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Gilles Simeoni : « La fin de non-recevoir du Président Macron est problématique et inquiétante »


Nicole Mari le Lundi 11 Janvier 2021 à 19:00

Dans une réponse à un courrier du président de Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, le président de la République, Emmanuel Macron, refuse de prendre en compte les spécificités territoriales et d’accorder les mesures demandées par l’intégralité du monde politique, économique et social insulaire. Estimant que la Corse va plutôt bien et que « les dispositifs mis en place commencent à porter leurs fruits », il renvoie aux dispositions générales du Plan France Relance et au Préfet de Corse. Réaction, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni qui lancera, toute la semaine, une concertation avec l’ensemble des acteurs locaux pour essayer de renverser la vapeur.



Le président de la République, Emmanuel Macron, et le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, en septembre 2020 à Bunifaziu. (Photo Florent Selvini)
Le président de la République, Emmanuel Macron, et le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, en septembre 2020 à Bunifaziu. (Photo Florent Selvini)
- Comment réagissez-vous à la fin de non-recevoir du président Macron ?
- J’ai pris acte de la lettre du Président de la République. Sa réponse crée une situation extrêmement lourde, problématique et inquiétante. Nous en débattrons dès demain matin, mardi, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil Exécutif. Je vais, ensuite, dans la foulée, prendre l’initiative de réunir les présidents des groupes politiques de l’Assemblée de Corse - dans un premier temps ceux de la majorité, ensuite ceux de l’opposition – , les parlementaires, la Chambre de commerce et tous les représentants des forces socio-économiques et syndicales. Cette semaine sera dédiée à cette consultation large pour réfléchir à la réponse à apporter. Le Plan Salvezza a été voté à l’unanimité à l’Assemblée et est soutenu par l’ensemble des forces vives, je vais leur proposer de réfléchir ensemble à la situation ainsi créée et à la façon de la faire évoluer.
 
- Qu’avez-vous exactement demandé ?
- Face à la crise sanitaire, économique et sociale sans précédent que nous subissons, j’ai demandé de contractualiser avec l’Etat une déclinaison du Plan France Relance adaptée à la Corse autour de deux volets complémentaires : le volet Salvezza consacré aux mesures d’urgence et de sauvegarde, le volet Rilanciu consacré à la relance proprement dite. Ceci, bien sûr, doit se faire en synergie avec les autres dispositifs prévus pour l’île : PEI, CPER, PO européens, PTIC… Je lui ai rappelé que la crise du COVID-19 a eu, en Corse, des conséquences majorées du fait de l’insularité, de la spécificité de notre tissu économique et social, de la structure de nos recettes fiscales… Et que les circulaires de droit commun organisant la mise en œuvre du plan national, comme la méthode de contractualisation avec l’Etat sont inadaptées à la situation corse.
 
- Qu’est-ce le président Macron a exactement refusé ?
- Il y a déjà un désaccord sur l’analyse. Le président Macron dit que « l’Etat a déjà mobilisé 1,6 milliard € d’aides au profit des entreprises corses dans le cadre de la crise sanitaire, et que c’est 455 millions € de plus que l’aide accordée aux régions de droit commun ». On ne sait pas d’où il sort ces chiffres ! Il y a, ensuite, un désaccord total sur le diagnostic. Il nous écrit : « emploi stable, baisse des défaillances d’entreprises, pleine mobilisation des dispositifs de soutien de l’Etat… Tous cela laisse penser que les dispositifs mis en place commencent à porter leurs fruits ». Comment les Corses peuvent entendre cela quand tous les indicateurs convergent pour pointer le risque d’un véritable cataclysme économique et social ! Il y a, enfin, un désaccord sur la méthode de mise en œuvre du plan de relance. Il écrit : « La méthode retenue par le gouvernement pour sa mise en place en Corse ne saurait faire exception à celles adoptées par toutes les autres régions ». Il nie, à la fois, notre singularité institutionnelle, notre singularité économique et notre singularité géographique à travers l’insularité. Cela pose quand même un très grave problème !
 
- Quand est-il à proprement parler des aides et des crédits à octroyer ?
- Le président Macron oppose une fin de non-recevoir totale et apparemment définitive à tout ce que les socio-professionnels considéraient comme essentiels, notamment au niveau des charges. Il indique que 50 millions € de crédits sont à la main du Préfet et que « l’accord de relance 2021-2022 doit s’inscrire dans le cadre plus large du CPER 2021-2027 ». C’est une régression totale ! Cela veut dire que le plan de relance n’est, en fait, qu’une partie des crédits qui étaient déjà acquis dans le cadre du CPER (Contrat plan Etat-région). Il refuse absolument de parler des critères du PTIC (Plan de transformation et d’investissements pour la Corse) et inscrit les projets au coup par coup. Ces financements prétendument accordés le sont dans un cadre très classique. Cela ne peut pas aller ! Le président Macron confirme, ensuite, que la seule coopération territoriale se fera avec les EPCI. Mais, s’il n’y a pas une coordination entre la Collectivité territoriale et  les Intercos, cela ne peut que générer de l’éparpillement et du saupoudrage. Il conclut en disant que nous devons discuter avec le Préfet alors que nous avons reçu mandat pour discuter avec le gouvernement. Tout cela pose de très gros problèmes sur la forme et sur le fond.
 
- Quelles sont les conséquences de ce refus présidentiel pour la Corse ?
- C’est une méthode qui conduit à l’impasse ! Ce n’est absolument pas la vision de transformation économique et sociale que promeut l’Etat ! Il y a un vrai problème épistémologique ! Cette position, si elle devait être maintenue, nous placerait dans une situation d’échec économique et social. On ne peut pas rester en l’état de cette lettre qui laisse augurer pour la Corse des moments extrêmement difficiles. Il nous faut démontrer que l’analyse et le constat, qu’elle porte, sont inexacts, et continuer à plaider pour la prise en compte de nos spécificités et, donc, de nos difficultés spécifiques en renforçant notre argumentaire. Il faut discuter tous ensemble, réfléchir à la façon la plus efficace pour faire évoluer la position du Chef de l’Etat, se mettre d’accord et proposer un autre chemin. Ceci étant, le Conseil exécutif continue plus que jamais d’être sur le terrain aux côtés des Corses, pour apporter, autant qu’il le peut, toute l’aide concrète dont notre peuple a besoin. L’heure est grave et nous restons plus que jamais mobilisés.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.






















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