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Aires marines protégées françaises : les sports de nature au cœur d’un programme de recherche de l’Université de Corse et du CNRS


Rédigé par Università di Corsica Pasquale Paoli le Jeudi 11 Juillet 2019 à 16:37

Depuis 2016, un groupe de chercheurs étudie neuf espaces protégés du littoral métropolitain français et leur gestion des sports de nature. Objectifs : donner des clés de compréhension et des outils aux gestionnaires de ces sites pour trouver des équilibres entre le développement économique et la préservation de l’environnement.




Photos : Ludovic Martel / Universit‡ di Corsica - CNRS
Photos : Ludovic Martel / Universit‡ di Corsica - CNRS
C’est l’un des axes majeurs de la recherche à l’Université de Corse autour des aires marines protégées. Depuis janvier 2016, le laboratoire Lieux, Identités, eSpaces et Activités (LISA), placé sous la double égide de l’Université de Corse et du CNRS, travaille sur la place des sports de nature dans ces espaces et dans leurs instances de gouvernance via un vaste programme scientifique impliquant plusieurs universités. Financé par la Fondation de France, ce programme de recherche s’inscrit dans le cadre d’un appel d’offres dont l’intitulé cerne à lui seul l’enjeu de ces travaux :
« Quels littoraux pour demain ? ». Une douzaine de chercheurs s’intéresse ainsi à neuf sites protégés et bien connus du littoral français métropolitain : la mer d’Iroise, la côte normande- bretonne, le golfe du Lion, le bassin d’Arcachon, les estuaires Picards - Mer d’Opale, la côte Basque, ainsi que trois zones en Corse.

Dans l’île, les travaux des scientifiques portent sur le parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate, les Bouches de Bunifaziu et la réserve naturelle de Scandola. C’est dire si la Corse occupe une place centrale dans ce programme de recherche. Au total, les trois sites étudiés le long des côtes de l’île représentent près de 8 000 km2 d’aires marines protégées sur les quelque 25 000 km2 concernées par ces travaux. L’objectif de ce projet scientifique : « Il s’agit de comparer les modes de gestion de ces zones en observant notamment l’intégration des pratiques sportives de nature et leur représentativité au sein des différents organes de gouvernance, explique Ludovic Martel, maître de conférences en sociologie à l’Université de Corse, responsable de ce programme. Les travaux que nous menons doivent nous permettre de donner des clés de compréhension et des outils aux gestionnaires de ces sites protégés pour trouver des équilibres entre le développement économique et la préservation de l’environnement ».
À ce titre, les chercheurs établissent des comparaisons sociologiques et juridiques à propos des gouvernances des trois types d’aires marines protégées concernées par ces travaux : les réserves naturelles, les parcs naturels marins et les zones Natura 2000.
Dans le cadre de leurs enquêtes de terrain, les scientifiques rencontrent les nombreux acteurs des différents territoires et dressent un état des lieux sur chaque site en réalisant notamment l’inventaire des pratiques sportives et de loisirs présentes sur les littoraux.
Au-delà de la pluralité des profils des pratiquants, ils observent des configurations locales variées et également les évolutions des activités maritimes : si le kite surf, le stand up paddle, le longe côte, le wake-board, le JetLev Flyer, le surf électrique ou encore le motonautisme figurent parmi les plus prisées, à l’instar du VTT, des randonnées pédestre, équestre et asine, quad et 4x4 sur les sentiers littoraux , d’autres pratiques plus anciennes comme la plongée restent encore convoitées. En revanche, d’autres activités, comme la planche à voile, très en vogue à la fin des années 1980, sont aujourd’hui en déclin.

« Ce travail de recensement doit nous permettre de construire une base de données et de comparer la présence de ces activités et la place qu’occupent leurs représentants dans les organes de gouvernance des différents sites, précise Johan Jouve, ingénieur d’études au CNRS en sciences de l’information géographique. La finalité est de donner une vision d’ensemble aux gestionnaires de ces espaces labellisés afin de mieux prendre en compte ces activités dans leur processus de
gestion ».
Il faut dire que l’enjeu est de taille. Depuis le début des années 1980, les pratiques de loisirs sportifs de nature, réservées au départ à quelques initiés, se sont largement développées, sous l’effet d’une demande de plus en plus importante en matière d’usages récréatifs. Les résultats du Baromètre des sports et loisirs de nature en France sont, à cet égard, révélateurs : en 2016, il dénombrait 34,5 millions de pratiquants dont 11 millions pour les seuls sports nautiques. Le nombre de licenciés des fédérations sportives nautiques a également enregistré cette hausse : il s’est accru de 31 % entre 2006 et 2011, puis de 34,9 % entre 2011 et 2013.
Parallèlement au développement de ces activités, une prise de conscience environnementaliste a conduit les pouvoirs publics à prendre davantage en compte la protection, la préservation et la valorisation de la nature depuis une quarantaine d’années. Trois dates clés attestent de cette préoccupation : la création, en 1975, du Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres, la promulgation de la loi « littoral » en 1986, et la création de l’Agence des Aires Marines Protégées en 2006.

