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Les îles Lavezzi, joyau difficilement sauvegardé de la Corse


Livia Santana le Lundi 10 Août 2020 à 11:29

Chaque année plus de 250 000 visiteurs se rendent dans la réserve naturelle des bouches de Bonifacio afin de découvrir un lieu qui n’a rien à envier aux Seychelles : les îles Lavezzi. Les gardes de l’office de l’environnement de la Corse mettent, tant bien que mal, tout en œuvre pour faire respecter un règlement strict et préserver ce coin de paradis et ses espèces protégées.




A une trentaine de minutes du port de Bonifacio en bateau et une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de l’archipel italien de la Maddalena, les eaux turquoises des îles Lavezzi. Tous les étés, les vacanciers s’y rendent par centaine de milliers pour découvrir les plages paradisiaques bordées de colossaux rochers polis. Ici, aucune construction excepté le phare rouge qui domine l’archipel et le cimetière où reposent depuis 1855 les 750 victimes du naufrage de la Sémillante. Un véritable dépaysement pour les touristes, qui à peine le sol foulé, s’emparent de leur appareil photo et se pressent dans les sentiers à la recherche « du bon emplacement » pour déjeuner et passer le reste de la journée.

« Madame, réserve naturelle des Bouches de Bonifacio. Il est interdit de s’installer sur ces rochers. S’il vous plaît, rejoignez les sentiers ou la plage. » Les gardes territoriaux de l’Office de l’Environnement de la Corse rappellent les vacanciers à la réalité.La plupart du temps, les touristes sont très compréhensifs et s’exécutent. Chaque jour, de 7 heures à 21 heures, deux Zodiac de la garderie territoriale patrouillent pour veiller au moindre incivisme. Bien souvent, ils se résument à un jeter d’ancre dans des herbiers, des déchets non ramassés et  le non-respect des périmètres pour circuler sur l’île.

A l’injonction des gardes, les visiteurs de l’île ont souvent la même réaction : “Excusez-moi je ne savais pas.” A l'image de cette femme en maillot de bain qui quitte très vite les rochers.
Les vacanciers passent à côté de ces informations puisque rien sur les îles ne signalent ces contre-indications. Seuls les employés des trois compagnies de bateliers annoncent les règles au micro durant la traversée : “Sur l’île veillez à bien récupérer vos déchets, une poubelle est à votre disposition au retour. Suivez bien les sentiers et installez vous sur les plages.”

A ce moment précis personne n’écoute. Les familles sont, déjà, toutes scotchés aux vitres sales de leur carrosse et s’exclament : “C’est magnifique ! On dirait une carte postale!”

Aussitôt arrivé sur la terre ferme, tout le monde a oublié les consignes. Un problème que Jean-Michel Culioli, responsable depuis trois ans du service des espaces protégés à l’Office de l’Environnement de la Corse, entend très vite régler. « D’ici à deux ans, il y aura des chemins balisés ainsi que des portiques sur cet embarcadère. », explique-t-il en montrant les chutes de pierres sur le sentier.

Des espèces endémiques aux îles Lavezzi

A droite :  Jean-Michel Culioli, responsable du service des espaces protégés à l’Office de l’Environnement.
A droite : Jean-Michel Culioli, responsable du service des espaces protégés à l’Office de l’Environnement.
S’il est aussi important de veiller sur cet archipel, c’est parce que de nombreuses espèces protégées occupent les îlots. A l’image du puffin cendré, un petit oiseau marin qui se reproduit sur l’île Lavezzu ou encore le goéland d’Audouin, un volatile qui avait presque disparu dans les années 60. Ces oiseaux n’ont aucun secret pour Jean-Michel Culioli, qui avant d’être responsable des espaces protégés, était en charge depuis plus de vingt ans du suivi scientifique sur les îles Lavezzi : « Tous les oiseaux ici sont bagués pour que nous puissions voir où ils vont durant leur migration hivernale. Il s’accroupit au sol et faufile sa tête dans un trou au bas d’un rocher, avant de reprendre. A présent, nous sommes dans la période de nidification, la femelle est là. Bientôt les œufs vont éclore et nous aurons de nouveaux habitants. »

La venue des 256 000 touristes annuels ne semble pourtant pas perturber ces espèces, qui depuis la nuit des temps, ont pris leurs quartiers sur ces îles.

A quelques mètres du repaire des puffins cendrés, sur la façade Sud de l’île Lavezzu, pousse le limoniom lambinonii, une petite herbe vert sapin endémique du lieu. Celle-ci représente un combat important pour les défenseurs de l’environnement puisque depuis 2011, l’Office de l’Environnement se bat pour classer les Bouches de Bonifacio comme « Zone maritime particulièrement vulnérable » devant l’Organisation Maritime Internationale (OMI). La présence du limoniom lambinonii, a joué un rôle décisif sur l’obtention de ce titre car la plante propre ne pousse que sur cette île et à proximité de la mer. Et si les pétroliers continuaient à passer dans les Bouches alors une marée noire pourrait menacer cette espèce endémique.

Le limoniom lambinonii, plante endémique de l’île.
Le limoniom lambinonii, plante endémique de l’île.
Les fonds marins sont eux aussi très surveillés par les gardes territoriaux. Cette mine d’or où l’on retrouve des sars, mérous et autres espèces très recherchées, est un vivier à mer ouverte. La pêche y est interdite sauf pour quelques 400 pêcheurs professionnels autorisés à ramener 5 kilos de poissons par jour. De ce fait, ces dernières années, le braconnage des ressources halieutiques n’y est pas rare. « En novembre 2018, des pêcheurs sardes ont installé un grand dispositif d’engins sous-marins au large de la tour de Lavezzi mais nous n’avons pas réussi à les faire condamner. », s’indigne Jean-Michel Culioli fervent défenseur des espèces marines.

Un tourisme durable

L’Office de l’Environnement de la Corse a été mandatée par l’Assemblée de Corse en 2018 pour trouver des solutions au problème du tourisme massif sur les îles.Une fréquentation, qui depuis les années 90 s’intensifie (voir graphique).
Ainsi, des éco-compteurs ont été installés pour dénombrer les touristes. « Cette année est un peu particulière, avec le Covid, en plein mois de juillet, nous avons une fréquentation de début juin soit moins de 2 000 visiteurs par jour . Mais il faut savoir qu’habituellement nous relevons des pics de 3 500 personnes par jour ce mois-ci. »

Depuis son arrivée aux fonctions, Jean-Michel Culioli se bat pour faire des îles Lavezzi un produit touristique qui n’est pas antinomique à la préservation de l’environnement. D’ici à deux ans, l’employé territorial espère pouvoir accueillir des groupes de scolaires pour leur faire découvrir le patrimoine naturel des îles Lavezzi.




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