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INFO CNI. « Mon engagement reste intact » : Caroline Corticchiato quitte son mandat d'élue et rejoint le cabinet du maire d'Ajaccio


Patrice Paquier Lorenzi le Mercredi 24 Juin 2026 à 19:00

Après douze années passées au sein de l'exécutif municipal ajaccien, dont les six dernières comme deuxième adjointe en charge notamment de la transition écologique, Caroline Corticchiato va quitter ses fonctions électives dans les prochains jours. À compter du 1er juillet 2026, l'ancienne cadre de santé à l’hôpital de Castelluccio, intégrera le cabinet du maire Stéphane Sbraggia comme collaboratrice. Une décision qu'elle présente, pour CNI, comme le début d'une nouvelle étape professionnelle, tout en assurant vouloir poursuivre son engagement au service des Ajacciens, sous une autre forme.



(Crédits photos : Paule Santoni)
(Crédits photos : Paule Santoni)
Vous allez annoncer officiellement ce jeudi, en conseil municipal, votre démission de votre fonction de deuxième adjointe après douze années passées au sein de l'exécutif municipal. Pourquoi ?
Après douze années d'engagement au service des Ajacciens, d'abord en tant qu'adjointe puis comme deuxième adjointe au maire, ainsi que vice-présidente de la Communauté d'Agglomération du Pays Ajaccien, j'ai pris la décision de démissionner de mes fonctions électives. C'est une décision difficile mais mûrement réfléchie. L'évolution de mes responsabilités personnelles et professionnelles ne me permet plus de consacrer à un mandat électif le temps et la disponibilité qu'il nécessite. Par respect pour les Ajacciens, pour les responsabilités qui m'ont été confiées et par honnêteté intellectuelle, il m'a semblé plus juste de prendre cette décision plutôt que de poursuivre un engagement dans des conditions qui ne seraient plus à la hauteur de mes exigences. Le maire a pleinement respecté ce choix et m'a proposé de poursuivre notre collaboration au sein de son cabinet. Cette proposition témoigne de la confiance qu'il m'accorde et de la reconnaissance du travail accompli ensemble au cours des douze dernières années.

Est-ce une décision que vous mûrissiez depuis longtemps ou un choix plus récent ?
C'est une réflexion qui s'est construite progressivement. Je souhaitais prendre une décision responsable et cohérente avec les exigences que représente aujourd'hui l'exercice d'un mandat électif. Lorsque les conditions n'étaient plus réunies pour l'assumer pleinement, il m'a semblé naturel d'en tirer les conséquences. Pendant douze ans, j'ai vécu cette mission avec passion et exigence. C'est forcément une page importante de ma vie qui se tourne. Mais ce qui est essentiel pour moi, c'est de continuer à être utile pour Ajaccio. L'engagement ne se résume pas à une fonction ou à un titre. Il se mesure à la volonté d'agir et de servir l'intérêt général. Cette volonté reste intacte.

Vous allez donc intégrer le cabinet du maire d’Ajaccio. Pourquoi ce choix ?
Le maire m'a proposé de poursuivre mon action à ses côtés en tant que collaboratrice de cabinet. Je vais continuer à accompagner les projets municipaux et veiller à la cohérence entre les orientations politiques portées par la majorité et leur mise en œuvre sur le terrain. C'est une manière différente de servir la ville, mais qui reste fidèle à mes convictions et à mon engagement.

Quel sera précisément votre rôle au sein du cabinet ?
Plusieurs missions me seront confiées. Je continuerai à assurer le suivi des dossiers liés à l'environnement et à la transition écologique. Je participerai également à l'animation et à la coordination du travail avec les élus du conseil municipal. Je développerai aussi une mission de proximité afin d'être au plus près des habitants et de leurs préoccupations. Le maire souhaite que je mette à profit mon expérience, ma connaissance des collectivités, des dossiers et du territoire au service de l'action municipale. Il s'agit d'assurer une meilleure articulation entre la décision politique et sa mise en œuvre opérationnelle. Mon parcours d'élue m'a permis de connaître en profondeur les grands dossiers de la ville. Aujourd'hui, je vais pouvoir mettre cette expérience au service du fonctionnement quotidien de la collectivité.

