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La CAB veut donner un nouvel élan aux relations avec les associations sportives de Bastia et sa région


Philippe Jammes le Lundi 7 Septembre 2026 à 17:51

En marge de la Fête du Sport de la Communauté d’Agglomération de Bastia, se sont tenues les « Assises du sport ». Il s'agissait d'une réunion entre direction de la politique sportive de l’institution et les différents clubs et associations du territoire qui regroupe 5 communes : Bastia, Furiani, Ville di Pietrabugno, Santa Maria di Lota et San Martino di Lota. Objectif de la CAB : Donner un nouvel élan aux relations avec le tissu associatif.



Des Assises sportives trés constructives pour la CAB et les associations du territoire.
Des Assises sportives trés constructives pour la CAB et les associations du territoire.

« Nous sommes dans une nouvelle mandature donc on veut resserrer les liens entre la direction de la politique sportive de notre institution et les différents clubs » explique Carulina Colombani, vice-présidente de la CAB, en charge du développement de la pratique sportive, du sport-santé et de l'inclusion sociale. « L’objectif de telles assises est bien de donner un nouvel élan, en discutant sur les différents thèmes qui peuvent poser problèmes à nos associations et évoquer aussi le sport de demain. ».


Questions les plus récurrentes, les plus sensibles : Les créneaux horaires et les subventions sachant qu’ils ne sont pas élastiques ! « Il y a beaucoup de problématiques aujourd'hui : Les créneaux, les subventions, les compétitions, l'événementiel et il nous faut arriver à faire cohabiter tout cela » souligne Jean-Philippe Thibaudeau, le tout nouveau directeur de la politique sportive de la CAB, qui en tant qu’ancien journaliste connait très bien le monde du sport. « Aujourd’hui nous avons de nombreux projets ambitieux, mais ceux-ci ne peuvent être construits qu'avec l'adhésion des associations. Ce genre de réunions existaient déjà et nous souhaitons sacraliser ce type de rendez-vous ».


Lors des questions/réponses, les voix se sont élevées dans l’assistance concernant les créneaux horaires attribués aux clubs.  « Il y a de plus en plus d'associations et donc de plus en plus de demandes de créneaux. Mais on s’aperçoit aussi que parfois des créneaux ne sont pas exploités et sans même en informer la CAB. Il y a donc déjà un travail à faire de ce côté-là » explique Jph. Thibaudeau. « Si notre territoire a pu se doter d'infrastructures performantes, 15 millions d'euros investis sur la dernière mandature, sans compter les travaux du stade Armand-Cesari, la difficulté est de répondre aux besoins de chacune des 180 associations du territoire car chacune a ses besoins particuliers. Les associations étant dirigées par des bénévoles on peut comprendre que les créneaux les plus demandés sont les créneaux du soir, entre 18h et 22h. Et forcement on arrive très rapidement à une saturation de ces créneaux. L'objectif est donc de trouver une solution pour fluidifier ces demandes et pour permettre à l'ensemble des associations de pouvoir profiter de créneaux leur permettant de rassembler le plus de monde ».


Plusieurs pistes de travail ont été évoquées lors des échanges comme celle d’un emploi du temps partagé entre les différentes associations en cas d’absence et pour éviter une sous-utilisation d’un créneau. Le système d'attribution des créneaux peut aussi être révisé en, par exemple, privilégiant le nombre de licenciés, le niveau du club ou encore son implication sur le territoire.


Autre nerf de la guerre… les subventions ! « Des critères ont été mis en place il y a une dizaine d'années mais le sport a évolué, le milieu associatif aussi et forcément ce système d'attribution doit lui aussi évoluer » argue Jean-Philippe Thibaudeau.
« A ce jour, le budget alloué à la Direction des politiques sportives en termes de subvention est de 385 000 euros. Pour ventiler cette somme à l'ensemble des associations, les critères principaux sont le nombre de licenciés, le niveau dans lequel ils évoluent, le nombre de catégories…. Mais il nous faut aller au-delà de ce simple calcul en mettant en critère le projet du club, son investissement sur le territoire, sa capacité de développer sa discipline, d'intégrer la jeunesse, les seniors, le parasport ».


