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Jean-Martin Mondoloni : « Nous sommes la vraie, la seule liste du changement à Bastia »


Nicole Mari le Samedi 15 Février 2020 à 16:06

Pour sa première candidature à l’élection municipale de Bastia, Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per L’Avvene à l’Assemblée de Corse, entend rassembler toute la famille de droite, et même au-delà, avec sa liste « Bastia Altrimente ». Un challenge avec un objectif affiché : conduire la seule véritable alternance tant au niveau local que régional face à un pouvoir nationaliste qu’il juge « disqualifié ». Il explique à Corse Net Infos que « les Bastiais ont été floués » et propose un projet fondé sur une ville durable et l’accession à la propriété.




Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per L’Avvene à l’Assemblée de Corse, candidat de droite et LR à l'élection municipale de Bastia.
Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per L’Avvene à l’Assemblée de Corse, candidat de droite et LR à l'élection municipale de Bastia.
- Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans la bataille des Municipales bastiaises ?
- Parce que je crois que ma famille politique – la droite libérale, humaniste et sociale, la droite dans sa diversité – doit être présente à un scrutin majeur qui est le scrutin municipal de Bastia. Après un certain nombre de concertations, d’échanges avec toutes les composantes de ma famille politique, il a été acté, à la fois par les appareils, les militants et les sympathisants, que mon nom se dégageait. J’ai accepté avec plaisir et avec passion de m’engager dans cette compétition pour, à la fois, porter les couleurs de la droite et surtout pour provoquer l’alternance à Bastia. De l’alternance à Bastia dépendra aussi l’alternance au niveau régional. On ne peut pas s’intéresser à la région sans s’intéresser à Bastia, on ne peut pas s’intéresser à Bastia sans s’intéresser à la région.
 
- Stéphanie Grimaldi vient de jeter l’éponge, Sylvain Fanti est en stand-by. Discutez-vous avec eux ?
- Chacun sait que, depuis toujours, je discute avec tout le monde. En tous cas, avec ceux qui acceptent de discuter avec moi. Je n’ai jamais eu d’adversaires, je n’ai eu que des concurrents. J’observe qu’à la veille du dépôt des listes, la famille nationaliste est éclatée, la famille de gauche est divisée et que ma famille se retrouvera sur une candidature unique. J’ai l’ambition de penser que cette disposition m’est plutôt favorable. Je reste prudent, mais je préfère être à la tête d’une cathédrale plutôt que fractionné en autant de chapelles qu’il y a d’ego.
 
- A Bastia, la droite est quasiment inexistante. Considérez-vous cette élection comme le début de la reconquête ?
- C’est un immense challenge auquel mes amis et moi-même prenons beaucoup de plaisir. Il s’agit, à la fois, d’une reconquête et de reconstruire sur des bases qui ont été laissées pour compte depuis plusieurs années, notamment depuis 2014 avec le choix de la droite bastiaise, que beaucoup critiquent aujourd’hui mais avec lequel tout le monde était d’accord il y a 6 ans, de rejoindre l’équipe de Gilles Simeoni. C’est un choix assumé et qui continue de l’être par une partie de ceux qui se reconnaissent dans la famille libérale. Je n’ai pas à le commenter, ni à le critiquer. J’en prends acte. Mais il existe aujourd’hui, dans ma famille et même bien au-delà, des hommes et des femmes qui croient davantage à l’alternance qu’à la continuité de la mandature initiée par Gilles Simeoni en son temps et poursuivie par Pierre Savelli.
 
- Qualifierez-vous votre liste de « droite » ?
- La liste, que je conduis, n’est pas seulement une liste de droite, mais une liste de gens qui veulent s’investir à Bastia et qui ont choisi de nous rejoindre en connaissance de cause. Chacun connaît mes engagements et ma trajectoire. L’idée est aussi de démontrer, dès le 1er tour, notre capacité à nous ouvrir parce qu’on ne gagne pas seulement avec son camp.
 
- Peut-on dire que vous avez fait le pari de la jeunesse ?
- Plus qu’une liste de jeunes – je ne fais pas dans le jeunisme -, c’est une liste qui correspond à la fraicheur que les Bastiais sont en droit d’attendre. Elle comporte naturellement des jeunes, mais aussi des gens de grande expérience, expérimentés en politique, et d’autres qui ne le sont pas, des gens de tous horizons et de toutes classes sociales qui ont la passion de Bastia chevillée au corps. C’est le plus important ! Cette élection est, à la fois, une compétition ouverte et un défi immense de faire sortir Bastia du déclassement dans lequel elle s’enlise actuellement.

