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Bastia Coworking, the end. La fin, amère, d’une belle aventure


Maria Bettina Colonna le Dimanche 8 Décembre 2019 à 20:56

Il y a sept ans quand le BCW a ouvert ses portes le mot coworking était encore inconnu du grand public bastias. Même si ailleurs ce concept, qui associe entraide, collaboration et partage, était déjà très exploité, en Corse cela restait limité.
Son fondateur a eu l'audace de créer, rue du Castagnu, un premier espace de coworking auquel ont adhéré des nombreux esprits créatifs insulaires à la recherche de modèles de travail alternatifs et des bureaux partagés pour déployer leurs ailes .
Les années sont passées, les BCW a demenagé un peu plus loin, Rue Carbuccia, et, cela a été une réussite pour de nombreux entrepreneurs en herbe.
Malgré le succès, la fermeture, définitive, le 30 novembre dernier.
En effet, ce lieu, qui a été une réelle opportunité pour les coworkers de faire vivre leurs projets "en mettant en commun ressources matérielles et matières grises, via les différents talents présents au sein de l'espace" fonctionnait sans un seul centime d'argent public.

Le post qu'on vous propose de lire ci après vaut la peine d'être lu car son auteur, avec beaucoup d'élégance, soulève de questions intéressantes.

Pourquoi le BCW a fonctionné sans subventions publiques alors que "pendant ce temps des salons se portent très bien, et les start-ups pseudo-fantastiques ou leur filiales thématiques dont on essaie de nous faire gober qu'elles révolutionneront l'écosystème insulaire nagent avec opulence dans l'argent public ?"



Le post

Bastia Coworking, the end.

 

 

Après 7 ans d'existence, Bastia Coworking a définitivement fermé ses portes le 30 Novembre dernier. Avec un peu de recul, passée l'amertume de la fermeture, dressons-en un petit bilan.

Initialement, BCW s'est créé dans un petit local de la rue du Castagnu pour partager un espace de travail à 4 travailleurs indépendants, face au coût trop onéreux du moindre local dit de bureau en centre ville. Comme la plupart des "tiers-lieux" nés à ce moment là un peu partout dans le monde, l'avènement du modèle des espaces de coworking répondait à un besoin nécessaire, à mi chemin entre le travail depuis la maison et le travail en entreprise, dans de vrais bureaux.

En 7 ans de vie, Bastia Coworking a vu passer de très nombreux protagonistes de profils très différents, sur des temps plus ou moins longs, notamment suite à son déménagement quelques dizaines de mètres plus haut, Rue Carbuccia.

BCW, ça a été des réussites: le retour de jeunes insulaires au pays, après des années d'étude ou de travail sur le continent ou à l'étranger. Pour créer leurs projets, monter leurs entreprises, se lancer à leur compte, où comme point de chute en freelance avant d'intégrer d'autres boites de la région, sur des postes fortement recherchés. La synergie, c'était bien là la force de ce tiers-lieu: des collaborations sont nées, des projets s'y sont réalisés, un petit festival sympa y a vu le jour...

BCW, ça a aussi été des échecs: j'y ai ma part, personnellement, c'est évident. La gestion d'un espace de coworking est chronophage. Et la gestion bénévole impossible. Elle doit être soit 100% collective, soit gérée par une personne identifiée, mais rémunérée pour un temps de travail spécifique. Le collectif ne marche jamais sur le long terme (certains feront toujours plus que d'autres), et la gestion individuelle sans vraie rémunération relègue forcément cette tâche derrière d'autres priorités.

Avec le recul, il semble également important d'avoir un cap clair et défini, vers lequel l'espace doit s'orienter. Joyeux bordel proche de l'atelier créatif, espace professionnel sobre bien marqué... Le meilleur des deux mondes parait difficilement conciliable, et cela a l'air d'être une constante dans les différents endroits visités à travers l'Europe ces dernières années.

Venons-en au modèle économique. Sous forme d'association, Bastia Coworking fonctionnait sans un seul centime d'argent public, contrairement à ce que même certains employés d'agences économiques semblaient penser. Les membres payaient un forfait mensuel, donnant accès à l'open space, à une connexion internet (la fibre seulement très tard), et à toutes les commodités du lieu, qui n'ont cessé de croître dès qu'un peu de trésorerie était disponible. Chaque euro entrant était réinvestit, sans jamais augmenter les tarifs. Ce qui, en terme commercial, est probablement une aberration.

Mais le but de BCW n'a jamais été d'être rentable (et très peu d'espaces le sont): il s'agissait d'avoir un lieu accueillant où toutes les dispositions étaient prises pour aider les différents coworkers à faire vivre leurs projets entrepreneurials, individuels ou collectifs, en mettant en commun ressources matérielles et matières grises, via les différents talents présents au sein de l'espace.

Il me semble important de le répéter encore une fois, Bastia Coworking n'a jamais bénéficié de la moindre subvention, par fierté mal placée, et par volonté de faire "da per noi".

S'il faut retenir de tout ça une seule conclusion:

N'ayez pas peur de demander des subventions si vous estimez que vos projets peuvent bénéficier au bien commun: nous ne l'avons jamais fait, et n'avons songé à le faire qu'une fois qu'il était déjà trop tard. Résultat, le coworking est mort. Il est mort dignement, mais il est mort. Pendant ce temps, de grands événements populaires se portent très bien (il s'exporte même à Ajaccio), et les start-ups pseudo-fantastiques ou leur filiales thématiques dont on essaie de nous faire gober qu'elles révolutionneront l'écosystème insulaire nagent avec opulence dans l'argent public.

 
Copyright Bastia Coworking
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