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Combien a coûté le passage de la flamme olympique en Corse ?


le Lundi 13 Mai 2024 à 18:28

La flamme olympique traversera la Corse ce mardi 14 mai, 119 relayeurs portant ce symbole se succéderont aux quatre coins du territoire pour faire vibrer l'île au rythme du sport et des valeurs de l'olympisme le temps d'une journée. Si une organisation importante a dû être mise en place pour préparer la fête, l'évènement n'aurait toutefois que des conséquences financières minimes pour les collectivités insulaires concernées par le passage de la flamme.



Combien a coûté le passage de la flamme olympique en Corse ?
Après Marseille, les Alpes de Haute-Provence, les Bouches du Rhône et l’Occitanie, la flamme olympique va parcourir la Corse ce mardi 14 mai. Depuis le site de la Parata à Ajaccio jusqu’à la place Saint-Nicolas à Bastia, en passant par les Aiguilles de Bavella, l’Ile-Rousse, Zonza, Corte, Campana, Piedicroce, Porto-Vecchio ou encore Furiani, ce symbole porté par 119 relayeurs va faire vibrer la Corse durant une journée sans temps mort. « Ce qui est intéressant avec cet évènement c’est de pouvoir sensibiliser les jeunes aux valeurs de l’olympisme. Je pense par exemple au site de Viseo où plus de 600 scolaires sont attendus durant toute la journée », explique Lauda Guidicelli Sbraggia, la conseillère exécutive en charge des sports et de la jeunesse. « On se rend compte que les gens sont très enjoués à l’idée de voir passer cette flamme », se réjouit-elle en saluant « l’énergie, la passion et l’investissement » que ses équipes ont témoigné durant la préparation de l’évènement qui a nécessité près d’une année de travail. « Nous avons réfléchi pour construire un parcours qui soit en harmonie avec ce que nous voulions mettre en avant par rapport à notre culture, notre histoire et notre patrimoine », ajoute-t-elle encore.
 
Choisie pour être la ville de départ de la flamme olympique sur l’île, Ajaccio a accueilli cette proposition avec un grand honneur. « C'est quelque chose qui n'arrive que tous les 100 ans, donc forcément, nous étions ravis de répondre favorablement à cette sollicitation », glisse Michèle Caprioli, cheffe de cabinet à la mairie d’Ajaccio tandis que du côté de la mairie de Bastia, où se clôturera l’étape, on se félicite : « Plus de 30 ans après le dernier passage de la flamme, nous sommes heureux d’accueillir de nouveau la flamme olympique dans nos rues. Celle-ci traversera notre ville du sud au nord en passant par lieux symboliques de notre cité. À travers ce parcours, nous sommes fiers de mettre en valeur notre territoire au niveau international. En participant au grand périple de la flamme olympique, la ville réaffirme son adhésion aux valeurs de l’olympisme et est heureuse de montrer au monde entier les talents, le travail, la détermination et l’excellence des relayeurs ».
 
« Nous avons tenté de limiter les coûts »
 
En somme, un moment de fête et de partage assorti d’une belle mise en lumière pour le territoire en prévision, mais à quel prix ? Au niveau national, pour pouvoir accueillir la flamme le temps d’une journée, chaque territoire traversé a dû verser la bagatelle de 180 000 euros au comité d’organisation des Jeux Olympiques. Une contribution financière dont ne s’est pour sa part pas acquittée la Collectivité de Corse, assure Lauda Guidicelli Sbraggia. « Nous ne souhaitions pas investir une somme de 180 000 euros pour le passage de la flamme. De son côté, le comité d’organisation de Paris 2024 souhaitait vraiment pouvoir passer sur l’ensemble du territoire et venir en Corse pour mettre l’île en avant dans sa dimension mer et montagne. Nous avons donc trouvé un terrain d’entente pour que chacune des parties soient satisfaites », révèle-t-elle en évoquant simplement des « coûts minimes » à la charge de la CdC. « Nous avons fait beaucoup de choses en interne et avons tenté de limiter les coûts car le but n’était pas d’exploser le budget de la collectivité et de venir capter le budget sport ou jeunesse », précise-t-elle. 
 
