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Plusieurs sangliers tués puis abandonnés en pleine montagne, les fédérations de chasse dénoncent des actes « impensables »


La rédaction le Mercredi 16 Septembre 2026 à 18:46

Plusieurs sangliers ont été retrouvés morts ces derniers jours dans le secteur du Camputile et à proximité du refuge de Manganu. Des animaux qui auraient été abattus puis laissés sur place par deux chasseurs. Alors que des photographies de leurs dépouilles circulent sur les réseaux sociaux, les fédérations des chasseurs de Corse et le Parc naturel régional de Corse condamnent fermement ces faits.



(Photo : Facebook Cacciatori di Camputile)
(Photo : Facebook Cacciatori di Camputile)
« Cet évènement, impensable par le passé, est devenu hélas aujourd'hui presque normal pour certains qui, non seulement ne ressentent aucune honte quand ils commettent ce genre d'acte gratuit, mais n'hésitent pas aussi parfois à s'en vanter ». Dans un communiqué commun publié sur les réseaux sociaux ce mercredi, Ange-Dominique Manenti et Jean-Baptiste Mari, respectivement présidents des fédérations des chasseurs de Corse-du-Sud et de Haute-Corse, laissent transparaître leur colère.
 
Selon les deux présidents des fédérations de chasseurs de l’île, plusieurs sangliers ont en effet été tués et abandonnés « sur l'estive de Camputile, là où se rejoignent les communes de Corti, Soccia et Ortu ». Une situation qu'ils assurent vouloir dénoncer avec force. « Les fédérations des chasseurs de Corse ont déjà condamné et condamneront toujours ce genre de comportement qui dégoûte l'immense majorité des chasseurs et offre les meilleurs arguments à ceux qui rêvent d'abolir la chasse », écrivent-ils.
 
Pointant tout à la fois des questions éthiques et sanitaires, Jean-Baptiste Mari et Ange-Dominique Manenti regrettent que « ni l'éthique, ni les risques sanitaires, ni le respect des animaux, ni celui des équipes et des sociétés de chasse locales ne comptent pour ces individus ». Et appellent les chasseurs qui pourraient être témoins de tels comportements à ne pas les laisser passer. « Ne rien dire reviendrait à accepter que ces comportements puissent être qualifiés de normaux. Ils ne le sont pas et ils agissent contre la chasse », insistent-ils.
 


Dans une autre publication diffusée cette fois sur les réseaux sociaux de Cacciatori di Camputile, ce sont deux chasseurs, qualifiés de « pseudo-mercenaires de la chasse », qui sont mis en cause. I Cacciatori di Camputile affirment en effet que ces derniers auraient chassé « sans aucun droit de chasse sur les communes concernées », dont les territoires sont gérés par les sociétés de chasse d'Orto, Soccia, Corte et Casamaccioli. D'après eux, un premier sanglier d'une soixantaine de kilos aurait ainsi été abattu puis abandonné à seulement 60 mètres du refuge de Manganu, sur la commune d'Orto. Les deux chasseurs se seraient ensuite rendus dans le secteur du Camputile où sept autres sangliers auraient été tués. « L'occasion était trop belle et c'est encore une fois sept sangliers qui sont découverts morts, alignés les uns à côté des autres, histoire de faire une petite photo souvenir, puis abandonnés au soleil », dénoncent les chasseurs, indiquant par ailleurs que les deux hommes auraient eux-mêmes raconté les faits à plusieurs personnes, permettant ainsi de retrouver les animaux. « C'est grâce aux témoignages des deux principaux concernés, qui se sont vantés de leurs exploits auprès de nombreuses personnes, que les dépouilles des sangliers braconnés ont pu être facilement retrouvées », affirment-ils encore.
 
Le PNRC alerte sur les risques sanitaires
 
Face à ces faits, le Parc naturel régional de Corse a tenu à condamner « avec la plus grande fermeté de tels agissements », en pointant notamment les conséquences que peut avoir l'abandon des carcasses en pleine montagne. « Au-delà de la question environnementale et du respect dû à la faune sauvage, l'abandon de cadavres d'animaux dans un espace naturel soulève également des enjeux sanitaires qui ne peuvent être ignorés », souligne le Parc.
 
Tout en rappelant que la chasse pratiquée dans le respect de la réglementation « répond à un cadre précis », le PNRC estime qu'elle « ne saurait en revanche justifier des comportements consistant à tuer sans nécessité identifiable ou à laisser des animaux morts sur le terrain ».« La montagne est un espace partagé. Elle appartient à tous ceux qui la fréquentent, mais elle est avant tout un milieu vivant que chacun a la responsabilité de préserver », poursuit encore le PNRC, avant de rappeler que « le respect du vivant n'est pas une option ».