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Pierre Savelli : « Nous avons fait à Bastia en 6 ans ce que d’autres n’ont pas fait en 50 ans ! »


Nicole Mari le Mardi 3 Mars 2020 à 22:19

C’est un scrutin décisif pour le maire sortant Pierre Savelli qui a remplacé en cours de mandat Gilles Simeoni à la mairie de Bastia. Avec un triple enjeu : acquérir une légitimité propre par les urnes, faire valider le bilan de six ans de gestion nationaliste que ses adversaires pourfendent, et garder la ville dans le giron Femu a Corsica au moment où la famille nationaliste se déchire. Avec sa liste « Bastia Piu Forte Inseme » qui s’inscrit dans la continuité de 2014 tout en renouvelant largement, il entend convaincre les Bastiais de lui faire confiance dès le 1er tour. Répliquant point par point aux critiques, il en appelle à la vérité et renvoie ses adversaires à leurs responsabilités. Il dit sa fierté du travail accompli et sa volonté de changer Bastia au profit de tous.



Pierre Savelli, maire sortant de Bastia, candidat à l'élection municipale avec la liste "Bastia Piu Forte Inseme". Photo Lea Eouzan.
Pierre Savelli, maire sortant de Bastia, candidat à l'élection municipale avec la liste "Bastia Piu Forte Inseme". Photo Lea Eouzan.
- Vous avez décidé de rempiler dans la même configuration qu’en 2014. Pourquoi un tel choix ?
- Nous avons décidé, tous ensemble, de continuer ce que nous avons entrepris en 2014, c’est-à-dire construire le Bastia de demain. Ce Bastia résulte de la confrontation de nos idées et de nos visions. Une vision forgée pour ma part par une vie de Bastiais et une vie de militant commencé dans les années 70 et infléchie fortement par la prise en compte de la dimension sociale et des difficultés qu’on pouvait rencontrer dans notre ville. Dans les années 80, j’ai découvert ce qu’était réellement le clientélisme et j’ai décidé de m’y opposer de toutes mes forces. Aujourd’hui, nous en avons tous la possibilité. C’est ce que nous avons fait depuis 2014 : changer le rapport entre le politique et le citoyen, entre le politique et l’administration.
 
- C’est-à-dire ?
- Il n’y a plus de porosité ! C’est une situation de 50 ans que nous avons mis quelques mois à déconstruire. Aujourd’hui, nous avons instauré la transparence et la démocratie, la mairie fonctionne bien, il n’y a plus de problème au niveau des marchés publics. C’est, pour nous, une vraie fierté de voir, quand nous faisons des appels d’offres ou à candidatures, que 10, 15 ou 20 entreprises postulent, que des jeunes architectes corses sont retenus sur les différents projets. Nous voulons que tout cela, qui est encore perfectible, continue de manière durable.
 
- Côté liste, beaucoup de renouvellement, pourquoi ?
- Il y a des visages nouveaux. Notre démarche de rassemblement a été initiée en 2014 autour de valeurs essentielles : le respect, la démocratie, la transparence et l’équité. Toutes les personnes, qui nous ont rejointes à l’époque et qui voulaient vraiment travailler de cette façon-là, sont toujours à nos côtés. Celles, qui ne pensaient pas un traitre mot des engagements qu’elles ont pris, ne sont plus là. Cette volonté de rassemblement, qui a vocation à s’élargir au plus grand nombre, s’est poursuivie avec six nouvelles personnes dans les 20 premières de la liste, soit 30% de renouvellement. L’idée est de toujours enrichir la démarche.
 
- Le président de l’Exécutif à la 7ème place, quel message voulez-vous donner aux Bastiais ?
- Gilles Simeoni est un Bastiais. Il est toujours à l’écoute. Nous travaillons main dans la main, comme vous pouvez l’imaginer. Sa place sur la liste prouve à quel point il s’intéresse aux destinées de sa ville qu’il a du quitter pour exercer d’autres responsabilités. Ceci dit, les gens le connaissent assez bien pour savoir qu’en tant que président de l’Exécutif, il traite toutes les communes avec la même équité.

