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Haute-Corse – 1ère circonscription : Michel Castellani fait la course largement en tête face à Julien Morganti


Nicole Mari le Dimanche 12 Juin 2022 à 21:17

C'est sans surprise que le député nationaliste sortant, Michel Castellani, domine largement ce premier tour des élections législatives dans la première circonscription de Haute-Corse avec 33,77% des suffrages et une avance de 20 points sur son principal challenger. Belle performance de Julien Morganti qui se qualifie pour le 2nd tour avec 13,61% des suffrages. La surprise vient de la percée du benjamin de l’élection, Alexis Fernandez, qui, avec le RN, capitalise sur la vague des présidentielles et arrache la 3ème position et 12,17% des voix, juste devant le macroniste Jean-François Paoli qui ne réalise que 11,96%. Petr’Anto Tomasi assure un 7,38% à Corsica Libera. Autre clé du scrutin : une abstention record à plus de 59%.



Michel Castellani fait la course largement en tête face à Julien Morganti
Michel Castellani fait la course largement en tête face à Julien Morganti
Rien de surprenant dans la première circonscription de Haute-Corse où le député nationaliste sortant, Michel Castellani, fait seul la course en tête en raflant 33,77 %, soit 8316 voix, et une avance très confortable de 20 points, soit 5000 voix d’écart sur son premier challenger. S’il augmente de plus de 3% son score par rapport à 2017, il reste stable en voix en raison d’une abstention qui atteint le record historique de 59%, en augmentation de plus de 6 points en cinq ans. Labstention culmine dans les zones urbaines et péri-urbaines : 64,97% à Borgo, 66,20% à Lucciana, ou encore 61,96 % à Bastia où il ny a eu que 8404 votants sur 22 090 inscrits. La participation a été très faible dans les Quartiers Sud où elle est tombée à 27% dans certains bureaux. La désaffection continue de l’électorat urbain pour ce type de scrutin législatif pose un vrai problème démocratique. D’où aussi des scores moins hauts qu’espérés. Ce qui ne semble pas inquiéter pour autant le député sortant : « Nous ne sommes qu’à la mi-temps ! En 2017, la conjoncture était différente, nous avions un bloc uni. Aujourd’hui, nous sommes partis seuls, il y a moins de votants et 12 candidats sur la ligne de départ. Ce n'est pas pareil ».
 
Une incontestable suprématie
Ceci étant, à Bastia, sans surprise, Michel Castellani surfe, tout seul, en tête avec 30,40 % des voix et décroche allègrement la quasi-totalité des bureaux de la ville, à l’exception du 23ème bureau où 3 voix le séparent de l’autre candidat nationaliste, Petru Anto Tomasi. Cette domination incontestable ne peut cacher une lente érosion des voix due à la faiblesse de la participation dans une municipalité nationaliste. Le député sortant capitalise également dans les communes du Grand Bastia qui rassemblent plus de la moitié des électeurs de la circonscription, toujours sur le même mode. Il rafle la mise au Sud, à Biguglia avec 42,57%, à Furiani avec 46,88% des voix, au Nord à San Martino-di-Lota avec 47,97% des voix, Santa-Maria-di-Lota et Ville-di-Pietrabugno. Il domine totalement le Nebbiu, la Conca dOru et le Cap Corse où peu de communes lui échappent. S’il est assuré de sa réélection, l’enjeu pour le député de Femu a Corsica est de conforter son avance afin de peser sur Paris : « Dimanche prochain, nous devons être très largement en tête. J’en appelle aux autres nationalistes ainsi qu’à tout l’éventail politique et aux abstentionnistes : il faut que nous soyons forts à Paris lors des discussions qui s’ouvriront bientôt avec le gouvernement ».
 
Le refus du report
La présomption est grande que l’autre candidat nationaliste reste sourd à l’appel. Si l’Indépendantiste, Petru Anto Tomasi, porte-parole de Corsica Libera, n’arrive qu’en 5ème position et est largement devancé par le RN, il réalise néanmoins 7,38% des suffrages, soit 1818 voix. Et s’il se réjouit du « score honorable pour notre courant dans une élection qui ne nous est pas historiquement favorable », il tranche brutalement la question du report des voix : « Femu a Corsica a fait le choix de rompre unilatéralement l’accord Pè a Corsica. Il est comptable des résultats électoraux du 1er tour qui peuvent placer certains candidats nationalistes dans la difficulté ». Ce qui soulève une question subsidiaire : que fera donc Corsica Libera au 2nd tour : le choix de l’abstention ou la tentation de Venise par un soutien à l’opposant anti-nationaliste, Julien Morganti ? Ce qui semble certain, c’est que l’apaisement entre les frères ennemis n’est pas pour demain.
 