Même discours d’économies du côté des deux grosses étapes de la journée. À Ajaccio, on évoque ainsi un budget autour de 60 000 euros pour l’ensemble des éléments à la charge de la ville, à commencer par l’organisation d’animations variées. « Nous avons mis en place plusieurs ateliers sur la place de l'Agora des Cannes qui est le site d'arrivée du dernier porteur de la flamme, avec des démonstrations et des ateliers sportifs, avec des disciplines olympiques notamment. C’est une occasion donnée aux enfants et leurs familles de s'intéresser à certains sports, de faire des essais, de voir des démonstrations et d’être éveillés à certaines disciplines auxquelles dans un autre contexte ils n'auraient peut-être pas été amenés à s'y intéresser », sourit Michèle Caprioli.
 
De l’autre côté de l’île, dès 15h30, à Bastia sur la place Saint-Nicolas, autour du site de célébration qui accueille le chaudron, et au boulodrome de Lupinu, ainsi qu’au stade Armand Cesari à Furiani, de nombreuses animations à destination des enfants seront également proposées par la ville et la communauté d’agglomération. Mais là aussi, les services attestent que le passage de la flamme n’a que de « faibles conséquences financières pour la ville ». « Celles-ci tiennent essentiellement à des dépenses relatives à la sécurisation du parcours », expose la municipalité. 
 
Trouver des solutions pour atténuer les désagréments liés au passage de la flamme
 
Niveau sécurité, si de gros moyens ont en effet été déployés, leur coût est en majeure partie supporté par l’État. Les villes de leur côté ont simplement dû s’assurer que rien ne vienne perturber le parcours de la flamme. Ce qui ne sera pas sans occasionner de nombreuses perturbations. « Stationnements interdits et axes de circulation coupés  ont été communiqués aux Bastiais le plus tôt possible pour que chacun puisse s’organiser ce jour. Trois parkings de substitution ont été mis à disposition : parking de l’Arinella, parking du Prado et parking de la Capoghja. Les services de la Ville de Bastia déploieront du barriérage tout le long du parcours, de nombreux agents de sécurité, un poste de secours validés par une commission de sécurité. Nos policiers municipaux sont également sur le terrain pour assurer les points de stationnement et la circulation », indique la ville de Bastia.
 
« Par rapport au risque d'attentat terroriste ou pour éviter que quelqu'un n’interrompe le passage des relayeurs, on nous a demandé à ce que tout le stationnement et la circulation soient enlevés le long du parcours. Cela causera notamment des problèmes évidemment aux riverains. Notre difficulté a été de trouver des solutions avec des poches de stationnement temporaires et de mettre en place des navettes pour y arriver », détaille pour sa part la cheffe de cabinet de la ville d’Ajaccio. « Et puis il a fallu travailler avec l'Éducation Nationale : comme les routes seront bloquées dès 7 heures, nous avons décidé collégialement de banaliser la matinée et de fermer tous les établissements scolaires et les crèches. Nous avons aussi travaillé avec l’Agence Régionale de Santé pour prendre des dispositions pour les établissements de santé ou les infirmiers libéraux », reprend-elle en renvoyant vers le site de la ville pour que ceux qui ont besoin de se déplacer puissent préparer leur itinéraire.
 
Pour éviter que les usagers ajacciens ne soient trop impactés, la municipalité a d’ailleurs souhaité faire œuvre de pédagogie. « Les agents de la police municipale ont bien en amont beaucoup papillonné les voitures et affiché les informations relatives au plan de afin que personne ne soit pris au dépourvu sur le parcours », souligne Michèle Caprioli. Ce lundi, alors que certaines interdictions de stationnement étaient déjà en vigueur dans la cité impériale, peu de véhicules gênants ont été recensés. « Cela représente beaucoup de contraintes, mais en contrepartie le passage de la flamme est quelque chose de formidable, c’est une aubaine pour notre territoire », glisse encore Michèle Caprioli.