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Macron : Malvenue chez nous


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mardi 2 Avril 2019 à 19:05

C'est en Corse que le Président de la République termine son périple dans le cadre du grand débat. Une destination plus difficile que d'autres...




Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.

Donc, c'est en Corse qu'Emmanuel Macron conclut sa tournée « grand débat ». Le Président a eu le temps de bien se roder et il le fallait car, loin d'être une apothéose, ce baisser de rideau n'est pas des plus faciles.

Il ne fait aucun doute que, dans le Haut-Taravu, le Président sera bien reçu, non seulement en vertu de sens de l'hospitalité que l'on prête aux Corses, mais aussi par la persistance bien ancrée de l'esprit républicain : ce n'est pas tous les jours qu'un Président de la République vous fait l'honneur de venir chez vous, dans une zone où les réalités de la désertification contrarient souvent les initiatives menées pour résister à cette fatalité, par la créativité des projets et la capacité à les rendre viables.
 

Cet esprit républicain vivace, on le retrouve chez les maires qui auront fait le déplacement jusqu'à Cuzzà, pour le long échange programmé à cette occasion. Il y aura des absents, mais aussi ceux qui brûlent d'y être, ceux qui y vont par devoir, sans aucune envie... Comme partout. Avec une différence toutefois : Emmanuel Macron a pris l'initiative du grand débat national en réaction aux gilets jaunes – et les conférences citoyennes se sont multipliées sur le continent, avec parfois un bel enthousiasme dans les propositions. En Corse, ni gilets jaunes, ni grand débat, ou presque. Conscience d'une fatalité qui fait que la voix de la Corse ne compte pas ou jugement que les problèmes insulaires ont quelque chose de spécifique qui échappe aux préoccupations collectives ? Peut-être les deux...
 

La chaise vide
A cet exercice de démocratie participative - dans une Corse rurale où il y a plus de gilets oranges que de gilets jaunes et plus de pick-up que n'en comptait toute l'armée de Daesh – les responsables territoriaux de la majorité ne participeront pas. Depuis février 2018, où ils ont eu l'impression de subir humiliation sur humiliation, ils ont la rancune tenace. Conscient de ce qu'a de symboliquement dévastateur cette défection - d'autant plus qu'elle est suivie et approuvée par une bonne part de la population - le Président a tenté, mais un peu tard, une ultime approche auprès de Gilles Simeoni. En vain. Une remarque : la chaise vide, cela s'est produit dans d'autres régions, et par des élus qui étaient loin d'être des extrémistes. Les analystes situent cette attitude dans le jeu des rivalités démocratiques. Mais, dès lors qu'il est question de la Corse, on parle d'anti-France et de séparatisme...

 

Comme souvent dans son périple consultatif, au fil de rencontres interminables avec les maires, un périple interprété par les garants du grand débat comme une « campagne déguisée » en vue des élections européennes, Emmanuel Macron a ouvert le robinet d'eau tiède dans la presse régionale – en l’occurrence, pour une bonne part, un copié-collé des récentes interventions de la préfète de Corse devant les élus territoriaux. Pour le reste, rien d'autre qu'un tribut discret à l'identité locale et un semblant de réponse aux demandes réitérées des pouvoirs locaux. Macron promeut - et promet – un embryon d'ambition régionale qui apparaît comme une figure imposée dictée par les circonstances.

 

Une paix fragile
Cela dit, il serait exagéré de qualifier cette visite d'historique, car elle s'inscrit dans une mise en avant programmée du Président de la République, accusé lors des manifestations d'ignorer le pays profond. Pour le Corse moyen, un Macron par mois, ce serait bien : sur la route de l'aéroport d'Ajaccio, on rajeunit les massifs de fleurs, dans la montée vers le Taravu on enlève les épaves de voitures, on enferme les porcs errants et les vaches en divagation, les charcutiers entrent en compétition de qualité pour le jambon présidentiel, on bouche les trous des routes. Que du positif... Mais il serait aussi faux d'ignorer que l'escale insulaire du Président se situe dans un contexte pesant. En témoigne le dispositif de sécurité mis en place sur le parcours, comme dans les villages les édiles demandent aux drapeaux corses de se faire discrets... On sent combien au fil des jours la paix devient précaire ; une partie de la jeunesse, et sans doute de ceux qui ont déposé les armes, est déçue de la tournure des événements. Ils attendaient une autre contrepartie. Attentats et tentatives d'attentats reprennent sur le mode discret, même si l'absence de revendication en atténue le caractère « pédagogique » et les limite pour l'instant à la sphère des faits divers. L’État semble ignorer une évidence : le fait que les nationalistes soient au pouvoir - ces nationalistes qu'il exècre - est le frein principal à la reprise de la violence politique. Jusqu'à quand ? Cela dépend en grande partie d'Emmanuel Macron.




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