Un challenger par défaut
C’est sans grande surprise et par défaut que Julien Morganti est qualifié pour le second tour puisqu’il ne parvient pas à franchir la barre des 12,5% des inscrits, il en est même assez loin. Avec 13,61 % des suffrages et 3352 voix, l’élu bastiais récolte 5000 voix de moins que le député sortant, mais continue de progresser avec constance en gagnant 5% et un millier de voix en 5 ans. S’il réalise un petit tiers de ses voix à Bastia, il en prend à Borgo et dans le Cap Corse, mais est souvent talonné, voire distancé d’une courte tête par le candidat du Rassemblement national (RN), Alexis Fernandez, dont à peine 400 voix le séparent globalement sur la circonscription. « L'abstention est un échec collectif », estime Julien Morganti. « L'enjeu, c'est le réservoir des abstentionnistes ». L’élu municipal d’opposition espère fédérer largement autour de lui pour renverser la tendance, ce qui semble, au vu des rapports de force, de son isolement politique et même s’il peut compter sur un certain report des voix de la gauche, une vraie gageure dans une circonscription largement aux mains des Nationalistes.  
 
La moisson RN
La seule vraie surprise de cette élection est le score obtenu par le Rassemblement national qui s’empare de la troisième place avec 12,17% des suffrages, soit 2996 voix. Alexis Fernandez, le benjamin du scrutin et novice en politique, caracole en tête dans des communes urbaines comme Borgo ou Lucciana, prend la 2ème place à Biguglia et dans les Quartiers Sud, et se retrouve souvent dans le trio de tête dans le rural. Même si on est loin de la déferlante Marine le Pen aux présidentielles qui avait culminé à des scores historiques dans la circonscription, c’est la première fois qu’un candidat d’Extrême-droite atteint un tel niveau dans ce type de scrutin. « Ce n’est que le début, on va continuer », affirme Alexis Fernandez. Reste à savoir ce qui a poussé les électeurs à pérenniser ce vote. S’y ajoutent les 4,79% obtenus par le candidat de Reconquête !, Jean Lamberti, qui récolte 1179 voix. Ce qui donne près de 17% à l’Extrême-droite sur ce 1er tour. Du jamais vu en Corse sur une législative !
 
L’échec macroniste
Le grand perdant de cette élection est incontestablement le candidat macroniste, Jean-François Paoli qui se trouve relégué à la quatrième place avec 11,96% des suffrages, soit 2944 voix. Soutenu par le groupe d’opposition municipale, Unione per Bastia formé de Jean-Sébastien de Casalta, Jean-Martin Mondoloni et Jean Zuccarelli, le vice-président de la Fédération corse du Parti radical est bien en deça du score d’En Marche en 2017 où François Orlandi, alors président du Conseil départemental, avait obtenu 20,64% des suffrages et 6526 voix. Son score reste également faible à Bastia où il fait jeu égal avec le RN avec 11,54 % des suffrages et n’atteint pas le millier de voix. Pour sa première participation à ce type de scrutin, Jean-François Paoli aurait pu s’attendre à mieux si linvestiture macroniste ne s’avérait pas un vrai repoussoir. « Il y a une déception, bien sûr, mais on va essayer d'avancer à partir de là », déclare-t-il à chaud. Va-t-il rallier la candidature de Julien Morganti pour le 2nd tour ? La question n’est, pour l’heure, pas tranchée, d’autant que se joue en sous-main un enjeu de leadership de l’opposition.

La Gauche sur le retour
Déception aussi pour la gauche après l’occasion manquée de la NUPES. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale qui rassemble, sur le continent, les principaux partis de gauche - le Parti communiste (PCF), la France Insoumise (LFI), les Ecologistes (EELV) et le Parti socialiste (PS) – n’a pas été concrétisée en Corse. Partis désunis dans la bataille, le PC et LFI ont réussi, chacun de leur côté, à maintenir et même à lègèrement renforcer leur capital de voix : 5,75% des suffrages et 1416 voix pour le PC, 6,23% des suffrages et 1533 voix pour LFI. Leur score cumulé atteint 12% des suffrages et un peu moins de 3000 voix. Là aussi, comme ailleurs, la division est source d’échec.
 
N.M.
 

















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