- Vous venez d’inaugurer la Cité des sciences et le Mantinum. Vos adversaires fustigent des projets qui seraient ceux de l’ancienne mandature. Que répondez-vous ?
- Tout ce qui est excessif est dérisoire ! Il est vrai que les deux premières années, nous avons terminé les projets de l’ancienne mandature. Si peu nombreux ! La preuve, c’est qu’en 2016, il n’y en avait plus ! Leur seul vrai projet était l’Alboru ! Les autres fameuses boîtes bourrées de projets étaient vides ! Le projet Gaudin était un simple parking et une boite vide ! Rien que pour ce projet soi-disant emblématique de l’ancienne mandature, il n’y avait rien dans la boîte, ni plan, ni financement… Rien ! Nous l’avons transformé en un parking bientôt terminé, une école, une crèche, la rénovation du rond-point Moro-Giafferi, la réorganisation du boulevard Giraud, la réhabilitation du boulevard Gaudin avec la suppression des places de parking dès que le parking Gaudin sera ouvert… La même chose pour le Spassimare et l’Aldilonda, nous avons du modifier complètement des plans qui étaient irréalisables ! Le Mantinum, c’est notre projet ! Personne n’en a parlé avant ! Le lieu était un canisite géant, nous en avons fait un endroit unique. Sans parler de la rénovation du Centre ancien et de l’avenue de la Libération qui aurait du être faite depuis longtemps et qui ne l’a jamais été ! Quand on est resté 50 ans aux responsabilités et qu’on n’a rien fait, on ne peut pas revendiquer les réalisations des autres.
 
- Pourtant tous vos adversaires clament d’une même voix qu’il n’y aura rien dans les cartons de votre successeur ?
- Mais comment peuvent-ils dire cela ? Les projets sur l’îlot de la Poste ou sur la Gare, c’est nous qui les avons initiés. Je rappelle que le vieux projet de la Collectivité de Corse sur la gare n’a jamais vu le jour parce qu’Emile Zuccarelli n’a jamais signé le permis de construire. Qu’ont-ils fait pour Bastia ? Nous, ce que nous faisons, c’est dans l’intérêt général de la population et pas pour untel ou untel ! Nous avons investi 100 millions € en 6 ans, et pas avec des projets qui démarrent à 17 millions € et qui finissent à 25 ou 27 millions € comme le parc Vincetti. Nous avons respecté les enveloppes de départ et autant que possible les délais, même s’il y a eu des retards causés par les intempéries. Ils peuvent dire que nous n’avons rien fait, ils peuvent essayer de tordre la vérité, mais elle ressort toujours !
 
- Alors, quel est votre programme pour la prochaine mandature ?
- Nous avons décliné dans un document de 52 pages notre ambition pour Bastia, notre vision de ce que sera notre ville dans 30 ans. A partir de cette vision à long terme, nous savons où nous voulons aller. Nous avons phasé des projets, certains sont déjà dans les cartons et prêts à sortir. L’objectif, c’est de récréer du lien. Comment ? Par la mobilité et les transports en commun, en permettant aux gens de venir en ville, mais de garer leur voiture en périphérie. Par la reconnexion entre les quartiers. La mairesse de Paris veut faire de Paris, la ville du quart d’heure, nous nous voulons faire de Bastia, la ville des 5 minutes en fonction du mode de déplacement choisi. Notre priorité, c’est aussi construire une école à Cardo, réhabiliter l’école Desanti, créer une salle de restauration à l’école Défendini... Le projet de la gare prévoit 900 places de stationnement, des bureaux et des logements. L’îlot de la Poste accueillera des commerces, des logements, des bureaux et un hôtel.
 
- Tout le monde évoque le déclassement de Bastia que l’on vous impute en partie. Comment y remédier ?
- C’est incroyable de nous imputer le déclassement ! Ceux qui nous ont précédés à la mairie ou à l’Exécutif de la région, qu’ont-ils fait pendant tant d’années pour Bastia ? Qu’ont-ils fait en 1992 quand la Collectivité et 7 offices et agences ont été créés ? Qui a tous mis à Ajaccio ? Nos opposants aujourd’hui, qui étaient aux responsabilités hier, ont la mémoire courte ! Il suffit de voir à quel niveau était Bastia en termes de population en 1975 par rapport à Ajaccio, et de comparer. En 1975, il y avait 3 000 habitants qui séparaient Bastia d’Ajaccio, en 2014, il y en avait 25 000 ! Depuis 2014, depuis que nous sommes aux responsabilités, la population bastiaise a augmenté de 3 000 habitants. Pour la première fois de son histoire, la ville a dépassé 45 000 habitants. Tout n’est pas gagné pour autant, mais on va appuyer dans ce sens. Ensuite, une ville ne vit pas parce qu’elle a de l’administration ! Sinon Bonn, qui a été capitale pendant 40 ans, serait la première ville d’Allemagne ! Il faut une activité économique élevée et que toutes les conditions du développement économique soient remplies. Enfin, la mixité sociale est notre crédo. Ce n’est pas nous qui avons fait des quartiers avec seulement des logements sociaux et des quartiers sans aucun logement social. Nous sommes en train d’essayer d’inverser la tendance avec des logements sociaux en centre ville et des logements d’accession à la propriété et de meilleur standing ailleurs.
 
