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Territoriales - Seule femme tête de liste, Agnès Simonpietri sort de sa retraite politique pour Ecologia Sulidaria


Pierre-Manuel Pescetti le Samedi 22 Mai 2021 à 21:32

L’ancienne conseillère exécutive et présidente de l’Office de l’Environnement de la Corse de 2015 à 2017 sort de sa réserve. Agnès Simonpietri représentera le rassemblement de la gauche écologique aux prochaines élections territoriales. Seule femme à être tête de liste et ancienne alliée de la majorité nationaliste aujourd’hui dispersée, elle a répondu aux questions de CNI. Partageant son inquiétude, son regard critique sur la gestion passée et les solutions concrètes qu’elle entend apporter avec la démarche haute en couleurs, Ecologia Sulidaria.



Agnès Simonpietri prend la tête de la liste Ecologia Sulidaria. Elle est d'ailleurs la seule femme tête de liste de ces élections territoriales 2021. Crédits Photo : Jean-Dominique Battini-Davanne
Agnès Simonpietri prend la tête de la liste Ecologia Sulidaria. Elle est d'ailleurs la seule femme tête de liste de ces élections territoriales 2021. Crédits Photo : Jean-Dominique Battini-Davanne
Pourquoi avoir décidé de sortir de votre retraite politique pour vous lancer dans la bataille des territoriales et prendre la tête de la liste d’union Ecologie ? 
 
 - Je repars en politique plutôt en militante car je suis très inquiète tout en ayant la certitude qu’on peut trouver des réponses. Quand on voit l’accélération du dérèglement climatique, la crise sanitaire qui y est liée et tous ces problèmes non résolus je veux m’inscrire dans une démarche pour les territoriales prioritairement mais qui s’insère dans une démarche globale pour la planète.
Personnellement, et je pense que c’est une position partagée par tous dans notre démarche et au-delà, je me dis qu’on ne peut pas rester les bras croisés ! Ce qui nous a tous convaincu de mettre en place cette démarche c’est que la Collectivité Territoriale est particulièrement bien adaptée pour mettre en place les politiques pour résoudre ces problèmes. Elle peut actionner des leviers pour avoir des projets innovants et adaptés à notre île. Des projets qui ont déjà fait leur preuve ailleurs.
 
- Vous avez été conseillère exécutive et présidente de l’Office de l’environnement de la première mandature nationaliste, quels regards portez-vous sur le bilan en matière environnemental de vos ex-partenaires, Notamment sur la gestion des déchets ?
 
 - Sur l’ensemble de la mandature nous avons un regard critique mais aussi compréhensif. Je sais par expérience que l’héritage laissé était tellement catastrophique que c’est difficile de remonter la pente aussi vite. Un héritage auquel il faut ajouter la fusion de 2018 et la crise sanitaire qui n’ont pas arrangé les choses. Cependant nous gardons un regard critique car sur certains points, notamment en matière environnementale nous avons l’impression que c’est le consensus qui prime sur l’application de notre volonté et de nos idées. Concernant la gestion des déchets le constat est que la dispersion des compétences fait que la collectivité n’arrive pas à un imposer son plan de gestion. Surtout, il y a de la part de certaines intercommunalités et du Syvadec une volonté de vendre nos déchets aux opérateurs privés. Je ne ménage pas mes mots. C’est aussi ce qui a été fait sur les transports. Pourquoi une régie publique des transports de déchets n’a jamais été étudiée ? Cela éviterai la mainmise du privé sur ce qu’on peut considérer comme un bien commun. De plus il y a une pression maximale pour aller vers des gros systèmes industriels qui vont coûter très cher au contribuable et rapporter énormément à des opérateurs privés avec tous les risques de dérive que l’on connaît. Sur la gestion globale notre regard est plus que critique. La situation s’est largement dégradée car on n’a pas organisé le tri comme il fallait, on ne s’est pas occupé du biodéchet. On a préféré organiser un semblant de porte à porte sur les emballages alors que la priorité sont les biodéchets qui représentent près d’un tiers de nos poubelles.
 
- Vous parlez de réponses concrètes à apporter. Lesquelles ?
 
 - Il y a tout un panel de réponses. Par exemple nous voulons arriver à une souveraineté alimentaire grâce à une production locale et en circuits courts. Pour cela, la collectivité doit renouveler A Terra di u Cumunu en achetant un maximum de terres et en les mettant dans son patrimoine de façon inaliénable. Ces terres seraient mises à disposition des agriculteurs via la location qui va alimenter le budget. On installe sur ces terres des gens en agriculture biologique en leur assurant des débouchés de vente dans le domaine public. Cela permettrait d’installer des agriculteurs en leur épargnant un investissement lourd dans le foncier tout en protégeant les terres agricoles de la spéculation. Une deuxième mesure très concrète c’est le revenu de transition écologique. On ne peut pas continuer à avoir 70 000 personnes en Corse sous le seuil de pauvreté, avoir des jeunes sans emploi alors que nous avons des besoins. Ce revenu, que la collectivité peut mettre en place, est un premier pas vers un revenu universel qui lui ne dépend pas de la Corse. Ça existe déjà en Suisse, en France dans le département de l’Aude et la ville de Marseille y réfléchit également.
Une autre mesure très simple à prendre, activer le levier de la commande publique. Dans le cas de la filière bois dont on parle depuis des années on compte très peu de bâtiments publics en bois en Corse. Il faut entrer des clauses dans les marchés publics, dans les subventions aux collectivités stipulant l’obligation d’utiliser une partie de bois corse. C’est par la commande publique qu’on peut activer la demande qui créera ensuite l’offre. Nous devons également protéger nos trésors nationaux. Pour cela la collectivité doit utiliser son droit de préemption sur les zones fragiles comme les zones humides et les embouchures. Ces endroits comportent de vrais trésors de biodiversité comme les herbiers de posidonie et il faut mettre plus d’énergie à les protéger car ils font partie des urgences pour lutter contre le dérèglement climatique.
 
