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Calvi in Core dénonce la « vision archaïque » et « l’échec du modèle urbanistique » de la municipalité calvaise


Nicole Mari le Samedi 20 Mars 2021 à 19:34

Un an après l’élection municipale, l’opposition calvaise, Calvi in Core, dresse un bilan critique de l’action de la majorité sortante, dénonçant une méthode politique et une gestion des dossiers qualifiées d’archaïques. En ligne de mire des quatre élus de l’opposition : un manque de débat démocratique et de transparence, des failles de gestion, une politique du "Tout marchand" qui ne laisse pas de place aux citoyens, et surtout l’échec du modèle financier et urbanistique. Pour Calvi in Core, il est urgent de planifier une nouvelle vision d'avenir pour Calvi.



Les élus de Calvi in Core : Jérôme Sévéon, Bernard Giudicelli, Sandra Marchetti et Françoise Tapias.
Les élus de Calvi in Core : Jérôme Sévéon, Bernard Giudicelli, Sandra Marchetti et Françoise Tapias.
« Le travail mené par un groupe de conseillers municipaux ne faisant pas partie de la majorité n'est pas toujours audible ou visible, c'est pour cela que nous avons souhaité faire cette communication médiatique ». D’emblée, Bernard Giudicelli, élu du groupe d’opposition, Calvi in Core, annonce la couleur. Entouré de ses colistiers - Jérôme Sévéon, Sandra Marchetti et Françoise Tapias -, il précise que le groupe a choisi symboliquement le premier anniversaire de son élection pour rendre compte de son action auprès de la population, en particulier de ses électeurs. Outre le travail en séance du Conseil municipal, il revient sur les thèmes principaux « qui ont mobilisé nos forces : l’urbanisme et le problème de logement (PLU, programme d’aménagement), la mobilité, mais aussi la vie sociale et économique ». Avec des critiques et des demandes sur la forme, la méthode et le fond.
 
Un manque de transparence
Le premier sujet abordé est une demande de débat démocratique. « Nous œuvrons pour une plus grande transparence dans la vie du Conseil municipal », explique Bernard Giudicelli. « Nous avons proposé 4 amendements au règlement intérieur pour rendre plus facile le travail en groupe et demandé la retransmission des séances du Conseil municipal pour le public. Nous avons également demandé - ce qui nous semblait essentiel pour la nouvelle municipalité au sens large - la formation des élus que la loi prévoit. Ce n'était pas une habitude au sein de la municipalité de Calvi ». Une demande restée, selon lui, lettre morte : « malgré les annonces faites, cette première année s'est passée sans que la formation ne se soit concrétisée ». Dans la même veine, il déplore, tout à la fois, le nombre très limité de conseils municipaux : « Presque cinq mois se sont écoulés entre le Conseil de fin juillet et celui de mi-décembre ! Calvi n'a toujours pas réuni son Conseil municipal depuis le 1er janvier, alors que la plupart des autres communes de même strate ont eu au moins deux ou trois conseils municipaux, puisque le début d'année est toujours consacré au débat d’orientations budgétaires et au budget » et la difficulté d'obtenir des documents : « Chaque Conseil municipal arrive avec un pavé de plusieurs centaines de pages à lire en une semaine ce qui ne facilite pas notre travail de proposition ». Une préoccupation d’autant plus forte que la commune va bientôt engager le débat sur le PLU « qui requiert énormément de travail ».
 
Des failles de gestion
Ce point de méthode posé, l’opposition enchaîne sur les dossiers de fond et les moments forts de l’année écoulée. Sandra Marchetti revient sur le premier confinement qui a différé la prise de fonction des nouveaux élus après l’élection municipale de mars 2020. « Durant cette période, nous n'étions pas encore en fonction, mais nous avons sollicité la majorité et porté notre vision de la gestion de la crise ». Ce sujet « extrêmement préoccupant », l’opposition l’a remis « à répétition » au centre des débats. A la fois sur l'aspect sanitaire avec « la proposition de faire front commun pour la gestion de cette crise et de mettre en place tous les moyens préventifs », mais aussi sur le plan économique « lors du vote du budget, nous avons interrogé la majorité sur l’absence de prévisions financières pour faire face aux difficultés et à la précarité qu’allait engendrer cette crise ». Autre point de crispation : « la gestion de l'argent public ». Sandra Marchetti s’appuie sur le rapport de la Chambre régionale des comptes, datant de septembre 2019, qui « a montré les failles de gestion de la majorité et va accompagner toute cette mandature. Pour l’heure, les recommandations de ce rapport ne semblent malheureusement pas toutes prises en compte, en particulier sur la politique du logement ». L’élue de Calvi in Core prévient : « Nous sommes vigilants, car le sujet de l'urbanisme nous tient énormément à cœur. Ce que nous défendons, c’est avant tout une politique qui soit au service des citoyens calvais ».

