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La guerre de la droite aura-t-elle lieu ? La tension reste vive au Conseil départemental de Corse-du-Sud


Rédigé par José Fanchi le Lundi 22 Juin 2015 à 16:58 | Modifié le Lundi 22 Juin 2015 - 17:21


11 à 11 la balle au centre. Et on en reste là. L’après 2 avril continue de susciter pas mal de remous au sein de la majorité départementale. La tension continue de monter et ne semble apparemment pas retomber au Conseil départemental de Corse-du-Sud. Lundi matin, peu avant le début de la session, une conférence de presse a été animée par Marcel Francisci, lequel est revenu sur les propos tenus récemment par Jean-Jacques Panunzi, propos qui s'apparenteraient, selon Marcel Francisci, à de la diffamation pure et simple qui ne sauraient être tolérés en direction de Pierre-Jean Luciani. Jean-Jacques Panunzi s’est également exprimé sur le sujet


La guerre de la droite aura-t-elle lieu ?  La tension reste vive au Conseil départemental de Corse-du-Sud
"Je ne suis pas le président du Conseil Départemental, le président est Pierre-Jean Luciani". Propos tenus hier matin avant l’ouverture de la session par Marcel Francisci, qui préside le groupe de la majorité au Conseil Départemental de Corse-du-Sud. : « Recentrer les choses, rétablir des relations normales de travail et avancer sur un projet concret », Marcel Francisci a bien pesé ses mots pour tenter de redresser une situation qui n’a pas lieu d’être. Il s’est montré clair et précis pour envoyer son message, regrettant que le débat se soit « radicalisé ! »

Coup de gueule…
Un véritable « coup de gueule » contre des attaques que Marcel Francisci juge indignes : «C’est la première fois en neuf ans que j’assiste à de tels faits dirigés contre un homme. Pierre-Jean Luciani a été diffamé, et je pèse mes mots. On dit ci et là que l’institution est bloquée, que l’équipe de la majorité ne sait pas travailler. Nous sommes aujourd’hui dans une situation un peu unique dans la mesure où nous avons 22 élus (11 et 11) parmi lesquels, certains sont là pour travailler, aller de l’avant. Ils ont pourtant été radicalisés. Je réaffirme en mon nom personnel et au nom du groupe que je préside, mon soutien à Pierre-Jean Luciani, l’amitié que je lui porte comme d’ailleurs un certain nombre de personnes ici présentes qui travaillent depuis longtemps à ses côtés. C’est quelqu’un qui travaille et œuvre pour l’intérêt général depuis des années et qui ne mérite pas le traitement qui lui a été réservé. »  

Marcel Francisci : "il serait temps que chacun accepte les résultats"  
- Vous dites, je ne suis pas le président mais il se murmure que c’est vous qui exercez ces fonctions ?
Pierre-Jean Luciani m’a fait l’honneur de me suivre mais comme vous le savez, les choses ne se sont passées comme nous le souhaitions. Je n’ai pas été élu président et je ne suis donc pas le président du Conseil départemental. Les choses sont on ne peut plus claires. Je travaille avec Pierre-Jean Luciani comme les autres élus du groupe que je préside et c’est déjà beaucoup. J’ai un rôle politique important au sein de l’institution et je l’exerce. Pierre-Jean Luciani exerce le sien, celui de président. 

-Les choses peuvent-elles s’arranger ?
- Nous l’espérons vivement. Nous travaillons dans ce sens. Nous avons ouvert les portes, elles le sont toujours, même s’il est vrai que systématiquement, on nous les referme au passage, mais nous continuerons à les ouvrir et nous verrons… 

- Jean-Jacques Panunzi et François Colonna sont-ils responsables de cette situation ?
- Très clairement, les propos que j’ai pu lire et entendre le laissent supposer. J’espère qu’eux aussi sauront accepter la défaite qui n’est en somme qu’un changement d’homme. L’institution continuera à fonctionner et nous souhaitons enfin pouvoir travailler. 

