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Core in Fronte : "La délibération du 5 juillet à l'Assemblée de Corse ne saurait faire l'objet d'un tripotage"


Nicole Mari le Samedi 23 Septembre 2023 à 16:31

Emmanuel Macron se rendra en Corse du 27 au 29 septembre pour une double séquence : mémorielle avec l’anniversaire de la libération de l’île, et politique avec des annonces concernant la réforme institutionnelle. À cinq jours de la visite du président de la République, le parti indépendantiste Core in Fronte a tenu, samedi matin à Aiacciu, à réaffirmer clairement et fermement sa position concernant le futur statut d’autonomie de la Corse et fustiger le compromis avec la droite que réclame Paris.



Le parti indépendantiste Core in Fronte tient une conférence de presse à Aiacciu devant la Collectivité de Corse, quelques jours avant la venue du président de la République dans l’île. Photo CiF.
Le parti indépendantiste Core in Fronte tient une conférence de presse à Aiacciu devant la Collectivité de Corse, quelques jours avant la venue du président de la République dans l’île. Photo CiF.
« La délibération du 5 juillet de l'Assemblée de Corse doit être respectée. Elle ne peut faire l'objet d'aucune compromission ». A cinq jours de la visite du président de la République dans l’île, le parti indépendantiste Core in Fronte a tenu à réaffirmer clairement et fermement sa position concernant le futur statut d’autonomie de la Corse, rejetant le compromis avec la droite que réclame Paris. La délibération, appelée Autonomia et co-écrite avec l’ensemble des groupes nationalistes, a été adoptée par 73% des suffrages face à celle de la droite qui propose un projet de réforme à minimà. Paris, désireux d’obtenir les 3/5ème du Parlement, députés et sénateurs, demande à l’Exécutif corse de revoir sa copie et d’écrire un texte commun avec l’opposition de droite. Pas question pour le parti indépendantiste qui appelle à respecter la démocratie et le fait majoritaire, assenant que la délibération « ne saurait faire l’objet d’un quelconque tripotage visant à détourner, sinon à vider de son contenu celui-ci. Il n’est pas question pour nous de remettre en cause un choix majoritairement exprimé ». Il fustige le groupe de droite et juge « intolérable de subir les menaces de ceux qui, dans le camp de la droite traditionnelle et libérale française du groupe Soffiu Novu, mais aussi au sein du Parlement et du Sénat français, s’évertuent à braquer une détermination démocratique. Ces tenants de la monocratie jacobine, frileusement dits régionalistes, entendent tirer vers le bas un projet d’avenir. Ils ne sont que la courroie de transmission de ceux, qui dans le gouvernement français actuel, relativisent la recherche d’une solution politique selon les seules données propres à un calendrier électoral et aux institutions politiques françaises ». Et de prévenir : « Il n’est pas question de rabaisser la proposition d’autonomie pour de quelconques lignes bleues, blanches et rouges ! Il n’est pas question de troquer l’avenir de la Corse contre un plat de lentilles ! »
 
L’importance d’un Titre
Revenant sur le contenu de la délibération du 5 juillet 2023 qui entérine le transfert de toutes les compétences, le parti indépendantiste déclare que « ce vote historique » doit générer de nouvelles relations « paritaires » entre la Corse et la France « marquées par le sceau du respect et de la réparation » et « projeter la Corse dans son environnement méditerranéen aux antipodes de la dépendance et de la subordination. Le vote majoritaire des groupes patriotiques stipule à l’Etat français de prendre enfin toutes ses responsabilités, tournant le dos aux élucubrations pseudo régionalistes, surannées, dont l’objectif inavoué est le maintien feutré et systémique de l’ordre établi à contre courant de l’histoire et des aspirations du peuple corse très majoritairement renouvelée ». Ce projet d’autonomie, précise Core in Fronte, exprime le choix majoritaire et démocratique du peuple corse et présuppose qu’après une période d’évaluation des évolutions législatives et selon « un agenda précis dans un délai qui ne peut excéder 15 ans », « le peuple corse décide de l’évolution statutaire à donner » à travers un référendum. Concernant l’inscription de la Corse dans la Constitution, Core in Fronte martèle « l'importance d'un Titre pour une véritable autonomie politique, s'inscrivant dans une vision d'évolution statutaire pour la Corse », Titre qui « desserre l’étau centralisateur et ouvre la voie à une autodétermination ». Et rappelle que sa participation au processus de négociation « est déjà une concession ».
 
Une réunion stratégique 
Ceci posé, Core in Fronte revient sur ce déplacement présidentiel qui intervient après celui du ministre Darmanin dans le cadre des discussions sur le processus d’autonomie initiées après l’assassinat d’Yvan Colonna à la maison centrale d’Arles. « Il s’inscrit dans un climat délétère de mépris et de provocation depuis 2015 date à laquelle le mouvement national a été et reste la force majoritaire au sein de la CdC. Le dialogue de ces derniers mois nous a permis de rappeler au gouvernement français les données essentielles qui permettraient de solder 50 ans de lutte. Cette question doit être abordée dans sa globalité et sans lignes rouges. Elle présume que ce même gouvernement s’engage sur la voie d’une véritable solution politique actant la reconnaissance des droits nationaux et imprescriptibles du peuple corse ». En ce sens, le parti indépendantiste estime que « la prise de parole du président de la République française doit se faire au sein de la Collectivité de Corse (CdC) et pas ailleurs » parce que « c’est le lieu de la représentation démocratique de la Corse. Dans une négociation, il est hors de question d’être soumis à écouter un président de la République parler dans une préfecture qui est la représentation du pouvoir central ». Core in Fronte propose au PNC et à Femu a Corsica « une réunion stratégique » avant la venue présidentielle. Et martèle qu’il ne saurait « y avoir de énième troisième voie. Le mouvement patriotique doit savoir se hisser à la hauteur des enjeux et de ses choix historiques. Nous devons ensemble, dans la lignée de notre résolution commune, faire entrer la Corse dans un processus d’étape dont l’autonomie est aujourd’hui le marqueur principal ».Et conclut qu’il poursuit sa lutte d’émancipation nationale.