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Ajaccio : Saint-Antoine ou la renaissance d’un vallon


Lydie Colonna le Jeudi 17 Octobre 2013 à 22:11

Les travaux de réhabilitation entrepris par la CAPA, en 2004, sur le site de Saint-Antoine, à la périphérie d’Ajaccio, arrivent enfin à leur terme. Afin de présenter au public l’ampleur du travail réalisé et l’avenir réservé au vallon, le site sera encore ouvert aux écoles de la communauté d’agglomérations ce Vendredi 18 octobre, et à tout public le 19 octobre avec une inauguration prévue à 10h30 ce samedi en présence des élus. Trois pôles d’expositions et d’animations sont installés sur le site pendant ces trois jours.



photo lydie colonna
photo lydie colonna

Un pôle Travaux

Jean-Marc Sanchez raconte les travaux
Jean-Marc Sanchez raconte les travaux
 Un pôle Travaux avec un stand où vous attend Jean-Marc Sanchez, en charge des travaux, pour expliquer l’évolution et les différentes étapes de cette réhabilitation. C’est dans les années 60 que le site de Saint Antoine devient une décharge. Elle s’étend sur plus de 12 hectares sur une hauteur de 120 mètres. Il était donc devenu urgent de réagir. A partir de 2001, la réhabilitation de Saint Antoine devient un enjeu majeur. En 2008, les premiers travaux assurent le confortement du talus Est. Ce sont ensuite 110 000 m3 de déchets qui sont déplacés, puis des blocs de pierre sont acheminés pour 60 000 m3 d’enrochement. En surface, du gazon est semé au dessous duquel se trouve la terre « accrochée » par des paviroks (grilles), puis encore plus en dessous sont placés des inter drains dont la fonction est d’orienter les eaux de pluie pour qu’elles ne rentrent pas dans la décharge et enfin un tapis retient l’eau pour assécher les déchets. Le tout repose sur un amas de déchets plus ou moins broyés. Des drains sont posés pour collecter l’eau qui va être traitée avec le biogaz, gaz issus de la fermentation des déchets et essentiellement composé de méthane. Il est capté et éliminé grâce à 30 puits forés entre 5 et 23 mètres à l’intérieur du massif de déchets. Ces puits ont ensuite été raccordés à un réseau de collecte de près de deux kilomètres les reliant au groupe torchère qui élimine le gaz par brûlage afin de diminuer son impact en terme de réchauffement de la planète. L’aspiration de ce gaz va créer un vide qui risque de provoquer un affaissement du terrain, c’est pourquoi après cette présentation de trois jours au public, le site restera fermé et interdit d’accès pendant un minimum de cinq ans.

Un pôle Patrimoine

Plusieurs stands "Patrimoineé
Plusieurs stands "Patrimoineé
Un pôle Patrimoine avec plusieurs stands. Celui des chasseurs de Corse qui présente la faune qui aurait pu être présente sur le site s’il n’avait pas servi de décharge. Une faune présente dans le maquis aux alentours. Les chasseurs expliquent,  aux enfants venus dans le cadre d’une sortie scolaire, quelles sont les différentes catégories d’animaux, ceux qui auraient pu être à Saint Antoine, ceux qui reviendront peut être un jour, et ceux que l’on ne verra jamais ici. Un second stand est consacré à la flore. Il est demandé aux enfants d’essayer de reconnaître différentes plantes présentes dans le maquis corse, à la fois par la vue (fiches photographiques), mais aussi par l’odorât avec des échantillons. Ce sont toutes des plantes que l’on aurait pu trouver dans le vallon s’il n’y avait jamais eu de décharge. Les visiteurs ont pu ensuite rencontrer l’historien René Santoni, auteur d’un ouvrage sur le bagne de Castelluccio. Crée en 1850 par Napoléon III, il accueille des enfants venus du continent, coupables de vols, souvent alimentaires, de petits vagabonds dont parfois le seul délit est d’être orphelins. Ouvert de 1855 à 1866, il reçoit environ 1200 enfants dont 300 mouront de maladie mais aussi de suicide. Plus loin ce sont les auteurs de la BD « le bagne de la honte » que le public peut rencontrer.  Frédéric Bertocchini, scénariste et Eric Ruckstuhl, dessinateur racontent la génèse et les différentes étapes de la création de leur œuvre. Elle raconte l’histoire de Joaquim Evain, petit breton de 11 ans, qui se retrouve en Corse, au bagne de Castelluccio. Une histoire vraie, poignante, qui raconte les conditions de vie de ces enfants devenus des bagnards.  

Un pôle « un meilleur monde »

Des guirlande de dessins pour des enfants impliqués
Des guirlande de dessins pour des enfants impliqués
Un pôle « un meilleur monde » avec différents stands qui ont pour but de montrer, une nouvelle fois, les bons gestes à mettre en œuvre pour préserver l’environnement. Les enfants ont rencontré des animateurs du développement durable dont la mission est, pendant ces trois jours, de parler du tri des déchets, de l’eau et de l’assainissement, et enfin de leur transport. Un autre stand illustré par des élèves de différentes écoles, qui ont réalisé des guirlandes de dessins avec la consigne de représenter la décharge avant et après, ou la flore, avant et après. Une manière de leur montrer que jamais la flore du vallon ne sera la même que dans les paysages environnants du fait de la pollution provoquée par l’enfouissement de tous ces déchets depuis plus de 60 ans. La conclusion qu’il faut en tirer c’est qu’il est nécessaire de diminuer les déchets notamment en limitant les emballages. Il est important d’éduquer les enfants d’aujourd’hui à une nouvelle consommation, une consommation sans emballage pour que les adultes de demain connaissent une vie avec moins de déchets.  

photos lydie colonna