Tarification des créneaux : Le sujet qui fâche !
A contrario de certaines grandes métropoles, la CAB s’est positionnée jusqu’à présent sur la gratuité des créneaux. Cela pourrait-il changer ?
« L'objectif n'est pas de mettre en place une tarification des créneaux pour payer le ménage ou l'électricité. Si aujourd'hui on a cette réflexion, c'est pour deux raisons. La première est une mise aux normes car sur le plan légal le tout gratuit n'est plus possible. Par ailleurs, tarifier les créneaux permettrait de mieux fluidifier l’accès aux infrastructures. On a en effet constaté que des clubs, sous prétexte qu’ils cochent tous les critères abusent des demandes et parfois n’occupent pas forcément le terrain. Une tarification peut donc responsabiliser les associations. Je ne le cache pas, ça peut nous permettre aussi de dégager une manne financière, pas forcément importante si on part sur des tarifications de 50 à 70 centimes de l'heure. Cette manne financière pourrait alors abonder le budget subvention et permettre d'épauler un petit peu plus les clubs ».


Autre perspective pour la CAB, se rapprocher des différentes ligues insulaires pour avoir un droit de regard sur la création de clubs. Non pour empêcher celles-ci mais pour leur faire connaitre les capacités ou non d'accueillir un nouveau club sur le territoire.


Sur la feuille de route de la CAB figure également un meilleur accompagnement des clubs. Si l’institution dispose d’agents compétents, au fait des différentes activités sportives, aussi bien dans les bureaux que dans les cosec et stades pour accompagner les associations dans leur développement de projets, la direction des sports souhaiterait professionnaliser les bénévoles. « On se propose d'accueillir les clubs dans nos bureaux, de leur permettre de se professionnaliser, d'avoir accès à des logiciels informatiques, à l'IA ou autre, pour véritablement développer leur structure et leur ouvrir d'autres perspectives. Ça permettrait ainsi aux clubs de franchir un cap, de monter en gamme » explique Thomas Nutti de la direction des Sports.


Si la politique de la CAB est d’encourager la pratique de masse, elle est aussi dans l’excellence. « On a un territoire doté de grands clubs, de très grands sportifs évoluant aux meilleurs niveaux, et on est là pour accompagner ces sportifs de haut niveau avec une ligne budgétaire spécifique, notamment autour des sportifs olympiques » souligne Carulina Colombani. « Aujourd'hui nous accompagnons Francesca Maria Franceschi, programmée on l’espère pour participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028 en Taekwondo. Elle a un accompagnement spécifique à hauteur de 5 000 euros par an. Le quota dépassé, on se reportera sur un autre ou une autre sportive ».


Et si la CAB avait choisi pour marraine de sa Fête du sport 2026 la vice-championne de France de voile Lou-Anne Santelli, ce n’est pas un hasard. Elle est en effet programmée elle aussi pour les Jeux Olympiques de …2032 à Brisbane en Australie et la CAB pourrait alors l’accompagner financièrement pour porter son projet.
Depuis plusieurs années, la CAB possède en Patrick Bayeux, enseignant chercheur, docteur en sciences de gestion, expert en politique sportive, un consultant de choix.
« Il y a eu des échanges riches et clairs lors de cette réunion. Je pense, et c’est très important, qu’on assiste à un virage dans les relations entre la CAB et les clubs. Notamment de donner la main aux clubs avec des questionnaires pour mieux cerner leurs problèmes, sortir d’une politique rigide. Des groupes de travail vont se mettre en place en janvier avec des restitution en avril ou mai ».  


Et du côté des clubs, qu’en ressort-il ?
« C’était une première pour moi car je viens d’être fraîchement nommé président du Ping Pong Club Bastiais » déclare Arnaud Roturier. « Le dialogue est quelque chose de très important et cette réunion nous a permis de voir que la CAB se voulait être à l’écoute des clubs. Elle a des projets, notamment dans le parasport qui colle tout à fait à notre propre politique avec ce le Ping Santé qu’on va mettre en place et l’accueil de personnes porteuses d’un handicap ou une maladie. Concernant les créneaux, comme toutes les autres associations on a plus ou moins ce que l’on souhaite. Que ce soit pour les compétiteurs, jeunes ou adultes, les loisirs, le Ping Santé, j'ai envie de dire qu'on est à 90% satisfaits de notre demande ».
Du côté du Bastia Handball, Maryline Demasi, sa secrétaire, nourrit elle quelques inquiétudes au sujet de la location éventuelle des créneaux. « Nous n’avons pas les moyens de régler une location car nous sommes un club aux faibles subventions, aux licences peu chères donc des finances plutôt basses. Va falloir en discuter. Quant aux créneaux, bien sûr qu’on en manque et je pense que la CAB doit être bien consciente et vigilante à ne les attribuer qu’aux clubs du territoire ».