- Justement, quels regards portez-vous sur la municipalité sortante, sur son bilan ?
- Je considère que la municipalité sortante est disqualifiée à plus d’un titre. Nonobstant la qualité des hommes et les efforts qu’ils ont pu faire, ce constat s’appuie sur trois situations que les Bastiais n’ont pas digérées. La première est qu’ils ont élu un maire pour 6 ans et qu’au terme de 2 ans, ce maire est parti. Les Bastiais, d’une certaine façon, ont été floués une fois. Ils ont été floués une seconde fois quand on leur a expliqué qu’en faisant le pari d’une liste nationaliste d’ouverture, tout allait mieux marcher. Or, le nationalisme dit « de gestion » ne fonctionne pas ! Pas plus à Bastia qu’à la région ! Les Bastiais ont été floués une troisième fois parce que les sujets, qui les préoccupent au quotidien, ne sont pas résolus. Le manque de résultats est criant. Il suffit de parcourir les rues de Bastia inondées de déchets, de parler de modalités de transport, de stationnement ou d’accession à la propriété pour voir qu’il y a bon nombre de mécontents. Je ne suis pas entré dans cette compétition pour jeter la pierre sur quiconque, mais pour démontrer que l’équipe, qui m’entoure, est capable de mieux faire. Elle en a, à la fois, le talent, la compétence et l’expérience. Je suis rentré dans cette campagne avec beaucoup moins de fanfaronnade que d’autres en 2014 et en faisant le pari du travail, du sérieux et de l’action au service exclusif des Bastiais, sans lorgner vers d’autres horizons.
 
- Vous avez dévoilé votre programme. Quelle est, pour vous, la priorité à Bastia ?
- Il y a deux priorités. D’abord répondre aux séquences d’urgence qui s’imposent : les Bastiais n’ont de cesse de parler de la fluidité des transports, de la façon dont les rues, les boulevards, tous les axes sont engorgés. On ne peut plus circuler normalement en ville. On ne peut plus y stationner. Donc, je crois qu’il faut lancer une politique de grands travaux en matière routière et de stationnement. En même temps, - et c’est le deuxième axe -, il faut être en capacité de construire la ville de demain. Un élu ne s’engage pas seulement pour le compte de sa propre génération, mais pour le compte des générations qui arrivent. Il est important de commencer à dessiner le Bastia de 2030 ou de 2050. C’est aussi cela notre ambition. Nous avons un programme très ambitieux en matière de végétalisation, de corridors végétalisés, de voies douces, de pistes cyclables et de développement durable. Pas seulement parce que c’est dans l’air du temps, mais parce que c’est impératif d’être capable de se projeter pour les enfants d’aujourd’hui qui seront les adultes de demain.

- Est-ce votre vision du Bastia du futur ? Une ville durable ?
- Oui ! Une ville durable. Une ville qui ne sera pas celle d’aujourd’hui où partout où le regard se tourne, il croise un véhicule. Ce n’est pas la ville de demain que nous voulons. Des villes de 40 000 à 50 000 habitants sont pionnières en la matière : Arras, Chambéry, Saint-Brieuc ou d’autres ont réussi ce tournant du durable. On ne voit pas pourquoi, en matière de commerces de proximité, de stationnement, de voies douces, d’accès à la propriété et de lutte contre la précarité, ce qui fonctionne ailleurs ne fonctionnerait pas à Bastia. Il faut éviter la tentation du repli sur soi sur le thème d’un nombrilisme qui ne fonctionne pas et qui veut faire penser qu’au motif qu’on plante un drapeau corse quelque part, tout va marcher. C’est du nationalisme autosuffisant ! Je ne me suis pas engagé dans une campagne antinationaliste, mais je dis simplement qu’être nationaliste, ça ne suffit pas à bien gérer une collectivité.
 
