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Tocc'à voi : "Du droit de résister pour continuer d'exister"


Serpentina le Samedi 5 Octobre 2019 à 11:01

Aujourd’hui CNI veut aller encore plus loin pour répondre à la demande toujours plus croissante des ses lecteurs et invite les internautes à participer à l'élaboration du journal avec leurs "contributions". Les articles retenus seront mis en page d'accueil, tout comme les articles, rédigés par les journalistes. On les distingue de ces derniers par la mention «Tocc'à voi ». Comment devenir contributeur? Dans cette première phase pour devenir contributeur il suffira juste de nous adresser un mail à corsenetinfos@gmail.com avec en objet Tocc'à Voi




Nous sommes tous las que la Corse soit trop souvent décriée, et même jugée sur des bases d’information qui laissent à désirer. Quel remède y apporter sinon l’approche objective de cette réalité psychique et historique originale qui nous caractérise ? Pour notre plaisir et à notre satisfaction, un amateur d’âmes et artiste corse reconnu s’y est récemment attelé. La leçon est là.

 

Les admirables vertus de résistance manifestées par une kyrielle de petits peuples égrenés à la surface de la terre devraient suffire à légitimer le droit d’« exister », qu’on persiste parfois à leur dénier lorsqu’ils le réclament. Au nom d’une superbe étatique qui ne se dément pas, il revient aux Corses de figurer parmi ces « minorités » qui, sévèrement amputées d’une partie de leur Histoire, y ont fatalement un peu perdu d’elles mêmes. Mais comme le temps des « lamenti » est révolu, mieux vaut s’employer à contester le ramassis de préjugés qui leur a valu pareil discrédit.



Jean-François Bernardini qui, avec ses « Muvrini» fait rayonner la musique et le chant corses au-delà de nos rivages, a bien voulu s’y essayer. Or il a su trouver en lui le ton et les mots qu’il fallait pour décrypter la vraie nature des relations qui ont un jour rattaché notre destin à l’expansion de la puissance française. C’est ainsi que, dans son ouvrage intitulé « L’autre Enquête corse », il nous livre ses réflexions sur « le trauma Corsica-France », un sous-titre qui retient notre attention et qui justifie à lui seul que nous le lisions de près.

Il s’agit en effet d’une exploration « traversière » de tous les fantasmes inlassablement tissés autour de la Corse et de ses habitants depuis près d’un quart de millénaire. Au catalogue des idées reçues qui ne nous ont jamais épargnés, il est vrai que s’est ajouté l’impact médiatique d’épisodes tragiques qui, tout en demeurant indépendants de notre volonté, ont pu nuire à notre image. Force est de reconnaître que trop d’abus de pensée et de langage ont concouru à nous « enfer-mer » (sic) dans un réel mensonge contre-nature. En passant au crible d’une finesse d’analyse irréprochable la plupart des contre-vérités de nos détracteurs professionnels, notre défenseur a fini par les redresser. Remercions-le d’avoir déchiré ce voile trompeur, longuement interposé entre fiction et réalité, qui faussait irrévocablement la juste vision des choses. Nous délivrant ainsi d’une réputation imméritée, il nous a enfin rendu la liberté de renouer sereinement avec nous-mêmes et avec les autres.



A rebours des parcours douloureux qui défigurent tant de luttes pour l’indépendance, notre ambassadeur corse de la « non-violence » nous propose de recourir désormais à une autre méthode. Estimant que, dans la mesure où elle ménage une sauvegarde mutuelle entre les sociétés humaines, la préservation « politique » des différences se révèle plus propice à la réconciliation des extrêmes, il nous encourage à entreprendre sans délai une authentique « catharsis » collective avec l’ensemble de nos partenaires obligés. Nous inclinant devant la sagesse de ce conseil, nous saluons volontiers la modération novatrice de son tout dernier message de tolérance et de paix.



Afin de contrer définitivement les théories quasi-négationnistes qui ont tendance à faire peu de cas des particularismes identitaires, rappelons que les Corses restent les habitants d’origine d’une terre qu’ils occupent sans discontinuer depuis des siècles et qu’à ce titre ils relèvent de la catégorie des peuples « autochtones ». Au nom de l’Histoire, ils mériteraient encore qu’en souvenir de leur apport essentiel à la promotion des Droits de l’Homme et du citoyen, on cesse de s’en prendre aux expressions majeures de leur singularité. En ce mois où on vient de commémorer « sa »Libération de 1943, la Corse n’oublie rien de ses racines. Qu’au lieu de nous disputer cette riche longévité qui est la nôtre, les tenants du pouvoir nous concèdent « le droit imprescriptible d’exister » et, ni pires ni meilleurs, de rester ce que nous sommes.




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