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Attaque d'un fourgon dans l'Eure : journée prisons mortes en Corse


Rose Casado le Mercredi 15 Mai 2024 à 12:07

Au lendemain de l’attaque qui a couté la vie à deux agents pénitentiaires dans l’Eure, lors du transfert d’un détenu, les trois prisons corses sont coupées de l’extérieur. Un rassemblement a notamment eu lieu devant le centre de détention de Borgo.



Les maisons d'arrêt de Borgo et d'Ajaccio ainsi que le centre de détention de Casabianda sont bloqués ce mardi 15 mai
Les maisons d'arrêt de Borgo et d'Ajaccio ainsi que le centre de détention de Casabianda sont bloqués ce mardi 15 mai
Mercredi 15 mai, un feu qui laisse échapper une épaisse fumée noire se consume devant le centre de détention de Borgo. Aux abords de l'établissement, 90 agents pénitentiaires sont rassemblés depuis 6 heures du matin, afin de manifester leur soutien aux deux victimes d’une attaque dans l’Eure, et d’établir une opération « prison morte ». La veille, sur l’autoroute A154 entre Rouen et Évreux, des assaillants ont abattu deux agents, et blessé trois autres, afin de faire évader un détenu lors de son transfert. Raphaël Barralini, délégué régional FO pénitentiaire (Force ouvrière), relate un « choc » général. « Aujourd’hui, nous sommes sur une journée de recueillement. On a une pensée pour les familles des victimes », lance-t-il.

Opération « prison morte »

Depuis le début de la journée, la maison d’arrêt de Borgo, le centre pénitentiaire de Casabianda, et la maison d’arrêt d’Ajaccio sont « complètement bloqués ». Ainsi, les parloirs ont été annulés, aucune entrée n'est possible, et à l’intérieur, le strict minimum est fait : promenades, repas et service médical. « C’est vraiment une journée ‘prison morte’ » assure-t-il.
Du côté du personnel, aucune relève ne peut rejoindre son poste. Raphaël Barralini précise que « c’est le service de nuit qui assure la continuité du service de la journée. Ils sont restés à l’intérieur. Le personnel de journée qui devait rentrer ce matin n’est pas rentré. Nous les avons bloqués. »
De son côté, Maxime Coustié, représentant du FAP corse (Fédération des Acteurs de la Prévention), fait état d’un « choc », également pour certains détenus. « Hier, j’étais en détention, et [les détenus] étaient aussi étonnés de la tournure que ça a pu prendre. D’avoir un tel commando pour libérer quelqu’un », rapporte-t-il.

Une rencontre pour trouver des solutions

Si la situation dure depuis le début de la matinée, une évolution est envisageable au cours de la journée. Et pour cause, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti rencontre l’intersyndicale pénitentiaire à 14 heures. Les agents demandent notamment de « réduire les extractions par la mise en place de visioconférences avec les magistrats », ou de « faire déplacer le magistrat au sein de la prison », confie Raphaël Barralini. Mais aussi, d’arrêter les extractions dites « panachées » - deux surveillants armés, un désarmé -, mettre en place des brouilleurs pour les téléphones portables. De plus, Raphaël Barralini pointe une difficulté de recrutement au sein de l’administration pénitentiaire, qui maintient un sous-effectif. Pour l’heure, la profession a « besoin de se retrouver ».