- Quelle serait la mesure phare que vous prendriez immédiatement si vous étiez élu ?
- La première mesure serait de créer les conditions d’accession à la propriété. Il y a trois types de population à Bastia : les plus aisées qui n’attendent rien de la puissance publique ou si peu, sinon qu’on travaille à la gestion des grands équipements collectifs. Les populations en grande déshérence qu’il faut absolument aider par la formation, l’accès au logement, à de meilleurs soins et à l’emploi. Enfin, l’immense majorité des Bastiais qui appartiennent aux classes moyennes et qui ne peuvent plus acquérir une propriété. Bastia compte 40% de propriétaires et 60% de locataires. Parmi ces derniers, bon nombre attendent qu’on prenne des mesures pour leur donner accès à la propriété. La création d’un office foncier solidaire est, pour nous, une de ses grandes priorités, mais pas seulement.
 
- Quoi d’autre ?
- Il faut aussi une politique de grands travaux en commençant par la construction d’un grand parking dans le quartier du Fango pour, à la fois, résoudre les problèmes d’engorgement et commencer la piétonisation. On ne peut pas piétonniser un axe sans avoir auparavant trouver des solutions pour garer les véhicules. Je voudrais aussi, moi qui suis cycliste urbain mais un cycliste qui ne prend pas de risques, que des générations me suivent pour que demain, la ville s’ouvre sur de nouvelles voies douces. Et qu’à très court terme, ce ne sont pas de grands aménagements, que l’on crée les conditions pour que Bastia puisse s’ouvrir sur la Méditerranée. Qu’à l’instar d’autres villes de moyenne importance, elle joue un rôle parmi la mosaïque des grandes villes qui rayonnent en Méditerranée en s’appuyant sur ce qu’elle est : une ville à identité culturelle très forte.

- Pour revenir au scrutin, pensez-vous réussir à passer le 1er tour et être en pôle position pour le 2nd ?
- C’est l’objectif affiché. D’abord, la configuration s’y prête. Je suis, à ce jour, le seul candidat de droite : c’est une chance sur la base d’une stratégie que nous avons construite et qui peut vraiment nous donner l’opportunité d’arriver en tête au 1er tour. La deuxième considération est que nous sommes la seule, la vraie, l’unique liste du changement. Les Bastiais vont avoir deux choix : soit ils continuent et prônent la prolongation de l’équipe existante, soit ils changent et prônent l’alternance. Il y a deux façons de changer : soit en reconduisant ceux qui ont déjà été aux affaires et sont dépositaires du passé, donc d’un passif ; soit en provoquant un réel changement. Je suis le seul à apporter de la fraicheur, des personnes qui ont la volonté d’incarner un vrai changement. Ces deux considérations, plus la dynamique que nous touchons du doigt sur le terrain dans notre politique de porte-à-porte, de proximité, nous laissent penser que nous avons toutes les chances d’être en tête de l’opposition au soir du 1er tour.
 
- Se posera alors la question des alliances de 2nd tour. Des candidats d’opposition font état de discussions avec vous. Quelle sera votre position ?
- Notre position, c’est que le législateur a bien prévu les choses : il a prévu deux tours. Le premier tour pour rassembler son camp et un peu au-delà si possible, c’est mon cas. Le second tour pour créer la dynamique de victoire. Je suis concentré sur le 1er tour, juste le 1er tour, rien que le 1er tour ! Si mes concurrents souhaitent faire savoir que lorsqu’on se croise sur la place, le marché ou le boulevard, que nous nous saluons et discutons, ils ont raison. Pour le reste, à ce jour, je n’ai aucune information à vous donner sur quelques combinaisons de 2nd tour pour la bonne et simple raison que nous n’avons jamais, au grand jamais, discuté de ces affaires-là. Ce serait tromper l’électeur et ce serait, d’une certaine façon, vouloir faire le 2nd tour avant le 1er. Les électeurs ne seront pas abusés ! Ils auront simplement le choix entre l’alternance ou la continuité. Au soir du 1er tour, en fonction des résultats qui nous seront alloués par le suffrage universel, les uns et les autres, nous aurons tout loisir de discuter des conditions d’une alternance possible.
 
- Ce n’est pas ce que dit la rumeur !
- Le problème aujourd’hui, c’est que si vous additionnez la rue, les réseaux sociaux, les fake news et les sondages – ceux du Terminus, du marché, du Napoléon..-, vous arrivez à construire des hypothèses. Je suis content d’avoir l’occasion, pour la première fois, de dire certaines vérités aux électeurs. Ces vérités ne sont pas celles des fausses informations qui circulent ou que certains tentent de faire circuler. Chacun, quand il livre un sondage, comme par hasard alimente la rumeur sur la base d’un sondage qui lui est favorable. Cela devrait vous interroger.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.


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