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Jean-Laurent Albertini expose jusqu'au 12 Juillet à l'espace d'art contemporain Orenga de Gaffory


Rédigé par le Vendredi 19 Juin 2015 à 03:12 | Modifié le Vendredi 19 Juin 2015 - 03:27


Jean-Laurent Alebrtini a accroché ses toiles jeudi soir à à l'espace d'art contemporain Orenga de Gaffory à Patrimonio. A voir jusq'au 12 Juillet


Jean-Laurent Albertini expose jusqu'au 12 Juillet à l'espace d'art contemporain Orenga de Gaffory
Latitude‐Longitude ?
Cette première série de peintures composent le récit d’un voyage immobile, réalisé depuis le point fixe d’une pièce créée en pleine nature par l’artiste.
« Mon travail sur le paysage a commencé un jour de 1996. Ce jour là j'ai choisi un lieuconcrétisant mes meilleures sensations. J'ai défriché et commencé la fabrication d'un espace qui, dans la mémoire collective, renvoie à l'aire de battage, l'Aghia, lieu  nourricier, respecté, et cercle symbolique. »
Ce lieu est situé au milieu des montagnes du Niolu tout près du village de l’artiste. « Ce choix a été déterminé par la nature de l'endroit, entre aspérité, permanence et isolement » Il est relié au reste du monde par des coordonnées qui définissent son endroit sur le globe terrestre : "latitude 42°.19'.09.5 nord, longitude 008°58'.23.6 est".


Le voyage a donc commencé par la construction de « l’Aghja »,  refuge des souvenirs, gardien d’une culture, devenue lieu de travail et lieu d’un long voyage sédentaire. Pendant trois ans, l’artiste est venu sur le lieu, prendre des photographies, qui lui ont servies de modèles pour la réalisation de dessins au crayon ou à la mine de plomb.  
« Ici le dessin ne doit pas être considéré comme une pure imitation du réel, ou comme une incapacité à "interpréter", mais comme un moyen, par la lenteur du geste, par le temps nécessaire, par la précision, d'être dans le paysage, de s'immerger, la main transformant leterritoire en île graphique. »
Des dessins minutieusement descriptifs dont le trait délicat et la précision rappelle l’art des maitres de l’estampe japonaise. Les contrastes, d’infinies nuances de gris reproduisent toutes les couleurs du paysage, les lumières des différentes saisons traversées pendant ce long voyage.  Les volumes sont denses, la profondeur intense, le traitement des ombres subtil, la matière épaisse, presque palpable. Il se dégage des paysages un sentiment de sérénité troublant,  attirant  le spectateur à l’intérieur ces écrins  d’une beauté paisible, recueillie et intime.
« Cette île graphique va ensuite se confronter dans de grands formats à des gestes picturaux plus bruts, au vide, à la matière, à l'ocre du tuf, à la feuille d'or, à la fleur d'immortelle, et parfois aussi à une certaine naïveté d'expression et tout ceci pour la sublimer. Je ne suis pas un peintre paysagiste, je ne m'impose pas au paysage par une interprétation personnelle, c'est un peu comme si j'étais à son service. »


Ces grands formats proposent une représentation onirique du monde en  dehors de l’Aghja.
Enlacés par cette dernière, les petits mondes graphiques semblent posés au centre de l’univers, protégés par la voute céleste, d’un noir à la fois mystérieux et bienveillant,  illuminés par un manteau d’étoiles multicolores, enfantés par les profondeurs de la terre ou par des forêts souterraines peuplées d’immenses pins Lariciu ; La terre est omniprésente, tantôt couchée brute sur le support, tantôt  parée de blanc et de noir, ou encore parsemée des fleurs dorées de l’Immortelle, cette plante endémique à la Corse, très prisée pour ses vertus régénératrice. L’or se mêle également au crayon, à la peinture pour rendre aupaysage sa valeur iconique.

« Parassi di l’Ochju »
Dans la seconde partie de l’exposition Jean‐Laurent Albertini présente une série de peintures initiée en 2013 qui explore le mythe de l’Ochju, L’Ochju « le mauvais œil » est une croyance très ancienne et répandue en Méditerranée. Le signe de la main mimant  les cornes avec l’index et l’auriculaire levés sont censés éloigner de mauvais œil.  La tradition veut également que l’on accroche à son collier un œil de Sainte ‐ Lucie pour s’en préserver. Ce coquillage de corail poli par la mer est une représentation très ancienne de l’Ochju en même temps qu’une évocation des domaines du visible et de l’invisible liés à sa légende.
« Nous autres occidentaux sommes héritiers de la renaissance, de cette mise en avant de la raison, marqués à jamais, nous regardons et considérons tout ce qui relève de croyances, de rites, avec un regard d'ethnologue, la vision philosophique du monde a remplacé une vision mythique de celui‐ci, il n'est pas question de remettre en cause ce choix historique mais, se référer parfois à une part de mystère offre à l'artiste un champ d'investigation infini. La série des mains de corail s'intègre dans cette démarche, conjurer le sort,"parassi di u malocchju", avec, comme dans une approche surréaliste, une liberté dans l'emploi des matériaux, des symboles, dans le détournement en geste artistique de la broderie, le geste, le temps passé, et l'aiguille qui, cruelle, demeure plantée dans la toile »

Sur de grands formats verticaux, l’artiste visite, la symbolique de l’Ochju à travers une multitude de signes de couleurs flamboyantes, dans lesquels on devine l’ondulation de la mer, les rayons du soleil, et les prismes de la lumière, Au  centre de la toile, toujours  l’Aghja, et en son  cœur, la main salvatrice de l’Ochju, brodée, ou peinte à l’acrylique dans la couleurdu corail dont l’Ochju tire son essence.  
Autour, la profondeur de grands aplats de couleur, parfois troublés par des formes abstraites, laisse imaginer l’étendue du voyage, dans cet univers ésotérique, peuplé de rites occultes, qui n’a pas encore dévoilé tous ses mystères.
« Avec le recul obligé du petit occidental que je suis, je m'accommode, je traduis sûrement un manque et j'oscille entre le rationnel et l'irrationnel, avec le souci permanent d'une présence plastique forte. »





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