Certains pourraient voir dans ce passage du statut d'élue à celui de salariée de la ville une forme de confusion entre engagement politique et fonction administrative. Que leur répondez-vous ?
Je vois au contraire une transition parfaitement légitime et cohérente. Le maire souhaite que je continue à mettre mon expérience, ma connaissance des collectivités et des dossiers au service d'Ajaccio. Ma fonction évolue mais mon engagement demeure. Cette nouvelle manière de poursuivre mon engagement pour la ville me permettra de faire le lien entre la commande politique et sa traduction concrète au sein de l'administration. C'est cette complémentarité que je souhaite mettre au service de l'action municipale.

Après six ans comme deuxième adjointe, pourquoi estimez-vous aujourd'hui être plus utile aux Ajacciens au sein du cabinet du maire qu'à la tête d'une délégation municipale ?
La question n'est pas d'être plus utile, mais d'être utile différemment. Tous les échelons de l'action publique sont indispensables. Mon utilité n'est pas liée à une fonction mais à mon engagement au service des Ajacciens. Après douze années de mandat, j'estime qu'il faut savoir, avec honnêteté intellectuelle, ouvrir un nouveau chapitre de son parcours. J'ai souhaité retrouver une activité professionnelle motivante au cœur de l'action publique tout en continuant à mettre mon expérience, ma connaissance du territoire et mon énergie au service des projets portés pour Ajaccio.
 

Comment décririez-vous votre relation de travail avec Stéphane Sbraggia après toutes ces années ?
C'est une relation de loyauté et de respect mutuel. Avec Stéphane, nous avons beaucoup collaboré lorsqu’il était premier adjoint et cette relation s'est renforcée au fil des années. Il connaît mon investissement, ma capacité de travail et la relation de confiance que j'ai construite avec les Ajacciens durant ces 12 années, mais aussi avec mes collègues élus et les acteurs du territoire.

Votre départ du conseil municipal est-il définitif ou envisagez-vous un retour à la vie politique à l'avenir ?
Aujourd'hui, mon départ du conseil municipal est définitif. Mon engagement politique reste ancré en moi mais personne ne peut prédire l'avenir.

Vous avez porté deux délégations importantes durant ces douze années : l'action sociale entre 2014 et 2020 puis l'excellence environnementale et la transition écologique depuis 2020. Quel bilan tirez-vous de ces deux mandats ?
Je suis fière du travail accompli collectivement durant ces douze années. Mon engagement a toujours été guidé par une même ambition : mener une politique utile, concrète et proche des habitants. Sur le volet social, entre 2014 et 2020, nous avons fait le choix d'assumer pleinement nos responsabilités dans un contexte marqué par la disparition programmée du Département et la montée des besoins sociaux. La création du CIAS de la CAPA en 2016 a constitué un tournant majeur. Nous avons construit une politique sociale ambitieuse tournée vers les publics les plus fragiles, capable d'agir à la fois dans l'urgence mais aussi dans l'accompagnement durable. Ce travail a permis de recréer du lien, de la proximité et de la dignité pour de nombreuses personnes en difficulté. Le CIAS est aujourd'hui devenu un acteur incontournable de l'action sociale de proximité. À partir de 2020, un nouveau défi s'est ouvert avec la transition écologique. Nous avons fait de l'excellence environnementale un axe stratégique de l'action municipale. Je pense notamment à l'adoption du plan d'adaptation au changement climatique, à la végétalisation de la ville avec plus de 1 000 arbres plantés, à la requalification du Casone et du parc Berthault, à la protection renforcée du littoral, à la modernisation de l'éclairage public ou encore aux grands projets structurants comme la centrale photovoltaïque de Saint-Antoine et la STEP.

Vous étiez cadre en psychiatrie avant de vous engager pleinement en politique. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle transition professionnelle ?
Effectivement, j'ai exercé durant plus de trente ans dans la fonction publique hospitalière où j'ai occupé différents postes à responsabilité. Cette expérience m'a permis de développer le sens de l'écoute, la gestion humaine et la capacité à prendre des décisions dans des contextes complexes. Les valeurs qui ont guidé mon parcours dans le secteur hospitalier — l'engagement, la proximité et le sens de l'intérêt général — restent aujourd'hui au cœur de mon action. Je vis cette nouvelle étape comme un défi, une opportunité et une remise en question permanente. Mon engagement et ma détermination demeurent intacts.