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Jeux de société : un nouvel âge d’or qui gagne aussi la Corse


Christophe Giudicelli le Dimanche 6 Septembre 2026 à 12:24

En une dizaine d’années, le marché du jeu de société a presque doublé en France, frôlant désormais les 600 millions d’euros. Un nouvel essor qui touche aussi la Corse, porté notamment par une clientèle adulte en quête de convivialité et de loisirs loin des écrans. À Bastia, la boutique Inde’six, ouverte début juin, témoigne de cet engouement.



Jeux de société : un nouvel âge d’or qui gagne aussi la Corse
Jeux de société : un nouvel âge d’or qui gagne aussi la Corse
Dixit, Bunny Kingdom, Twisted Crypts, 7 Wonders, Catan, Chromino… À l’intérieur de la boutique Inde’six, spécialisée dans le jeu de société et ouverte début juin boulevard Graziani à Bastia, des dizaines de boîtes côtoient les classiques cartes Pokémon, Magic et autres Monopoly et Loup-Garou.

Des centaines de références, des plus populaires aux plus confidentielles, qui disent toutes une même chose : le jeu de société connaît un nouvel essor dont la Corse n’est pas en reste. Pour ne pas dire un âge d’or, explique Maxence Sergeraert, le gérant d’Inde’six : « Avec le Covid, les gens se sont un peu retrouvés seuls. Et à la maison, ils se sont mis sur les PC et sur Netflix. Ils ont peut-être fait une overdose et ont ressorti les vieux jeux. On retrouve aussi des parents qui ne veulent pas que leurs enfants restent trop sur les écrans et qui achètent des jeux de société. »

En une décennie, le marché du jeu de société en France a doublé, passant de 300 à près de 600 millions d’euros, selon les chiffres avancés par le secteur, qui voit sortir chaque année près de 1 500 nouveaux jeux, allant de moins de 10 euros à plusieurs dizaines, voire centaines d’euros. Cette industrie compte aujourd’hui 150 éditeurs dans le pays et des centaines de boutiques comme celle de Bastia. Sur le podium, indique Maxence Sergeraert : Skyjo, un jeu de cartes rapide et facile à jouer ; le Loup-Garou de Thiercelieux, un classique du jeu d’ambiance ; et Codenames, où les joueurs doivent faire des associations de mots.
Pour son gérant, ce regain tient surtout à des clients qui recherchent avant tout « une interaction sociale directe », et notamment à une clientèle adulte de plus en plus friande de ce type d’activité, avec une hausse de 27 % des ventes au niveau national pour l’année 2024, contre une baisse de 11 % pour les jeux « familiaux ».

Dans cet univers, il y a de quoi se perdre facilement, indique Maxence Sergeraert : « Les entreprises de jeux de société ressortent leurs jeux, avec de nouveaux designs. Il en sort tellement qu’il est difficile de tous les connaître. Il y a des milliers de références, avec des sites spécialisés qui permettent de faire son choix parmi des dizaines de critères : durée de la partie, nombre de joueurs, univers, mécanique de jeu, etc. »

C’est alors que la petite boutique du boulevard Graziani tient son rôle de commerce de proximité, comme lorsqu’il s’agit d’expliquer à ces deux parents le fonctionnement d’une partie de cartes Magic : « Une grande partie de mon travail est de renseigner les gens. Mon but est de trouver ce qui va correspondre à la personne. »
Avec un maître-mot pour les best-sellers du moment : « Soit un jeu rapide, facile à comprendre et auquel on peut jouer avec n’importe qui. Soit un jeu qui fait réfléchir et qui donne envie d’y rejouer, et surtout une expérience ludique qui va permettre aux joueurs de sortir de leur quotidien. »

Mais aussi un travail pour le gérant : celui de faire sauter le verrou du jeu de société « trop compliqué », « trop long ». Les éditeurs se sont adaptés à tout le monde : « On a des jeux narratifs pour jouer tout seul, mais aussi des jeux de rôle avec un scénario mis en place où l’on choisit un personnage. Des jeux sont exclusivement jouables à deux, comme Agent Avenue, qui est un jeu de bluff. Il y a des jeux où on ne peut pas jouer en dessous de huit. D’autres qui sont basés sur l’univers de jeux vidéo très connus. »
Un univers qui a également ses passionnés et ses joueurs très réguliers. « Pour certains jeux, on est sur un public de passionnés, on va prendre le temps », argumente le gérant, qui a aménagé une salle d’une quinzaine de places pour tester et venir jouer à plus d’une centaine de jeux, l’occasion aussi de les découvrir : « On a aussi des jeunes qui viennent jouer le mercredi après le sport. »

La boutique est également le siège officiel d’une ligue de cartes Pokémon : « On a rencontré près de 100 personnes. Et une petite vingtaine participe à des tournois officiels que nous organisons dans notre propre ligue. »

On pensait que le jeu de société était remisé au placard au profit des écrans. Ce n’est pas du tout le cas : il revient même en force.