De ce point de vue, les parcs naturels marins, réserves naturelles et sites Natura 2000 sont autant d’outils pour accompagner cette stratégie. Pour leurs gestionnaires, le fait de pouvoir s’appuyer sur des scientifiques pour disposer d’une grille de lecture sur les activités de loisirs sur le littoral et en mer est d’ailleurs un atout de taille. « Une meilleure connaissance spatiale et quantitative de ces pratiques permet d’aiguiller nos actions en matière de gestion de nos espaces protégés, fait savoir Maddy Cancemi, directrice du parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. Par exemple, si une activité de loisirs se développe contre le bon état de conservation du site, nous pourrions être amenés à la réguler. Ces travaux scientifiques créent des indicateurs et des outils qui peuvent être, d’ailleurs, transférables à d’autres espaces protégés ».
Ludovic Martel ajoute d’ailleurs « c’est à condition que les représentants des sports de nature s’approprient la doxa dominante de « la préservation de l’environnement » qu’ils peuvent escompter défendre le caractère conciliable de leurs usages avec cette dernière ».
En tout état de cause, le fruit de ces recherches est amené à être valorisé rapidement : hormis une base de données qui sera mise à disposition des gestionnaires des neufs sites, un séminaire de restitution est d’ores et déjà prévu à Bastia au terme du programme, en décembre 2019, avec les acteurs des territoires. Un ouvrage collectif suivra.
Rédaction : avril 2019 / diffusion : juin 2019

Aghje marine prutette francese : i sporti di natura in core à un prugramma di ricerca di l’Università di Corsica è di u CNRS

Dapoi u 2016, studieghja un gruppu di cercadori novi spazii prutetti di u liturale metrupulitanu francese è a so gestione di i sporti di natura. U scopu : dà l’arnesi di capiscitura à i gestiunarii di sti siti per truvà l’equilibrii trà u sviluppu ecunomicu è a priservazione di l’ambiente.

 
Face parte di e vie di ricerca maiò in giru à l’aghje marine prutette à l’Università di Corsica. Dapoi u mese di ghjennaghju di u 2016, u laboratoriu Lochi, Identità, Spazii è Attività (LISA), gestitu da l’Università di Corsica è da u CNRS, travaglia nant’à a piazza di i sporti di natura inde sti spazii è inde i so lochi di guvernanza per via di un prugramma scentificu messu in ballu cù parechje univer- sità. Finanzatu da a Fundazione di Francia, s’arremba issu prugettu di ricerca à una chjama d’of- ferta chì basterebbe u so titulu à capisce l’imbusca : « Chì liturali per issu dumane ? ».
Una dodecina di cercadori s’interessanu à novi siti prutetti è cunnisciuti di u liturale francese me- trupulitanu : u mare d’Iroise, a costa nurmanda-brittona, u golfu di u Liò, u bacinu d’Arcachon, l’es- tuarii picardi è di u mare d’Opale, a costa Basca è trè zone in Corsica.
Inde l’isula, riguardanu in particulare issi travagli u parcu naturale marinu di u Capicorsu è di l’Agriate, e Bocche di Bunifaziu è a riserva naturale di Scandula. Palesa quant’ella si busca a Corsica una piazza di prima trinca inde stu prugramma di ricerca. Raprisentanu i trè siti studiati longu à e coste di l’isula circa 8 000 chilometri quadrati d’aghje marine prutette nant’à guasi 25 000 chi- lometri quadrati cuncernati da issi travagli. U scopu di stu prugettu scentificu : « Si tratta di para- gunà i modi di gestione di ste zone fidighjendu in particulare l’integrazione di e pratiche spurtive di natura è a so raprisentatività inde l’urgani di guvernanza, spieca Ludovic Martel, maestru di cunfe- renze in suciulugia à l’Università di Corsica, è rispunsevule di issu prugramma. Ci devenu permette i travagli ch’è no mettimu in ballu di dà l’elementi di capiscitura è l’arnesi à i gestiunarii di sti siti prutetti per pudè truvà l’equilibrii trà u sviluppu ecunomicu è a priservazione di l’ambiente ».
Di fatti, facenu i cercadori paragoni suciologichi è ghjuridichi di e guvernanze di i trè tippi d’aghje marine prutette studiate cù issi travagli : e riserve naturale, i parchi naturali marini è e zone Natura 2000.