 - Quels sont les points forts de votre programme ? Ceux qui vous différencient des autres listes ?
 
 - Ce qui nous différencie des autres c’est la notion de bien commun. Que ce soit l’eau, la biodiversité ou la santé nous considérons qu’ils doivent être gérés par la communauté, en gestion publique. La participation à la démocratie est aussi un point fort où l’on se différencie. Nous sommes contre le cumul des mandats. Mais ce que nous voulons vraiment c’est un programme. Nous nous apercevons que chez certains candidats il n’y a même pas de programme. Que vont-ils faire de la Corse ?
 
 - La transformation des déchets en ressources est un projet au cœur du programme d’Ecologia Sulidaria. Comment le réaliser ?

 
 - Paradoxalement le problème des déchets est très simple quand on considère que 80% de nos déchets sont recyclables, réutilisables ou valorisables. Les 20 % restants une fois neutralisés posent moins de problèmes. Il faut prendre matière par matière. Par exemple le verre et ses 20 000 tonnes en corse par an dans nos poubelles. On en tri environ 7 à 8 000 tonnes par an ce qui laisse de la marge. Une fois trié, au lieu de l’envoyer sur le continent à grand frais pour qu’il soit recyclé on peut le broyer pour en faire du calcin. Il remplace le sable qu’on insère dans le ciment ou dans les infrastructures routières et apporterai une réponse à la difficulté de trouver des carrières qui posent un problème écologique énorme. Matière par matière nous pouvons apporter des solutions claires qui nous évitent tous ces systèmes industriels privés extrêmement coûteux.
 
 - Autre thématique présente sur votre programme : le tourisme. Vous en prônez un modèle soutenable. Quelles sont vos solutions pour sortir de la masse lorsque l’on connait son poids dans l’économie corse ?
 
 - On ne peut pas parler de tourisme de masse mais plutôt de tourisme très mal réparti sur deux mois d’été. Le reste de l’année est désertique. Avec la crise, la manière de voyager des gens va changer à la faveur des destinations de proximité et des courts séjours. Nous avons une opportunité maintenant de faire cet étalement de la saison dont on parle depuis 40 ans avec un tourisme d’hiver basé sur la culture par exemple. Un tourisme soutenable c’est aussi mettre en place des zones protégées par des quotas pendant les deux mois d’été. Il faut réfléchir au maximum de touristes que nous pouvons recevoir en fonction de nos capacités en eau, en gestion des déchets, en transport.

 - Vous êtes la seule femme tête de liste pour ces élections…
 
 - Oui. Ça en dit long sur la situation de notre société. C’est très difficile pour les femmes de s’investir en politique. Nous avons une partie très importante sur l’égalité homme-femmes dans notre programme. Notamment sur la manière de mettre de la parité partout.
 
- Le mouvement écologiste est toujours restée électoralement marginal en Corse, quel score espérez-vous atteindre le 20 juin ?
 
 - Nous souhaitons avoir des élus donc un minimum de 7%. Comme notre démarche trouve un écho important nous sommes en train de créer un comité de soutien car beaucoup de personnes nous rejoignent et malheureusement une liste ne peut comporter que 63 personnes au maximum. Les autres pourront donc participer à travers ce comité de soutien.
 
- Les Nationalistes partent en ordre dispersé, votre candidature ne fera qu’augmenter la fragmentation des électeurs. Ne prenez-vous pas le risque de favoriser la droite que vous combattez idéologiquement.
 

 - Nous pensons que la parole que nous portons doit apparaitre en tant que tel. La dispersion des nationalistes n’est pas de notre fait. C’est ce projet qui nous importe et il est pensé et travaillé depuis l’année dernière, alors que nous n’avions aucune visibilité sur ce qu’il se passerait après. Nous savons très bien quels sont les gens avec lesquelles nous n’avons aucune compatibilité possible. Il est clair que la droite et l’extrême droite sont à l’opposé de nos valeurs.
 
- Une stratégie a-t-elle été définie pour le second tour ?

 - S’il y a des discussions au second tour avec d’éventuels partenaires ce sera sur des bases extrêmement claires et un niveau d’exigence bien supérieur à celui demandé jusqu’à maintenant. Le constat c’est qu’il y a toujours eu un partenariat traditionnel entre Femu a Corsica et I Verdi, la branche corse d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), mais notre démarche Ecologia Sulidaria ne compte pas que des membres d’EELV. C’est un rassemblement de plusieurs formations politiques, associations et personnes en accord avec notre démarche. Certains sont nationalistes et d’autres non. Une décision sera prise après discussion de toutes les composantes de la démarche. Ce n’est pas à moi seule de décider et nous n’en avons pas encore discuté.















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