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Ajaccio : une enseignante agressée à la sortie de l’école Salines VI, une mère d'élève placée en garde à vue


le Mercredi 15 Mai 2024 à 16:29

Quelques heures après la rentrée des classes, une enseignante a été agressée par un parent d'élève ce lundi à l'école Salines VI à Ajaccio. Après l'ouverture d'une enquête pour violences aggravées, la mère de famille a été placée en garde à vue ce mercredi. En signe de protestation contre une "attaque totalement injustifiée et incompréhensible", le STC Éducation appelle à un débrayage jeudi à 8h30 dans toutes les écoles de Corse-du-Sud.



(Photo d'illustration)
(Photo d'illustration)
Alors que les enfants reprenaient le chemin de l’école après les vacances scolaires de Pâques ce lundi, une enseignante a été victime d'une agression à l’école Salines VI d'Ajaccio. « À 16 heures 30, la maman accompagnée de sa fille, qui n’avait pas fait la rentrée le matin, s’est introduite dans l’école contre l’avis du personnel présent, a menacé, insulté, puis agressé physiquement l’enseignante qui a été fortement choquée », explique le STC Éducation dans un communiqué en ajoutant que « des collègues et le gardien se sont interposés et ont reconduit ce parent à l’extérieur de l’enceinte de l’école ».
 
Suite à l’intervention de la police et des pompiers, l’enseignante a été évacuée vers le centre hospitalier de la Miséricorde, où elle s’est vue prescrire une ITT d’un jour. Une enquête a immédiatement été ouverte par le parquet d’Ajaccio pour violences aggravées par deux circonstances : la qualité d’enseignante de la victime et le fait que l’agression se soit déroulée aux abords d’un établissement scolaire. « La mère de famille a été placée en garde à vue à 9 heures ce mercredi matin et est entendue dans les locaux de la Direction Interdépartementale de la Police Nationale. L’objectif c’est d’apporter une réponse pénale rapide à ces faits », indique le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe. 
 
De son côté, le STC Éducation précise que la mère de cette élève scolarisée dans l’établissement depuis la rentrée 2023 avait sollicité une réunion pour rencontrer le directeur et l’enseignante de sa fille qui a été écourtée « en raison du niveau d’agressivité et des menaces proférées par la mère ». De facto, le syndicat déplore le comportement de ce parent « inadmissible d’autant plus que l’école est toujours ouverte au dialogue ». « Tout peut se discuter mais dans un cadre cordial, serein, de respect mutuel, et défini par des procédures de rendez-vous d’un commun accord. Les propos injurieux, les menaces et les violences physiques n’ont pas droit de cité dans notre institution », souligne-t-il en martelant : « L’école doit rester un sanctuaire ».
 
À l’occasion d’une rencontre avec le DASEN ce mercredi, le STC Éducation a demandé le changement d’école de cette élève et le suivi dans sa nouvelle école, ainsi que la protection fonctionnelle de l’enseignante et qu’une plainte soit déposée par la hiérarchie. En outre, afin d’apporter son soutien à l’enseignante victime et à l’ensemble de l’équipe pédagogique, le syndicat appelle « l’ensemble des écoles de la Corse du Sud à un débrayage ce jeudi 15 mai à 8h30 afin de manifester leur totale solidarité aux collègues de l’école élémentaire Salines 6 ». 

Le rectorat apporte son soutien à l'enseignante

Dans un communiqué envoyé à la presse ce mercredi en fin de journée, le rectorat de l'Académie de Corse apporte " son soutien indéfectible à l'enseignante victime de ce comportement inacceptable et à toute la communauté éducative".
" Le Recteur de l'académie de Corse ira à l'école rencontrer l'enseignante à l'issue de son arrêt de travail ", indique l'institution en ajoutant que le jour des faits " le DASEN de Corse-du-Sud s'est déjà rendu à l'hôpital pour la rencontrer et l'assurer du soutien de l'académie de Corse".

" Le Recteur demande aux services académiques de mettre tout en oeuvre pour la protection des personnels de l'école et de travailler en étroite collaboration avec les forces de sécurité et la justice. Les plaintes déposées permettront d'envisager des poursuites judiciaires ", écrit encore le rectorat en annonçant que ses services et ceux de l'inspection académique " sont en lien permanent avec Monsieur le Procureur de la République et apportent à l'enseignante la protection fonctionnelle et juridique ".