Inde u quadru di e so inchieste di terrenu, scrontranu i scentifichi parechji attori di tutti i territorii è facenu l’inventariu di e pratiche spurtive è di divertimentu chì sò prisente nant’à i liturali.
Al di là di a diversità di i prufili di quelli chì pratecanu, sì sò avvisti ch’elle eranu varie e cunfigura- zione lucale è dinù l’evuluzione di l’attività marittime : s’elli eranu u kite surf, u stand paddle, u longe coste, u wake-board, u JetLevFlyer, u surf elettricu o puru u mottonautisimu frà l’attività e più spartute, cum’è u VTT, e spassighjate à pedi, à cavallu o cù i sumeri, i quad è i 4x4 nant’à i chjassi liturali, sò aduprate dinù pratiche più anziane cum’è a ciuffata. Invece, d’altre attività, cum’è a tavula à vela, aduprate assai à a fine di l’anni ottanta, si vedenu di menu oramai.

« Ci deve permette stu travagliu di censu di custruisce una basa di dati è di paragunà a prisenza di st’attività à a piazza ch’elli anu i raprisentanti di ste pratiche spurtive inde l’urgani di guvernanza di i siti, preciseghja Johan Jouve, ingeniere di studii à u CNRS in scenze di l’infurmazione geugrafica. U fine hè di dà una visione d’inseme à i gestiunarii di sti spazii labellizati da ch’elli possanu piglià megliu in contu st’attività inde a so gestione ».

 
Bisogna à dì ch’ella hè tamanta l’imbusca. Dapoi u principiu di l’annu 1980, e pratiche di diverti- menti spurtivi di natura, chì eranu à principiu l’affari di unepochi d’iniziati, si sò spartuti assai per via di una dumanda sempre à cresce in quantu à l’usi ricreativi.
Da stu puntu di vista, ne dicenu assai i risultati di u barometru di i sporti è i divertimenti di natura in Francia : di 2016, si parlava di 34,4 milioni di praticanti, frà i quali 11 milioni solu per i sporti nau- tichi. Hè dinù crisciutu assai u numeru di i licenziati di e federazione spurtive nautiche : hè crisciutu di 31 % trà u 2006 è u 2011, po di 34,9 % trà u 2011 è u 2013.

À fiancu à u sviluppu di st’attività, una presa di cuscenza di pettu à l’ambiente hà permessu à i pu- teri publichi di piglià megliu in contu a prutezzione, a priservazione è a valurisazione di a natura da- poi una quarantina d’anni. Bastanu trè date maiò à fà capisce sta primura : a creazione, in u 1975, di u Cunservatoriu di u Spaziu Liturale è di e Rive di Lachi, a prumulgazione di a lege « Liturale » in u 1986, è a creazione di l’Agenzia di l’Aghje Marine Prutette in u 2006.
Tandu, sò i parchi naturali marini, e riserve naturale è i siti Natura 2000 arnesi per accumpagnà sta strategia. Per i so gestiunarii, u fattu di pudè si arrimbà à i scentifichi per cunnosce megliu l’attività di divertimenti nant’à u liturale è in mare facenu da carta maestra. « Una cunniscenza più fine di u spaziu è di e quantità di ste pratiche ci permette di avvià e nostre azzione in quantu à a gestione di i nostri spazii prutetti, face sapè Maddy Cancemi, a direttrice di u parcu marinu naturale di u Capi- corsu è di l’Agriate. Per un dettu, s’ella si sviluppa un’attività contru à una cunservazione bona di u situ, a puderiamu regulà. Fatta fine, issi travagli scentifichi sò indicatori è arnesi chì ponu esse dinù trasferiti à d’altri spazii prutetti ».
Aghjunghje d’altronde Ludovic Martel chì « si puderanu accuncià è difende l’usi di i raprisentanti di sporti di natura patti è cundizione ch’elli fessinu soia a dossà duminante di priservazione di l’am- biente » per u sviluppu di e so attività.
Intantu, serà valurizatu prestu u fruttu di ste ricerche : al di là di a banca di dati chì serà messa à dispusizione di i gestiunarii di i novi siti, hè digià previstu un seminariu di restituzione in Bastia à a fine di u prugramma, di dicembre 2019, cù l’attori di i territoriu. Serà dinù prupostu un libru cul- lettivu da prisentà issi travagli.
Rédaction : avril 2019 / diffusion : juin 2019







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