L’échec urbanistique
L’urbanisme est, certainement, la plus grosse pomme de discorde entre la majorité et l’opposition calvaise, comme le confirme Jérôme Sévéon : « La politique urbanistique de la majorité est un des points de divergence majeure avec notre groupe. C’est un combat dans lequel nous avons obtenu des avancées ». Lors de l’enquête publique sur le PLU, Calvi in Core et U Levante, se sont, d’ailleurs, fortement mobilisées pour défendre leurs visions. « Ce travail a porté ses fruits ». D’abord, « sur la mobilité, puisque la majorité a annoncé récemment un projet de piste cyclable qui emprunterait la pinède. C'est un cheminement plus réaliste et cohérent qui laisse à penser que la piste cyclable fantaisiste, proposée par le PLU, a été abandonnée ». Mais aussi, « sur le rééquilibrage entre résidence principale et résidence secondaire. La majorité annonce, dans les réponses à nos observations, l’introduction de nouveaux éléments au sein du PLU ». Toutefois des désaccords persistent, notamment concernant la politique du logement. « Sur la forme, nous sommes opposés au blanc sein donné à la SEMEXVAL dont l’opacité de fonctionnement a été dénoncée par la Chambre régionale des comptes. Les décisions y sont prises sans aucune concertation ni consultation du conseil municipal. Sur le fond, c’est un constat d’échec du modèle financier et urbanistique ».
 
Un modèle archaïque
Jérôme Sévéon développe, exemples à l’appui : « Malgré les opérations au prix du marché, censées équilibrer le budget - Terrasses de Donateo, rivages de Calvi -, la concession présente un déficit toujours injustifié de 1,4 millions €. Cette facture pèse désormais sur les futurs primo-accédants de la prochaine tranche de Campo Longo, puisque les prix d’accession s’envolent jusqu’à 2800 € du m2. On est bien loin du coût de la construction ! ». Sa colistière, Françoise Tapias, enchaîne en dénonçant ce dernier projet : « Ce projet d’extension des patios de Campo Longo, condamné par le cabinet d’urbanisme de la commune lui-même, modèle « cité dortoir », sans espace public, ni service, déconnecté des lieux de vie est un archaïsme urbanistique. Nous avons pourtant fait des propositions pour y introduire les éléments indispensables au bien être des résidents, mais en vain ! ». Pour elle, la population calvaise « mérite mieux et à un meilleur prix ». Elle explicite « Nous défendons des modèles de politique du logement plus vertueuse à l’image des villages alentours : Cateri, Lumio... Nous avons aussi proposé à la majorité d’ouvrir le débat sur l’encadrement de la location saisonnière pour que la commune s’empare des outils, tels que le changement d’usage et le numéro d’enregistrement, qui permettront de redonner un accès au logement aux Calvais au cœur de leur ville ».

Des initiatives citoyennes
Pour Calvi in Core, il est essentiel de remettre l'humain en cœur des politiques de la ville et d’être à l’écoute de la population. « Tout au long de l'année, notre volonté a été d'être sur le terrain, proches des citoyens, mais aussi des associations qui sont, de notre point de vue, des forces vives extrêmement précieuses », déclare Sandra Marchetti. « Nous partons du principe que les personnes qui habitent ou fréquentent un lieu sont les plus à même de connaître les problématiques rencontrées, donc la réflexion doit partir d’eux ». Elle attire l'attention sur deux initiatives citoyennes récentes : le nettoyage de la plage courant février initiée par deux Calvaises, et la manifestation de ce samedi, organisée par deux associations, pour la promotion du vélo. « Nous encourageons ces initiatives, malgré les difficultés auxquelles elles peuvent se heurter, car on constate, grâce à elles, de réelles évolutions. L'engagement des citoyens fait réagir la municipalité et Calvi In Core se positionnera toujours en soutien de ces acteurs ». Elle rappelle, ensuite, que, dès le second Conseil municipal du 25 juin, « nous avons proposé une motion de soutien aux producteurs locaux. Ce débat a permis d'activer une réflexion et une Commission de travail ». Et se félicite de la pérennisation d'un marché de producteurs. « Ce projet n'est pas encore totalement abouti, c'est quelque chose que l'on continue de suivre et de soutenir ».
 
Une vision d’avenir
Dernier point évoqué par l’opposition : la nécessité de planifier et d’élaborer une vision d'avenir pour Calvi. « La gestion municipale ne peut pas se faire de manière efficace lorsque l’on ne travaille pas dans la concertation et avec une vision plus large dans l’espace, mais aussi dans le temps », assène Bernard Giudicelli. Pour lui, « le développement d’une cité ne peut pas se concevoir comme une juxtaposition de réalisation décidées en comité restreint. Le problème de l’accès au soin ne se résout pas en construisant un cabinet médical ! La politique culturelle ne consiste pas à construire un centre culturel ! Chaque projet doit être vu dans son intégration sociale - dans le dialogue - et urbaine. Trop souvent, un projet se résume par son emplacement et son financement. L’attractivité de la destination - qui alimente le moteur économique du tourisme -, la qualité de vie, la mobilité, les transports, la santé, le respect de l'environnement, l’éducation, le sport pour tous, la préservation des ressources, sont interdépendants. Les compétences municipales doivent interagir de concert pour un développement harmonieux ». Il révèle que son groupe a demandé l’organisation d’un débat de politique générale : « Nous réaffirmons notre volonté d’être force de propositions, mais nous sommes confrontés à une vision archaïque. La conduite de notre ville doit se faire sur trois échelles de temps. Certes, il faut gérer le quotidien, mais il faut surtout prévoir l’avenir à moyen et long terme. Il faut poser aujourd’hui les premières pierres du Calvi de demain ». Et de conclure : « Même si la situation financière de la commune est contrainte, l’innovation, la planification, la concertation, ne sont pas les fruits d’un budget mais de la volonté ».






















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