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SC Bastia : Claude Ferrandi en toute vérité


Christophe Giudicelli le Lundi 7 Septembre 2026 à 19:33

Situation sportive, Mercato, prix des abonnements ou encore démission, Claude Ferrandi, le président du Sporting Club de Bastia répondait ce lundi 7 septembre aux questions de la presse sportive insulaire. Dans le contexte d’un début de saison compliqué pour le bastiais, qui sortent d’une troisième défaite à Furiani 3 à 0 face à Amiens.



                                                                 (Photos Gérard Baldocchi)

Si la rencontre entre la presse et Claude Ferrandi, le président du Sporting Club de Bastia, était prévue avant même la défaite 3 à 0 de ce samedi dernier, elle permet de poser en toute franchise les questions que bon nombre de journalistes et de supporters se posent sur l’état de forme du club. Sur le sportif, après les trois dernières Bérézina à Furiani, le président ne fait pas dans la langue de bois. Surtout après la prestation face à Amiens : « Notre défaite de samedi est, aux yeux de tous et encore plus à mes yeux, inacceptable. On n’a pas montré le visage que nous, dirigeants, souhaitions qu’elle montre », avant de rajouter qu’il adhère lui aussi à la grogne.  
Et une question : à quoi est due cette situation dont le Sporting ne semble pas sortir depuis près d’un an et demi ? Changement de joueurs, d’entraîneur et cette impression d’en être toujours au même point : « On a fait évoluer cette équipe. À l’extérieur, on a montré d’autres qualités qu’on ne montrait pas », expliquera Claude Ferrandi, qui reconnaît aussi que cette dernière n’est pas assez franche.
Ce ne sera pas une réunion de crise, mais ça y ressemblera. Ce mardi, staff et joueurs devraient se retrouver pour « analyser et déterminer où les problèmes peuvent se situer ». Faut-il voir ici la jeunesse de l’effectif, le manque de cadres, de leaders… La liste des griefs est longue sur le terrain. En tout cas, l’ambition du président est de trouver de l’harmonie et ce qui manque comme pièce dans son effectif pour sortir de cette spirale.
Ce qui porte à la grande question du mercato. Claude Ferrandi est revenu sur le choix du club de ne pas vendre Alexandre Zaouai, mais aussi sur les derniers transferts de Jérémy Sebas et Jocelyn Janneh. Si le premier a été prêté gratuitement à Pau avec une option d’achat de 750 000 euros pour faire baisser la masse salariale, en espérant une meilleure vente avec du temps de jeu en Ligue 2, la vente du second a rapporté, quant à elle, 250 000 euros et quelques bonus. Si le Sporting a fait son mercato : « On a gardé une poire pour la soif, en cas de besoin. On essaiera d’agir », a indiqué Claude Ferrandi.
Il y a agir et pouvoir agir. Le Sporting a-t-il les moyens de ses ambitions, même si le président se refuse depuis toujours à dire que les Bastiais jouent la montée, car c’est le meilleur moyen de se planter : « Le fait de garder Alexandre Zaouai dans notre effectif, c’est pas pour jouer un maintien à l’arrache et, sportivement, il va nous faire avancer », a tenu à rappeler le président du Sporting avant de poursuivre : « Hamidou Makalou n’a pas été recruté (en prêt) pour faire du nombre. On n’a pas pu le prendre l’an passé car on ne pouvait pas le payer ». Concernant un club de joueurs corses, souvent avancé par les supporters, même s’il aimerait, le président renvoie vers le sportif pour de multiples raisons, expliquant aussi s’être renseigné sur « l’état d’esprit des joueurs recrutés ». Un recrutement qui s’est aussi fait selon ce critère : « Si demain on ne retrouve pas cette identité, c’est qu’on s’est trompé ».
Un recrutement, des ambitions et une réalité économique du club à remettre dans le contexte d’un football français en crise. Avec les difficultés qui sont celles du football français et la fin des droits télé, si pour le patron du Sporting « le manque de moyens ne veut pas dire qu’on n’a pas d’ambition », le porte-monnaie aide beaucoup tout de même : « Il y a deux ans, on a perdu 2,3 millions d’euros de droits télé alors qu’on a dit qu’on les avait ! Aujourd’hui, c’est quasiment 6 millions. »

Une situation économique qui porte la nécessité de conserver des prix d’abonnement assez élevés : « On est en dessous des 3 000 abonnés. Je suis là aussi pour énoncer les difficultés qu’on rencontre. Si on faisait une campagne de prix moins importante, on aurait eu moins d’argent et on n’aurait pas bouclé le budget. Les associés ont avancé 900 000 euros car il n’avait pas la possibilité d’avancer. »
Sur les appels à la démission de Claude Ferrandi, à la tête du club depuis 2017, elle ne semble pas, pour le moment, d’actualité.