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Xylella fastidiosa : Un dossier préoccupant


Rédigé par Jacques RENUCCI le Jeudi 12 Avril 2018 à 11:31 | Modifié le Jeudi 12 Avril 2018 - 19:30


Le problème de la Xylella fastidiosa est qu'il n'existe aucun traitement de cette bactérie. Reste donc à faire confiance aux contrôles sur la circulation des végétaux et aux avancées de la recherche


Le dossier de la Xylella fastidiosa, cette bactérie transportée de plante en plante par des insectes piqueurs, a connu un regain d'actualité avec la publication d'analyses nouvelles assez alarmantes. Un regain d'actualité et une poussée de fièvre, entre oléiculteurs, pépiniéristes, services de l’État et mouvements politiques.
 
 

Le contrôle des végétaux éventuellement porteurs de la maladie est-il suffisamment assuré, avec cette nuance que le calcul du risque évolue avec la recherche scientifique ? L’État suit sans doute à la lettre, et avec parfois plus de rigueur, les directives européennes, mais il se heurte à une dure réalité : la libre circulation des personnes et des biens au sein de l'Union. A côté des entrées « officielles » de végétaux labellisés sains, comment en dire autant de ceux achetés sur internet, de ceux non vérifiés ramenés par des particuliers dans leurs bagages, ou de la vente sauvage hors de tout réseau ? L'insularité pourrait être un avantage dans la lutte, mais elle n'est visiblement pas un rempart suffisant. Les vignes aux États-Unis et les plantations d’agrumes au Brésil sont déjà passées par là et ont fait la dure expérience du manque de solution.
 
 

Des parasites voyageurs
Le cynips du châtaignier, le charançon rouge du palmier, le chancre coloré du platane entrent dans la même catégorie : celle des virus, des champignons, des insectes venus d'ailleurs, qui ont voyagé à la faveur des échanges internationaux, particulièrement ceux qui ont trait au commerce des végétaux. Tous ces parasites s'adaptent vite à leur nouvel environnement, qu'ils agressent par surprise, et la recherche de solutions pour les combattre n'est pas toujours présente dès le départ – avec la difficulté de tenter de remonter à la source. Celle-ci ne se situe pas forcément dans des semences ou des plants à repiquer. Par exemple, ce sont des palettes de bois encadrant des éléments d'ascenseurs fabriqués en Chine qui auraient fait pénétrer en Europe le capricorne asiatique, qui s'attaque entre autres aux agrumes comme aux saules ou aux érables... Selon une étude de l'INRA, 102 espèces d’insectes «ravageurs d’intérêt agronomique» - dont la moitié provenant d'Asie - ont été introduites en France de 2000 à 2014, surtout concernant les plantes environnementales. Seuls 10% toucheraient l'arboriculture, avec les conséquences économiques que l'on devine, surtout dans un secteur en expansion comme l'oléiculture corse.
 
 

La prophylaxie comme remède
Les mesures préventives font la plupart du temps défaut et on le constate avec les oliviers touchés : la solution radicale préconisée est la prophylaxie, autrement dit la destruction par le feu dès qu'un soupçon de dessèchement apparaît. En 2013, on détecte la Xylella dans les Pouilles (souche dite pauca), puis en juillet 2015 en Corse (souche multiplex). Quatre mois auparavant, un pied de caféier importé du Brésil via les Pays-Bas et porteur avait été saisi à Rungis... C'est le circuit que l'on a retracé pour les Pouilles. La Xylella fastidiosa peut contaminer près de 300 plants différents, des plants dit « hôtes », avec des préférences entre hôtes selon la présence de telle ou telle souche.
 
 

Les directives européennes pour éviter la dissémination, si l'on considère l'exemple des Pouilles, ne font pas de détail : destruction systématiques de chaque arbre infecté... et de tous ceux autour dans un rayon de cent mètres, une décision contestée en justice par les oléiculteurs italiens qui préconisent l'élagage, mais la Commission est restée ferme. Le sud de l'Italie, l'une des régions oléicoles les plus productives d'Europe, compte 50 millions d'oliviers. La destruction des arbres malades – estimés à 10% du total – pèserait peu sur la production. Il en irait tout autrement de la Corse si l'on y appliquait les mêmes quotas. C'est pourquoi, autant que sur la rigueur accrue des contrôles, il faut miser sur des avancées significatives de la science. C'est une véritable course contre la montre qui est engagée.





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