- Le sujet brûlant est comme en 2014 le port de la Carbonite. Les autres listes nationalistes vous reprochent de ne pas être clair sur le sujet. Quelle est votre position ?
- La question du port sera tranchée rapidement par un grand débat public qui, cette fois-ci, ne sera pas confisqué. Il y a deux scénarii : un faisable et l’autre complètement fou. Le projet fou, c’est un port pour 9 millions de passagers, qui ne correspond pas du tout aux besoins de la Corse d’aujourd’hui, ni à celle de demain, c’est 100 hectares de posidonies rayées d’un coup de plume… Ce n’est pas possible ! Il reste deux projets faisables : Portu Novu ou l’agrandissement du bassin Saint-Nicolas. Tous ces éléments et leur impact environnemental, ainsi que le coût parce que le port sera financé par l’argent du contribuable, seront donnés aux Bastiais et aux Corses qui se prononceront. Nous passerons, si c’est possible, par voie référendaire pour consulter les Bastiais, la population de l’agglomération et même les Corses pour savoir ce qu’ils veulent.

- Les tensions persistent avec vos partenaires de la majorité régionale qui ne digèrent pas votre refus de l’union nationaliste. Est-ce problématique ?
- Il n’y a, pour notre part, aucune tension. Nous respectons les autres candidats, la réciproque n’est pas toujours vraie. Nos partenaires de la majorité territoriale voulaient une liste d’union, nous prônons une liste de rassemblement. Ce qui a été fait au niveau régional était impossible à faire à Bastia ! On ne peut pas minimiser l’effet qu’ont eu le scrutin de 2014 et la victoire à Bastia sur les scrutins suivants. Pour nous, c’est un acte fondateur qui a libéré les consciences. Les gens ont compris qu’il était possible de construire un rassemblement sur des bases démocratiques et claires. Les victoires, qui ont suivi, nous ont donné raison. En 2015, il n’y avait pas plus de liste d’union nationaliste au 1er tour des territoriales. Deux ans après, il était impossible, au vu des circonstances, de ne pas faire l’union. A Bastia, nous ne pouvions pas dire à nos partenaires, qui ont eu le courage de nous rejoindre en 2014, de dégager. Et si aujourd’hui, l’union connaît quelques difficultés, comme je suis un optimiste, je pense qu’elles s’amenuiseront avec le temps.
 
- Pensez-vous possible une union avec d’autres listes nationalistes au 2nd tour ?
- Il est bien trop tôt pour le dire… L’élection va se jouer au 1er tour où nous voulons être le plus haut possible. C’est pour cela que nous disons aux Bastiais d’être clairs dès le 1er tour. Nous pensons que les Bastiais ne méritent pas que l’on revienne en arrière. Ceci dit, je ne vois pas comment nous pouvons faire l’union avec des gens qui ne cessent de nous critiquer et qui ne vont pas, au soir du 1er tour, nous trouver subitement toutes les vertus possibles. C’est pour cela que dans une campagne électorale, il faut mesurer ces propos, respecter tous les concurrents parce que le retour en arrière ne sera pas possible.
 
- Ne craigniez-vous pas au 2nd tour, le mot d’ordre : « Tous, sauf Savelli ! » ?
- Non ! C’est tout, sauf un programme ! Quoiqu’il en soit, c’est aux Bastiais de décider : s’ils veulent continuer ou non avec nous, s’ils sont d’accord avec nos projets et notre vision de la ville. Nous avons fait en 6 ans ce que d’autres n’ont pas fait en 50 ans ! Nous nous présentons sereins devant les électeurs. Nous avons la vraie volonté de changer la ville, de la faire progresser au bénéfice de tous ses habitants, pas au bénéfice de quelques uns.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.


















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