crois que l’on peut raisonnablement penser que, grâce à la forte énergie créatrice qu’il y a en Corse, on va pouvoir attirer des financeurs sur ce secteur d’activité.
 
- Vous êtes président de la CADEC. Si Gilles Simeoni remporte l’élection, serez-vous le prochain président de l’ADEC ?
- Je ne sais pas ! Cela appartient au président de l’Exécutif, qui sera élu, de me nommer ou pas.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.














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