- En résumé, ce qui vous oppose c’est toujours cette élection du 2 avril ? Rien d’autre ?
- Peut-être un recentrage que nous souhaitions sur Ajaccio qui n’existait pas, c’est certain. Ce qui nous oppose politiquement ? Pas grand-chose car nous appartenons à la même famille politique. Peut-être une façon de travailler qui n’existait pas à l’époque parce que les décisions se prenaient au troisième étage et les élus venaient en session pour adopter les rapports. Aujourd’hui nous travaillons en équipe c’est quelque chose que nous souhaitions, ça existe depuis le 2 avril… 
 
- Dans la perspective des territoriales, un arrangement à droite est-t-il toujours possible ou la rupture est bel et bien là ?

- Je vais vous répondre comme pour le reste. Nous travaillerons jusqu’au bout pour qu’un arrangement puisse exister. Je ne sais si ça passera par une ou deux voire plus de listes. On a voulu départementaliser les élections territoriales. En tout cas les élus continueront à travailler et à œuvrer pour l’union.

- Il y a donc un avant et un après le 2 avril ?
- On peut parler d’un après 2 avril, mais je pense que très bientôt ça fera partie du passé. On n’a jamais vécu cela au sein du département. Normalement, comme dans chaque institution, il y a un vote, sans doute des amertumes après les résultats, ça dure quelques jours. Cela fait deux mois et demi maintenant, il serait temps que chacun accepte les résultats.  

J.-J. Panunzi : " Je n’ai jamais diffamé qui que ce soit"

- Il a été dit ce matin que vous avez diffamé le président Pierre-Jean Luciani et que ce n’était pas lui qui exerçait réellement les fonctions de président ?
- Je n’ai jamais diffamé qui que ce soit, ni le président ni personne de toute ma vie. J’ai été éduqué avec certaines valeurs et quelque forme de respect. J’ai simplement voulu dire que par rapport à ce qu’il se passait aujourd’hui au Conseil départemental que les décisions, je suppose, n’émanaient pas du président Luciani mais des gens qui l’entourent et par conséquent, lorsqu’un président autorise certaines choses, il en est responsable. Si demain il se produit des incidents ou si difficultés de gestion interviennent, je suppose que la personne qui est responsable de la collectivité est quand même le président. C’est ce que j’ai voulu dire.

- Selon vous, y a-t-il des décisions qui émanent d’autres personnes que le président ?
- Je ne cite aucun nom mais je dis simplement que les décisions au sein de la collectivité ne peuvent être prises que par le président. C’est lui qui a le dernier mot. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas dans la mesure où par rapport  à certains contacts que j’ai pu avoir, j’ai constaté que la décision ne venait pas du président mais bien des personnes qui l’entouraient à ce moment là. 

- La discussion est donc encore possible ?
- Je suis ouvert à toute discussion. Le tout c’est de se mettre autour d’une table, de peser les choses, de réfléchir à ce qu’il convient de faire, savoir si on est la pour travailler pour l’intérêt de la collectivité ou bien pour régler des comptes et pour travailler pour l’ambition politique de quelques personnes. Je pense que durant une dizaine d’années, j’ai donné l’image de quelqu’un qui a toujours su rassembler ; il y a toujours eu un consensus au niveau de cette collectivité au-delà même de ma propre majorité. J’ai même élargi ma majorité avec des éléments qui venaient d’obédiences différentes afin que toute la population de la Corse-du-Sud soit représentée. La gestion d’une collectivité ne peut pas être quelque chose de clivant. On ne peut pas aujourd’hui être pour certains et contre d’autres. Etre président, c’est assumer une gestion où l’on doit trouver un consensus au niveau général.

- L’attribution de certaines délégations serait-elle de nature à apaiser le climat ?
- Déjà, le fait de se réunir et de proposer certaines délégations serait la preuve qu’il y aurait un pas en avant pour aller vers l’apaisement. Il faut voir lesquelles. Je pense que lorsqu’on a fait les commissions, s’il y avait eu une volonté d’aller vers l’apaisement - cela a d’ailleurs été évoqué par le président - la voie en question aurait sans doute été trouvée à travers le partage des présidences des commissions. Aujourd’hui, je vois que l’on a concentré toutes les présidences sur les binômes ajacciens et qu’aucune présidence n’a été donnée à aucune des personnes de mon groupe, j’estime qu’il n’y a pas la volonté de chercher la voie de l’apaisement. Cela signifie qu’on veut aller toujours de clivage en clivage, de plus en plus fort !
Propos recueillis par J.F.
 
 
 
 




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