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Méditerranée : une mer presque morte


Jacques RENUCCI le Dimanche 9 Juin 2019 à 17:47

Un rapport du WWF pointe les dégâts irréversibles causés par le déversement de matières plastiques dans l'eau, 600 000 tonnes par an pour 22 pays



Méditerranée : une mer presque morte
On s'y attendait, mais cela a quand même créé un choc : un rapport du WWF (World Wildlife Fund) pointe l'ampleur catastrophique des déchets plastiques en Méditerranée. Sur le sujet, la France passait pour un bon élève et d'autres pays, la Turquie, la Tunisie, l’Égypte, entre autres, étaient pointés du doigt pour leur pratique du tout-à-la mer.  
Or le rapport, lorsqu'il s'intéresse à la France, n'est pas tendre non plus. Sur les 600 000 tonnes de déchets plastiques déversés chaque année par 22 nations dans une mer fermée, notre pays participe à hauteur de 11 200 tonnes – sur les 80 000 dispersés à travers le territoire...
Quand nous allons à la plage, sans nous en rendre compte, nous sommes, selon l'expression du WWF, « au bord d'une poubelle à ciel ouvert ». Résultat de ce déversement programmé : la Mare Nostrum est au bord du point de rupture, comme un humain en burn out.  
La France tente la collecte, mais elle produit trop de déchets, surtout par les contenants alimentaires et les plastiques à usage unique. Parmi les solutions proposées, le réemploi des contenants, au besoin en recourant au vieux système de la consigne bien connu de nos anciens. Car il y a urgence : chaque minute, en Méditerranée, il tombe irrémédiablement dans l'eau l'équivalent de 34 000 bouteilles...
C'est en été, en raison de la pression touristique, que les déchets s'accumulent le plus - une augmentation de 40% -, ceux qu'on voit, et ceux qu'on ne voit pas, comme les phtalates, présents dans les cosmétiques et les vernis. En Corse, selon WWF, 112 km2 de mer sont fortement pollués. C'est beaucoup, mais c'est peu si l'on pense aux 1000 km2 pollués dans la baie de Marseille et aux 578 km2 atteints dans la baie de Nice.  



Des emballages à repenser
Il serait faux de dire que les autorités ne font rien. On incinère, on enfouit, on recycle, mais il faut compter avec les comportements individuels irresponsables, les contraintes économiques des entreprises, les pesanteurs administratives et les peurs décisionnelles au niveau de l’État. Par exemple, on l'a dit, 40% des plastiques sont aujourd'hui destinés aux emballages. Changeons les emballages, disent les écologistes.


Mais cela suppose une chaîne de décision complexe, où se font jour des questions de coût et, en filigrane, de maintien d'emplois.
Comment les plastiques se retrouvent-ils dans l'eau ? L'enquête est claire sur ce point : 70% proviennent des activités côtières, activités des habitants, loisirs et tourisme, le reste descend des cours d'eau ou ressort des activités maritimes, comme le transport, le nautisme ou la pêche.
Pourquoi tarde-t-on à prendre conscience de la réalité ? Sans doute en partie parce que, quoi qu'on en pense au triste spectacle de rivages envahis de déchets, seule une petite partie de la pollution touche terre. En effet, 66% des déchets flottent au loin, en surface, et 11% se déposent pour toujours sur les fonds marins.  


Pour aggraver le tableau, on ne peut pas circonscrire le problème des plastiques à l'espace maritime. Ils ne polluent pas que l'eau, mais aussi les corps. Selon une étude scientifique canadienne, chacun de nous, sans s'en rendre compte, ingère ou inhale en moyenne jusqu'à 52 000 microparticules par an, sans que l'on puisse aujourd'hui mesurer les effets que cette absorption pourrait avoir sur la santé.  


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