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Procession, fucarè, ballu : Bastia célèbre la San Ghjuva


Matteo Lanfranchi le Mardi 23 Juin 2026 à 10:48

Chaque année, le 23 juin au soir, Bastia renoue avec l'une de ses traditions les plus anciennes : le fucarè, le feu de la Saint-Jean. Un rendez-vous populaire et immuable, mêlant racines païennes, ferveur religieuse et convivialité de quartier.



Bien avant d'entrer dans le calendrier chrétien, ce feu de joie marquait le solstice d'été, le jour le plus long de l'année. Les hommes allumaient des brasiers pour célébrer la lumière, comme pour retenir encore un peu les derniers rayons avant que les jours ne commencent à raccourcir. La religion s'est ensuite approprié ce symbole en fixant au 24 juin la naissance de Jean-Baptiste, figure biblique associée au baptême et à la lumière, six mois jour pour jour avant Noël, au moment du solstice d'hiver.


À Bastia, alors que naguère chaque quartier organisait son fucarè - certains, rivalité oblige, flambaient même avant l'heure - c'est, désormais, dans l'anse du Vieux-Port, au pied de la Citadelle, qu'un gigantesque brasier est allumé chaque soir du 23 juin. Le monticule de bois commence à s'ériger plusieurs jours avant la fête, grandissant de jour en jour jusqu'à former une imposante pyramide. L'ambiance est celle d'une fête de quartier à ciel ouvert, où la cérémonie religieuse se mêle à l'envie de se retrouver.

 


La tradition est aussi liée à un rite plus insolite : ce soir-là, prendre un premier bain de mer. L'eau du 23 juin est réputée avoir des propriétés régénératrices, une croyance héritée, elle aussi, du fonds païen de la fête.

 


Le lendemain, le 24 juin, la fête se prolonge à l'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste. Construite entre 1636 et 1666, c'est la plus vaste église de Corse. Son intérieur abrite de nombreuses œuvres d'art, parmi lesquelles un tabernacle en argent ciselé au XIXe siècle par l'orfèvre siennois Gaetano Macchi, une statue de marbre de Saint Jean Baptiste datant du XVIIIe siècle, et une tribune d'orgue en nid d'hirondelle de 1742 ornée de trois tableaux retraçant la vie du saint. Une succession de messes et de processions s'y déroule jusqu'au soir, portées par les chants sacrés corses qui résonnent sous les voûtes.


Le fucarè est aussi un moment de mémoire. Il ramène chaque année des Bastiais partis vivre ailleurs, à Lupino, en dehors de la ville, parfois loin de l'île, qui reviennent pour ce rendez-vous que rien ne remplace. Une date que Bastia ne changera pas.


A Cità di Bastia festighjerà stu 23 di ghjugnu à San Ghjuvà !

- 20 heures
Partenza di a prucessione da a San Ghjuvà versu a Conca Marina

- 20h15 :
Salut au très Saint Sacrement – Conca Marina

21 heures :
Partenza di a prucessione da a Conca Marina versu a Calata Albert Gillio sin’à u Fucarè

21h30 :
Cuncertu di Clément Albertini

23 heures :
Feu d’artifice
  • 23h15 :
Ballu di San Ghjuvà urganizatu da l’associu « U Mercà »